30 septembre 2008 - 07H32
- Portugal

Quinta da Fonte, le défi d'une banlieue
En juillet, des affrontements entre bandes rivales à la périphérie de Lisbonne ont mis en lumière la question des banlieues. Ecole, pouvoir publics, associations et police proposent des solutions concrètes et, parfois, innovantes.

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Quinta da Fonte est un petit quartier de 3 000 habitants, composé de barres d'immeubles aux couleurs ocres. En juillet, des affrontements entre groupes rivaux ont éclaté dans cette cité de logements sociaux en banlieue de Lisbonne. Des règlements de compte concernant des trafics, selon les éducateurs et les autorités. Plusieurs appartements ont été détruits et les caméras nationales ont braqué leurs objectifs sur le quartier.

 

Même si les statistiques de la délinquance n'ont pas bougé ces derniers mois, le sentiment d'insécurité, lui, grandit à Quinta Da Fonte. Maria, une habitante, explique que les jeunes qui traînent dans la rue lui font peur. "Ce sont les enfants, les jeunes de moins de 25 ans, insiste-t-elle. Les gens de 40 ans, leur vie c'est : travail-maison, travail-maison."

 

Pour faire face à la situation, un nouveau service de police de proximité va être instauré dans les prochaines semaines, sur le modèle du système créé en France à la fin des années 90. En attendant, des agents patrouillent 24h/24 et le quartier a retrouvé le calme. "Nous avons toujours l'objectif d'identifier les problèmes de la population, d'obtenir des informations et de garantir que la police est toujours présente dans le quartier pour anticiper les problèmes", précise Rui Costa, commandant de police du quartier.

 

Relancer le quartier par des commerces

 

Mauro, éducateur de 22 ans, passe ses journées à la Maison de la culture locale. Passionné de hip hop et enfant du quartier, il y compose des chansons dans un petit studio. Ses textes parlent de son quartier et de ses espoirs d'égalité et de respect. Ici, le taux d'analphabétisme est de 21% et le taux de chômage de 20%. Mais Mauro refuse la fatalité. "On voit réellement les fruits du travail social effectué ici ces trois, quatre dernières années, estime-t-il. Ce qui manque principalement aux jeunes pour qu'ils surmontent les difficultés, c'est d'avoir plus d'opportunités et de la confiance en eux."

 

Le constat de Mauro est partagé par le préfet de Lisbonne, Dalila Araujo. Impliquée dans la vie du quartier, elle a participé à la rédaction d'un contrat local signé par différentes institutions le 12 septembre. Hormis les nouvelles mesures concernant la délinquance, le contrat s'attaque au désœuvrement des jeunes. "Nous avons un projet d'attribution de micro-crédits, précise-t-elle. Le but, c'est que les habitants puissent ouvrir une boulangerie, un salon de coiffure, une cordonnerie… Des commerces de proximité. C'est fondamental. Ça va permettre de créer des emplois, de redonner confiance aux gens, et cela va donner de la vie au quartier. "

 

Situé sur les hauteurs de Quinta da Fonte, le collège prend aussi part au projet. "Nous voulons qu'à Quinta da Fonte, il y ait une sorte de balance commerciale, de manière à ce que les produits du quartier soient destinés aux habitants mais aussi à l'extérieur, nous explique Felix Bolanos, directeur de l'établissement. Il faut amener de l'argent à Quinta da Fonte, et qu'ensuite cet argent puisse circuler dans le quartier."

 

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