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Ils sont une petite dizaine à discuter au 5e étage de l'université Paris-Dauphine, la Mecque des formations financières à Paris. Fraîchement inscrits dans le master de "marchés financiers, marchés de matières premières et gestion des risques", ces apprentis traders vivent une rentrée agitée. Comment trouver un stage lorsque les banques étrangères licencient à tours de bras ? Et un emploi, alors que même les banques françaises gèlent les embauches jusqu'à ce que le ciel financier s'éclaircisse ?
Découvrant sa nouvelle promotion, la directrice du master, Carole Gresse, constate déjà que la morosité ambiante ne se traduit pas par une crise des vocations. Les dossiers sont aussi nombreux que les autres années, mais les candidats aux salles de marchés vivent avec appréhension le contexte financier. "C'est sûr, c'est angoissant", confie Harold, 23 ans, venu de Toulouse pour cette formation.
Mais c'est surtout en fin d'année que les choses vont se compliquer, à l'heure d'arriver sur un marché professionnel en pleine remise en question : "Transformer un stage en emploi est devenu plus difficile. Auparavant, c'était presque automatique, ils étaient embauchés après leur stage de fin d'année." Mais aujourd'hui, "les périodes de stage sont prolongées", et il ne faut plus espérer intégrer Lehman Brothers ou HBOS une fois le diplôme en poche.
"Un contexte encore plus motivant"
Morose, la rentrée des apprentis-traders ? Pas rose évidemment, mais Carole Gresse rappelle que "c'était pire pour la promotion passé", celle qui a vu le scandale des "subprimes" se transformer en sinistre financier mondial. Et à entendre les étudiants, le moral ne flanche pas. "C'est cyclique, c'est une question de temps", tempère Harold. "En fait, c'est encore plus motivant dans ce contexte" ose même Selim, ingénieur sorti de Centrale et qui "veut aller jusqu'au bout". Une sorte de "vive la crise" vécu comme un challenge pour ces futurs traders : "Ça nous pousse, et on va apprendre à ne pas faire les mêmes erreurs" sourit Caroline. La jeune femme voudrait travailler à Londres, le sanctuaire de la finance internationale. Et quand on lui demande si la faillite de Lehman, si les licenciements retentissants à la City ne l’effraient pas, elle affiche l'optimisme de ses 22 ans : "On verra bien si ça embauche !"
Londres, Fanny en revient justement. Elle sort d'un "summer internship" (stage de pré-diplôme) chez Goldman Sachs, l'une des banques d'affaires qui résistent plutôt bien, et vient répondre aux questions des nouvelles recrues. Fanny comprend leur stress, "pour eux impossible de négocier les salaires à la hausse d'ici fin 2009", mais reste très optimiste sur son propre avenir dans l'univers du trading. Pas autant que ses parents qui, inquiets pour son avenir, aimeraient la voir choisir un secteur plus stable.
"Un retour vers les fondamentaux"
Spécialiste des marchés financiers depuis plus de 15 ans, Carole Gresse avoue n'avoir jamais connu de crise d'une telle ampleur. Une crise assez importante pour réorienter les métiers de la finance vers des secteurs moins risqués. "Il y aura forcément moins de débouchés dans les postes de trading pur en salles de marchés, notamment tout ce qui concerne les marchés titrisés, au cœur de la crise" constate-t-elle. C'est plutôt vers la gestion de patrimoine, la gestion alternative (en fonds d'investissement), l'analyse des risques que les banques embaucheront, "un retour vers les fondamentaux" selon elle.
Et cette année la crise s'invite jusque dans les programmes, puisque la directrice du master entend les adapter pour mieux préparer les étudiants au contexte, les encadrer dans une recherche d'emploi qui sera plus pénible, leur permettre de se positionner sur des secteurs financiers moins volatiles. Tant mieux, car la crise n'a pas fait vaciller la motivation des apprentis-traders : "Une reconversion ? Ah non, on est en dernière année !"






Commentaires (11)
remarque c'est tout.
Aucune prétention, loin de là. Seulement, depuis plus d'un an à lire des bouquins sur la finance de marché et je commence à peine à envisager l'étendu du métier de trader. Arbitrage, couverture, executive, prop sont autant de facettes cachées derrières le métier de trader qui expliquent les hauts prérequis pour accéder au métier (notamment grandes écoles). Réduire le métier de trader à un simple achat vente sans piment est très réducteur. J'entends un peu de tout, et ça m'attriste un peu. Lire, découvrir puis juger, c'est ma devise. Mais juger avant même de lire c'est très peu constructif.
voilà, bises à tous.
Ne tirez pas sur l'ambulance...
1 trader en salle c'est quoi? Un intermédiaire qui sert à exécuter les ordres de ses supérieurs ou des clients de la banque sur les marchés financiers. S'il s'en sort bien il est félicité comme un good boy s'il échoue il est traité de looser... Ne tirez pas sur l'ambulance... On sortira de la crise par les marchés financiers. Témoin de l'euphorie de ceux qui consomment et qui font tourner l'économie... Conso=emploi=pouvoir d'achat... Pourquoi aider les entreprises à produire à coup de milliard si plus personne ne consomme? aidez le peuple à consommer et l'économie reprendra... Pas besoin de sortir de dauphine...
prendre des risques avec l'argent des autres et faire payer
je ne supporte pas cette attitude hautaine des gens de la finance qui se prennent pour des humains supérieurs aux autres, et qui font prendre des risques ENORMES aux autres travailleurs des autres secteurs.
Comment réagiriez-vous si votre votre emploi, votre avenir, dépendait non pas de vos actions mais de celle d'une personne que vus ne connaissez pas, qui ne travaille pas dans votre secteur d'activité, et dont les actes peuvent mettre en péril TOUTE VOTRE VIE PROFESSIONNELLE, et par là votre avenir et celui de votre famille?
Merci qui?
Merci le libéralisme financier incontrôlé.
Et dire que certains croietn encore que cette crise va changer l'attitude de nos chers financiers.......
math
>connaissent rien en maths et qui eux ont foutu
Quelle tristesse d'écrire des conneries pareilles. Quel ton prétentieux! s'imaginer que seule l'école française de mathématique est digne d'intérêt reflète bien ce mal français qui consiste a cracher sur tout ce qui est hors de l'hexagone!!!
Avant de cracher sur les autres : allez donc voir le classement des Médailles Fields vous risquez d'être surpris.
Je précise que je déteste les américains pour leur instinct primitif de petits propriétaires cupides mais quand ils sont bon il s'agit de le reconnaitre au moins! et ca ne m'empêche pas de travailler avec eux non plus.
de passage
c'est bien connu seuls les traders taffent dans ce monde mais dis-moi si t'as pas le temps de manger ton sandwich tranquillement pourquoi tu perds ton temps devant le net à critiquer les milliards d'individus qui ne sont pas traders?
c'est quoi votre métier finalement? ah oui executer les ordres à l'achat ou à la vente... passionnant.
Reponse a Jacky
Je crois que vous avez pas compris, nous on fout pas le merdier on essaie de reduire les risques et limiter les expositions prisent par les blerots d'americains qui connaissent rien en maths et qui eux ont foutu le merdier pour avoir leurs belles maisons et belles voitures. Nous essaie de limiter la crise...
Réponse à Dada.
Pour mettre un merdier pareil, je pensais qu'une heure par jour devait suffire...
Trader y'a que ca de vrai !
On parle, on parle mais en fait on sait pas ce qu'endure un trader tous les jours. Je suis trader depuis peu et on est pas comme tous les francais a se plaindre par ce qu'on bosse trop. Moi je fais 14h par jours et je bosse sur 6 ecrans à la fois. La pause café je connais pas, le lunch c'est quoi ? ah oui c'est un sandwich acheté vite fait entre la colture du marché correen et l'ouverture de hongkong. Pour etre trader faut etre dans le top 1 millieme de la population au niveau des capacités intellectuelles et de resistances, donc arretez de vous plaindre car vous aimeriez bien faire ce metier mais jamais vous n'en avez ete meme proche.
Désespérant
Pourquoi l'ivraie pousse t-il toujours plus vite que le bon grain ?
Petit requin deviendra grand...
Les jeunes loups de la finance aiment l'ivresse des salles de marchés, mais à la cloture ,c'est leurs clients qui ont la gueule de bois.
Gestion de risque...ou de fortune ?
Retour aux fondamentaux, c' est bien...Toujours est-il que les gens qui font ces cursus ne recherchent que le métier qui paie, et on voie ce que donne...une gestion de la maximisation du profit qui va à l' encontre de celle du risque ! Sans vouloir donner dans l' anti-libéralisme de base : être bien payé pour savoir gérer des investissements, oui, mais le profit n' est pas une fin en soi...
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