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Le “Mauvais air” en images

Dernière modification : 02/10/2008

C’est sur le lieu même de son exposition "Mauvais Air" (traduction littérale de "malaria") sur le Pont des Arts à Paris que William Daniels évoque, pour FRANCE 24, sa vision du paludisme, à travers une centaine de photos.

Regard bleu acier, le jeune photographe a tout juste 31 ans et déjà un portfolio impressionnant. William Daniels travaille principalement sur des "thèmes de société", confie-t-il avec détachement. Et c’est plus souvent d’humanitaire dont il est question. Des bidonvilles à Manille au tsunami au Sri Lanka, en passant par le sida au Mali.

Cette fois, il a parcouru pendant un an les zones les plus contaminées pour monter un projet sur les ravages du paludisme et les efforts déployés pour le combattre. Epaulé par l’association des "Amis du fonds mondial", il s’est documenté pendant un an sur ce fléau qui touche encore près de 300 millions de personnes dans le monde. De ses voyages sur le continent africain et en Asie, territoires où la maladie tue encore quotidiennement, il en est ressorti une centaine de photographies. Son objectif s’est posé au Burkina Faso, en Ouganda, en Sierra Leone, en Thaïlande et en Inde.




Rubi, 13 ans, est atteint d’un épisode aigu de malaria. Il sort à peine du coma. Sa famille l’a conduit à l’hôpital de Sundargarh qui se trouve à 30 km de leur maison dans l’Etat d’Orissa, en Inde. S’ils avaient attendu quelques heures de plus, il n’aurait pas survécu.


Il dit avoir choisi ces pays en fonction des "angles" qu’il voulait donner à son travail journalistique. Pourtant, il n’a "pas souhaité démontrer quoique ce soit. Il n’y a pas de ‘fil rouge’ à proprement parler". Il voulait réaliser un "état des lieux en images". Décrire un fléau qui touche principalement les pauvres et qui sévit dans le silence.

Sans détour, il reconnaît avoir voulu "toucher la mort" qui rôde autour de cette maladie pourtant guérissable. "Et si possible,  la capter en lumière." Et c’est vrai qu’il s’en rapproche dangereusement. Distant quand il faut saisir une ambiance, comme celle des marais lors de la saison des pluies. Plus proche, au contact des malades, quand il s’agit de mesurer les ravages de la maladie sur les vies humaines.




Distribution gratuite de moustiquaires imprégnées de longue durée aux familles de Masindi en Ouganda.


Loin de tout cynisme, ses photos décrivent et dénoncent, sans révolte mais avec militantisme. Une façon, propre à William Daniels,  de lutter contre le silence.

 

 

Lire aussi sur le même thème :

"Le paludisme à l'ordre du jour" (adoption le 25 septembre dernier d'un plan d'action de 3,5 milliards de dollars) et "Un fléau qui coûte cher" (l'impact du paludisme sur les économies des pays endémiques).

 

Première publication : 02/10/2008

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