CRISE FINANCIÈRE
Les Américains vont rétablir la guillotine à Wall Street. Contre les "gros chats" de la Bourse. Ce n’est pas qu’une boutade. La colère est forte.
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Entre les contribuables qui refusent de voler au secours des "spéculateurs engraissés", et les Américains qui redoutent la "socialisation rampante de l’Amérique" après la nationalisation de plusieurs banques en faillite, la rébellion est proche. Les grands journaux sont abreuvés de coups de téléphone et de courriels : le Chicago Tribune n’a jamais reçu autant de messages depuis les attentats du 11 septembre 2001 !

 

Beaucoup d’élus ont refusé de voter le plan Paulson pour ne pas être battus aux élections de novembre… Pour ne pas "récompenser les criminels…" Tant pis pour la chute des cours, le lundi noir ! Les Congressmen républicains opposés au plan de sauvetage n’y vont pas de main morte : "Cette loi est une énorme bouse de vache avec un marshmallow planté dessus, personne ne me fera avaler ça !", s’insurge un membre de la Chambre des représentants de Géorgie.

 

Cette avalanche de critiques vise la remise en cause des valeurs fondamentales du libéralisme américain, "l’abdication historique" dénoncée par le Wall Street Journal. Cela laissera des traces. Pourtant, rappelle justement l’économiste Thomas Piketty, les élites américaines sont convaincues que si la crise de 1929 a mené le capitalisme au bord du gouffre, c’est parce que la Federal Reserve et les autorités publiques ont laissé les banques s’effondrer en refusant d’injecter les liquidités nécessaires pour rétablir la confiance et la croissance.

 

George W. Bush achève en tous cas sa présidence dans un climat de débâcle préoccupant. La perte de confiance est d’autant plus grave que les deux prétendants à la Maison Blanche n’ont pas fait preuve d’un grand leadership dans cette affaire. La machine infernale qui déstabilise les marchés assombrit l’élection présidentielle. Plongée dans l’inconnu… Où est le nouveau Roosevelt ? En même temps, quelle vivacité pour la démocratie de Jefferson et de Washington, capable de bousculer le Congrès et l’Etablishment !

 

L’Amérique démontre, en pleine crise, qu’elle peut faire fi de tous les dogmes, de toutes ses certitudes, lorsqu’il y a péril en la demeure.

Ulysse Gosset

Commentaires

Peur de la récession

Quid de la récession annoncée ? C'est l'Europe qui va trinquer, ou pas ? Et l'Europe va-t-elle adopter un plan Paulson pour sauver les banques du Vieux Continent ?

il faut purger le systeme en France aussi!

Bien vu ! Les americains ont raison de faire attention aux mesures de Paulson : ca fait longtemps que le bucher des vanites brule ses idoles a Wall Street, mais tout recommence ! A Paris aussi on doit purger les comptes avant de se retrouver dans une crise aussi grave....mais Sarkosy oserat;il s;attaquer aux financiers ? Pour l'instant, il joue les psuchologues pour rassurer mais que fait;il vrimant ?

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