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Dernière modification : 01/10/2008 

- Al-Qaïda - Irak - Sunnites - Trafic d'armes


Les milices anti-Al-Qaïda "sous contrôle" du gouvernement
Les milices sunnites opposées à Al-Qaïda passent sous le contrôle des Irakiens, selon les autorités américaines. Un transfert qui s'avère partiel. Les Irakiens ne prennent en charge que les salaires. Le commandement, lui, reste américain.
Grand reporter à FRANCE 24, Lucas Menget connaît l'Irak, un pays qu'il a pu sillonner régulièrement. Il nous livre ici son analyse.

A lire également : Le portrait d'un milicien irakien

A en croire les autorités militaires américaines et le gouvernement irakien, les milices anti-Al-Qaïda (Al-Sahwa) sont désormais sous le contrôle des autorités de Bagdad.
 

"La Force multinationale transfère aujourd'hui la responsabilité (des miliciens d'Al-Sahwa de Bagdad) au gouvernement irakien", a déclaré le porte-parole du commandement américain sans en préciser les modalités.

 
En réalité, les milices Al-Sahwa resteront sous commandement américain. Seul changement, ses membres recevront désormais leurs salaires du gouvernement irakien. Symbolique, cette mesure doit rassurer le public américain à quelques semaines des élections présidentielles et à prouver qu'un retrait graduel d'Irak est possible.

 
Les miliciens d'Al-Sahwa, alliés stratégiques des États-Unis

 
En janvier 2008, un officier américain expliquait devant les cameras de France 24 (à retrouver dans notre dossier : Irak, 5 ans plus tard...) que si les miliciens du Sahwa acceptaient de collaborer avec l'armée américaine, c'était tout simplement "parce que les Etats-Unis payent mieux qu'Al-Qaïda".

 
La stratégie du général Petraeus venait de commencer : retourner certains des combattants d'Al-Qaïda pour en faire des supplétifs de l'armée américaine en Irak. Le succès a été réel, rapide, et relativement efficace.
 
En quelques mois, des combattants sunnites lassés de la violence fanatique ont fait le choix de retourner leurs armes. C'était une manière, pour les sunnites, de revenir dans le jeu politique, et de poser aussi leurs conditions.

 
Ces combattants, souvent emmenés par d'anciens chefs de guerre qui avaient portés de sérieux coups à l'armée américaine, ont commencé à arpenter les rues de Bagdad, de Falloujah, et de quelques villes à majorité sunnites. Armés et payés par les Américains, ils ont pu faire cesser les combats, et faire peur aux combattants les plus féroces d'Al-Qaïda.

 
Les miliciens exigent de peser sur le jeu politique

 
Mais le revers du succès a été aussi immédiat que le succès. Ces sunnites, à l'écart du pouvoir irakien depuis 2003, ont exigé de revenir dans le jeu politique, et d'être intégrés à l'armée. A Fallujah, en janvier, le chef de la plus importante composante d'Al-Sahwa, avec 13 000 hommes, nous expliquait : "Si mes combattants ne sont pas intégrés à l'armée, et si les chiites n'acceptent pas de nous laisser une part du pouvoir, nous reprendrons les armes face à l'occupant".
 
Le message était clair : il est toujours le même. Et ce n'est pas le transfert tout à fait symbolique du paiement des salaires qui y changera quoi que ce soit.

 
Depuis ce matin, le gouvernement irakien donc est chargé de payer les 300 dollars mensuels aux combattants du Sahwa. Un geste pour montrer, à un mois de l'élection présidentielle américaine, que "l'Irakisation" est en cours. Mais dans les faits, Al-Sahwa va rester sous le contrôle des militaires américains.
 
D'autant plus que le gouvernement chiite a fait savoir qu'il ne pourrait intégrer dans l'armée que 20 % des 100 000 miliciens... Que vont devenir les 80 000 combattants restants ? Toujours payés, toujours armés, ils sont donc une menace potentielle pour l'Irak. Ils peuvent, en quelques jours, devenir la plus puissante milice insurrectionnelle du pays.

Commentaires (2)

Attention...!

Bonjour,
A coup de dollars et de vagues promesses, ces milices sont aujourd'hui alliées aux US et au « pouvoir » Irakien…certes. Mais l’équilibre retse fragile, elles peuvent tourner casaque à n’importe quel moment et redevenir les portes flingues d’Alkaïda. C’est donc loin d’être dans la fouille. Alliance éphémère donc. Ne soyons pas naïf.
Tchao

les americains veulent sauver leur tête

Créer des milices, diviser les commmunautés... sont des vieilles méthodes des americains dans le but de diviser pour mieux et minimiser leur perte. Mais à long terme, ces genres pratiques engendront des consequences incalculables.

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