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Dernière modification : 02/10/2008 

- États-Unis - Europe - Wall Street


Le Sénat américain adopte le plan Paulson amendé
Le Sénat américain a adopté par 74 voix contre 25 la version révisée du plan de sauvetage des banques de 700 milliards de dollars proposé par le secrétaire au Trésor pour stabiliser le système financier américain.

Lisez le dossier "Le capitalisme mondial sur la sellette"

Pour comprendre la crise: "De la crise des 'subprimes' au krach boursier mondial"

Lire également le billet de Jean-Bernard Cadier: "Le bateau ivre"

 

 

Les sénateurs américains, parmi lesquels les candidats à la Maison Blanche Barack Obama et John McCain, ont adopté mercredi un plan de soutien historique au secteur bancaire, d'un montant de 700 milliards de dollars, présenté par le Trésor pour stabiliser le système financier en déroute.
  
Le Sénat a approuvé par 74 voix contre 25 ce projet baptisé "Loi sur la stabilisation économique d'urgence de 2008", qui donne, à cinq semaines de l'élection présidentielle, une latitude et des moyens sans précédent au secrétaire au Trésor Henry Paulson pour venir au secours du secteur bancaire.
  
Ce vote ouvre la voie à l'approbation du texte dès vendredi par la Chambre des représentants, qui l'avait rejeté lundi à 13 voix près (228-205), faisant brutalement chuter le Dow Jones et les bourses mondiales.
  
Des républicains surtout avaient refusé de soutenir ce qu'ils considéraient comme une intervention massive de l'Etat dans le secteur privé aux frais des contribuables.
  
L'objectif du plan est de donner à l'Etat les moyens et l'autorité de racheter les actifs dépréciés des institutions financières mises à mal par la crise des prêts immobiliers à risque, les "subprime". Plus d'une douzaine de banques ont déjà fait faillite aux Etats-Unis.
  
Le Trésor mise sur une appréciation de ces actifs douteux avec le temps, pour les revendre et récupérer sa mise ainsi que celle des contribuables.
  
Un texte légèrement révisé a été présenté au Sénat mercredi, introduisant une augmentation de la garantie par l'Etat des dépôts des clients dans les banques, le plafond garanti passant de 100.000 à 250.000 dollars.
  
Des crédits d'impôts à la classe moyenne et aux entreprises ont également été introduits.
  
Interrompant leur campagne dans le Missouri (centre) pour John McCain et dans le Wisconsin (nord) pour Barack Obama, les candidats, tous deux sénateurs, sont venus au Capitole pour voter le plan. Les deux hommes se sont brièvement serré la main et Barack Obama s'est entretenu avec son ancienne rivale à la nomination démocrate, la sénatrice de New York Hillary Clinton.
  
Dans un discours aux accents présidentiels, M. Obama a repris les mots du président Franklin D. Roosevelt, artisan du redressement après la crise de 1929.
  
"Unissons-nous pour bannir la peur! Aujourd'hui on ne peut pas échouer. Ni maintenant, ni demain, ni l'année prochaine (...)", a-t-il déclaré devant des travées clairsemées dans l'hémicycle tandis que les rangs du public étaient pleins. Au fil de son discours de 20 minutes, ses collègues démocrates sont venus remplir la salle et saluer leur candidat.
  
Décrivant la crise comme potentiellement "catastrophique", M. Obama a expliqué qu'"on risquait de voir des milliers d'entreprises mettre la clé sous la porte, des millions d'emplois disparaître et une longue et douloureuse récession s'en suivre".
  
"En d'autres termes, ce n'est pas seulement une crise de Wall Street, c'est une crise américaine", a-t-il lancé.
  
Le sénateur de l'Illinois a prôné l'adoption dans un deuxième temps d'un plan de relance économique et d'une réforme de la loi sur les faillites pour les propriétaires en difficulté.
  
Son rival John McCain, sénateur de l'Arizona, arrivé peu avant le vote, n'a pas prononcé de discours à la tribune. "Si le projet de loi échoue encore, la crise se transformera en désastre", avait-il averti au cours de la journée.
  
Le leader de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, s'est réjoui à la tribune du fait qu'"en plein milieu d'une campagne présidentielle, il avait été possible de mettre cela de côté et s'unir (...) pour l'un des plus grands moment dans l'histoire du Sénat".
  
Le président George W. Bush avait pesé de tout son poids pour faire adopter l'initiative. Il est "très important pour nous de voter cette loi afin de stabiliser la situation et qu'elle ne s'aggrave pas, ce qui amènerait nos concitoyens à perdre leur argent et leur emploi", avait-il souligné.
  

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