Retrouvez les vidéos des discours sur le site des Observateurs.
La campagne du Premier ministre Stephen Harper a connu un accroc mardi, un de ses membres ayant démissionné pour avoir emprunté au leader australien John Howard une bonne partie d'un discours sur l'Irak, prononcé en 2003 par le chef conservateur canadien.
L'opposition libérale a révélé mardi matin ce "plagiat" embarrassant - datant d'une époque où M. Harper était dans l'opposition - à la veille de débats télévisés réunissant les chefs de partis, étape cruciale de la campagne pour les législatives du 14 octobre.
Quelques heures plus tard, un membre de la campagne conservatrice, Owen Lippert, a admis être l'auteur du plagiat et annoncé sa démission.
"Pressé par le temps, j’ai fait un excès de zèle et j’ai copié des extraits de discours d’un autre leader mondial. Ni mes supérieurs au cabinet du chef de l’opposition, ni le chef de l’opposition (ndlr: M. Harper) ne savaient que j’avais agi de la sorte", a-t-il déclaré dans un communiqué.
Le 20 mars 2003, M. Harper avait prononcé devant la Chambre des Communes une allocution en faveur d'une participation du Canada à la guerre américaine en Irak, qu'avait refusée le Premier ministre libéral de l'époque, Jean Chrétien.
Près de la moitié du discours reprend "verbatim" le texte d'une allocution prononcée deux jours plus tôt par le Premier ministre australien de l'époque John Howard, très proche allié du président George W. Bush, selon un haut responsable libéral, Bob Rae, qui a présenté des vidéos simultanées des deux discours pour appuyer sa démonstration.
"Stephen Harper a copié la coalition des partis de droite de George W. Bush au sujet de la guerre en Irak parce qu'il voulait qu'on y aille. Il doit être mis à la porte", a aussitôt accusé le leader libéral Stéphane Dion.
"Nous avons un plagiaire pour Premier ministre", a ajouté le chef de la principale formation d'opposition, actuellement à la traîne loin derrière les conservateurs dans les sondages.
Les libéraux en ont profité pour accuser à nouveau M. Harper "d'avoir aligné la politique étrangère du Canada sur celle de George W. Bush", actuellement "rejetée par la grande majorité des Américains et de l'opinion publique du reste du monde".
M. Rae a estimé que la démission de M. Lippert n'exonérait pas M. Harper, car c'est lui qui a prononcé le discours, et qui plus est sur une question cruciale.
Le porte-parole du Premier ministre, Kory Teneycke, avait qualifié, avant la démission de M. Lippert, les accusations libérales de "geste désespéré", affirmant qu'il n'entendait pas "débattre d'un discours vieux de cinq ans".
Le gouvernement "se concentre sur les questions économiques qui sont la principale préoccupation des électeurs actuellement", a souligné de son côté un porte-parole conservateur, Dan Dugas.
Le consortium des télévisions qui organise les débats de mercredi et jeudi - le premier en français et le second en anglais - a accepté mardi soir à la demande de M. Harper d'en modifier le format pour consacrer plus de temps à la crise financière actuelle.
M. Harper avait souhaité que les débats, de deux heures chacun, "soient axés sur la question la plus importante pour les Canadiens, l’économie, et que ces discussions aient préséance sur les questions moins pressantes".
Une partie des débats doit aussi être consacrée à la politique étrangère.














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