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Dernière modification : 02/10/2008 

- Assemblée nationale - Parti socialiste


Pierre Moscovici, député PS
Roselyne Febvre reçoit Pierre Moscovici, député socialiste du Doubs, qui s'exprime sur la crise financière ainsi que sur son soutien à Bertrand Delanoë, quelques semaines avant l'élection du nouveau leader du Parti socialiste. (Partie 1/2)

Retrouvez la seconde partie de Politiques avec Pierre Moscovici en cliquant ici.


Roselyne FEVBRE
.- Bonjour, bienvenue dans "Politiques" avec notre invité, Pierre Moscovici, député socialiste du Doubs. Merci d'être là. Nous allons parler de l'actualité, de la crise financière, et bien sûr du parti socialiste mais, avant, un petit rappel.


Pierre Moscovici, fils de Lionel Jospin dont vous fûtes le ministre des Affaires européennes, et de Dominique Strauss-Kahn dont vous êtes un fidèle. Il y a quelques mois, alors que vous atteignez les 50 ans, vous vous dites "pourquoi pas moi à la tête du PS ?".

Vous n'avez pas d'ambition présidentielle mais vous vouliez réformer le parti. Vous faites votre "outing" en janvier dernier en vous déclarant "l'homme de la situation", et vous postulez à haute voix au poste de Premier secrétaire. Mais les règles du jeu au parti socialiste sont complexes. Disons que cela ressemble parfois à un roman florentin. Finalement, vous jetez l'éponge, abandonné et trahi par certain de vos amis.

On se demande alors ce que va faire Pierre Moscovici : finir dans un monastère ou une bergerie ou choisir une autre motion, mais laquelle ?

Vous hésitez, vous demandez conseil, puis vous vous isolez pendant quelques jours. On ne vous entend plus, on ne vous voit plus, et finalement, vous prenez votre décision. Vous déclinez l'offre de la motion de Ségolène Royal et the winner is Bertrand Delanoë, le maire de Paris.

Ce sera donc lui votre poulain. On a l'impression que soit vous avez été pragmatique, soit vous avez joué "am stram gram pic et pic et colégrame", mais je crois plutôt que vous avez été pragmatique. Qu'est-ce qui a joué finalement dans cette décision alors que vous avez toujours dit qu'il ne fallait pas présidentialisé le parti socialiste ?

Pierre MOSCOVICI.-
Vous disiez que j'avais pensé être l'homme de la situation, je l'ai pensé. Je pense que c'est aussi peut-être une occasion manquée, pas seulement pour moi mais pour le parti socialiste. Oui, je pense que j'aurais pu faire un bon Premier secrétaire du parti socialiste.

Simplement, il y a, comme vous l'avez dit des règles du jeu politiques. Ces dernières sont telles que ce n'est pas seulement un homme qui se présente par rapport au parti, c'est aussi une équipe. On présente des motions. On se déploie dans chacune des sections du parti socialiste, dans chacune de ses fédérations. Pour des raisons diverses que je ne vais pas juger, car je ne suis pas quelqu'un qui regarde en arrière, certaines personnes qui auraient dû se rassembler autour de moi (cela aurait été la cohérence, aussi leur intérêt) ont préféré faire autre chose, et autrement, y compris avec une dose de déloyauté dont chacun a pu juger puisque ces choses se sont faites -vous parliez de "palais florentin"- malgré tout au grand jour et dans des conditions assez inélégantes.

A la fin, je me suis trouvé devant une alternative qui était la suivante. Soit je faisais ma propre motion, mais avec des forces qui, reconnaissons-le, étaient réduites, avec peu de chances de la mener au bout, avec en plus un parti socialiste déjà assez fragmenté, assez divisé. Dans ce cas, oui, j'aurais fait une belle campagne. J'aurais été pendant quelques mois à la Une, l'outsider, le chevalier blanc, et à la fin, j'aurais fait 10 ou 12 %, et le parti socialiste pendant ce temps-là aurait vu trois blocs se constituer d'environ 25 à 30 % chacun. J'aurais participé à la fragmentation sans être une solution.

Vous vous demandiez si j'ai hésité. Pas du tout ! J'y ai réfléchi, j'ai évalué, j'ai calculé, en me demandant quel était l'intérêt général du parti socialiste. Si j'ai choisi d'être avec Bertrand Delanoë…

Roselyne FEVBRE.- Parce que c'est celle qui va gagner.

Pierre MOSCOVICI.-
Non mais je pense que c'est cette motion seule qui, par les soutiens dont elle dispose, par la cohérence qu'elle met en avant, peut incarner la stabilité dont le parti socialiste a besoin. C'est vraiment très important. Nous avons en effet un homme à l'Elysée qui s'appelle Nicolas Sarkozy qui est à l'offensive sans arrêt. On a besoin d'une opposition forte, d'un axe majoritaire fort, et je crois que Bertrand Delanoë, parce que c'est un professionnel et qu'il est soutenu par de très nombreux élus, parce que c'est un social-démocrate, un européen, est à même d'offrir cela.

Pour ma part, je garde ma liberté de pensée et de paroles à ses côtés, et je veux incarner dans ce rassemblement ce que je peux porter moi, une parole de rénovation, une parole aussi de liberté. Je reste donc moi-même…

Roselyne FEVBRE.- Vous voulez rester Pierre Moscovici ?

Pierre MOSCOVICI.-
…et en même temps, je me suis associé avec Bertrand Delanoë et je vais le soutenir avec une totale loyauté. Il est important que le parti socialiste sorte du congrès de Reims avec une nouvelle clarté, et pas dans la confusion, dans une espèce de match à trois dont on ne sait pas qui est le gagnant. Quand vous dites "the winner is Bertrand Delanoë", j'espère qu'à Reims, oui, il sera le gagnant.

Roselyne FEVBRE.- Et vous avec !

Pierre MOSCOVICI.- Et moi et mes amis avec lui, avec une envie d'ailleurs : continuer à jouer un rôle dans le parti socialiste. Après tout, je suis un homme d'une génération qui arrive, et cette génération doit prendre sa place dans l'avenir de la gauche et de la France.

Roselyne FEVBRE
.- On va reparler un peu plus tard du parti socialiste.

On va quand même parler de l'actualité pour l'instant avec la crise financière. Nicolas Sarkozy a tenu parole. Lors de son discours à Toulon, il avait dit que "l'Etat garantirait la sécurité et la continuité du système bancaire et financiers français". L'Etat est accouru pour participer au sauvetage de la banque assureur Dexia et en déboursant 3 Md€.

Prôner les nationalisations face à la crise, c'est toujours ce qu'avait préconisé Dominique Strauss-Khan même (il le dit lui-même) sous les lasies(?) et les critiques.

Pierre MOSCOVICI.-
Absolument. Je me souviens qu'à l'époque, il avait avancé l'idée de "nationalisations temporaires". A l'époque, on avait dit "qu'est-ce que c'est que ça ?". C'est le retour en arrière. C'est les élus du socialisme, les années 80. En effet, souvenons-nous que, pendant les années 85, jusqu'à cette période récente, on était plutôt dans un vent de libéralisation. On doit constater aujourd'hui, et c'est très important, que dans cette crise financière, il y a le retour du politique. Au fond, pendant 20 ans, c'était les marchés qui pilotent, le politique qui accompagne, qui libéralise. Maintenant, devant la débâcle des marchés seuls, on attend du politique, de l'Etat, d'être une vigie et éventuellement de prendre ses responsabilités…

Roselyne FEVBRE.- L'Etat dans la sphère économique.

Pierre MOSCOVICI.-
…pour soutenir la sphère économique, l'activité, et faire en sorte aussi que le système financier puisse rester debout. On a toute une série d'exemples qui se sont produits. Finalement, la seule faillite enregistrée est celle de Lehmann mais, aux Etats-Unis, on a soutenu AIG. En Europe, on a soutenu Fortis, une banque italienne. On soutient Dexia.

Cela dit, disons les choses comme elles sont. Quand Dominique Strauss-Kahn parlait de "nationalisations temporaires", il avait raison. On est maintenant en train de conforter, d'étayer le système financier. Par la suite, il faudra établir des règles et faire en sorte que la finance continue à fonctionner. En effet, on ne peut pas faire d'économie sans finance, mais une finance régulée.

Roselyne FEVBRE
.- Pourrait-on revenir à des nationalisations comme dans les années 80 avec des nationalisations automatiques et l'encadrement du crédit ? Faudrait il revenir à ce système ?

Pierre MOSCOVICI.-
Non, en revanche, il faut revenir à des classifications qui existaient à l'époque, par exemple la séparation entre les banques de dépôts et les banques d'affaires. On a un peu tout confondu. On a fait un système sans règle dans lequel…

Roselyne FEVBRE
.- C'est pourquoi les banques françaises sont protégées, car elles sont beaucoup moins dans la spéculation que les banques...

Pierre MOSCOVICI.-
Elles ont été moins spéculatives, et peut-être avaient-elles d'une certaine façon encore la culture non pas de banques nationalisées mais de banques nationales. C'est important. On n'a pas dilué complètement notre système financier. C'est ce qui lui assure, je l'espère du moins mais je le crois aussi, une forme de stabilité, une forme de sécurité. Il faut dire à ceux qui nous écoutent qu'aujourd'hui, il faut avoir confiance. Je suis conscient qu'un vent de panique peut souffler, qu'il y a de la peur, de l'inquiétude, que la contagion sur l'économie réelle s'est déjà opérée et qu'elle risque de s'opérer davantage. Cependant, nous avons les moyens de résister. Il ne faut pas que se déroule une espèce de spirale de débâcle de la confiance qui elle-même entraîne du coup une situation économique encore pire. Il faut un message confiance.

Roselyne FEVBRE
.- On en est abreuvé des messages de confiance, de tout le monde ! De Jean-Claude Trichet, de Nicolas Sarkozy, de Christine Lagarde.

Pierre MOSCOVICI.-
D'une certaine façon, ils font leur travail. Le problème, c'est que chacun d'eux a sa part de responsabilité. Jean-Claude Trichet devra bien s'interroger un jour sur la nécessité ou pas de baisser les taux d'intérêts.

Roselyne FEVBRE.- Faut-il les baisser justement ?

Pierre MOSCOVICI.-
Je ne veux pas jeter comme ça la pierre sur la Banque Centrale Européenne. Somme toute, la Banque Européenne a joué son rôle, notamment en injectant des liquidités dans l'économie dans la période récente. Il est un peu cocasse de se souvenir qu'à l'époque, on disait "la Fed" (la Federal Reserve Board) est merveilleuse", et en même temps, dire que Greenspan est responsable de ce qui s'est passé parce qu'il a entretenu une spirale folle de crédits.

En Europe, on a été un peu plus tenus. Simplement, l'arbitrage que doit faire Jean-Claude Trichet, c'est entre conserver la stabilité du système financier et en même temps soutenir l'activité économique. Nous sommes maintenant dans une période confinant à la récession. Je parlais d'économies réelles. Je suis député du Doubs, du pays de Montbéliard. Hier, on a annoncé pour la première fois dans l'industrie automobile le retour du chômage technique. Cela fait plusieurs années que cela n'était pas arrivé. Pourquoi ? Parce que les marchés se sont effondrés, les marchés automobiles. Et donc, il faut soutenir l'activité. Je pense que Jean-Claude Trichet doit le faire.

Quant à Nicolas Sarkozy, si vous voulez que l'on en dise un mot, je pense qu'il est dans son rôle. Son discours de Toulon était un discours de gauche contredisant en réalité sa pratique.

Oser parler de relance quand, le même jour, on lance un budget de rigueur, quand on supprime 30 000 fonctionnaires, quand on s'apprête à privatiser La Poste, quand on a fait une politique fiscal injuste à laquelle on ne renonce pas, je trouve que l'on est gonflé. Je trouve qu'il est aussi gonflé de demander l'unité nationale dès lors qu'il ne fait pas des propositions qui vont dans le sens de la justice sociale et de l'efficacité économique.

Roselyne FEVBRE
.- Oui, mais on voit même les Américains socialiser. Ils socialisent les pertes. On voit aujourd'hui un parti socialiste, pardonnez-moi, qui parle de fraternité au Zénith. Il n'y a pas vraiment de proposition, pas vraiment de plan. François Hollande a parlé d'un plan en six points : l'accès au crédit des PME, stimuler l'investissement, convoquer un Conseil européen, qui est l'idée de Nicolas Sarkozy, et la mise en place d'un nouveau Bretten Wood. Le PS était le parti des idées, aujourd'hui, on les cherche, c'est un peu le désert.

Pierre MOSCOVICI.-
D'abord, à la fête de la fraternité, je n'ai pas remarqué que l'on ait beaucoup prononcé le mot "socialiste". On a parlé de la gauche, de la fraternité, on en reparlera peut-être, mais pas assez à mon avis du mot "socialiste". En effet, le parti socialiste est un parti qui a une histoire, des valeurs, mais aussi une organisation, un mode de vivre ensemble que l'on doit absolument promouvoir.

S'agissant des idées du parti socialiste, il y a des choses que l'on doit pouvoir approuver, mais pas sans condition. S'agissant de Dexia, par exemple, oui, il fallait soutenir cette institution financière d'autant qu'elle est fondamentale dans le financement des collectivités locales. Je le sais étant moi-même président d'une communauté d'agglomération. En même temps, cela ne peut pas se faire sans contrepartie, sous le contrôle de cette structure financière ou de cette banque.

Regardez ce qui s'est passé à propos du "plan Polson". Pourquoi le plan Polson a-t-il été repoussé ? On dit que c'est la faute des républicains ou celle des démocrates.

Roselyne FEVBRE.- Parce qu'il va y avoir une réélection des députés.

Pierre MOSCOVICI.-
Un peu des deux. Il y a 75 % des républicains qui ont voté contre, mais aussi 40 % des démocrates. Cela explique le rejet du plan. Pourquoi l'ont-ils fait ?

Ils estiment aujourd'hui que l'on a privilégié Wall Street par rapport à Main Street, autrement dit l'homme de la bourse par rapport à l'homme de la rue.

Eh bien, la même chose vaut pour Dexia. Si l'Etat socialise, alors il doit aussi avoir le contrôle. Il ne s'agit pas devenir uniquement en soutien de dirigeants qui ont échoué. D'ailleurs, il est bon que les dirigeants de Dexia aient été remerciés d'une certaine façon, en tout cas qu'ils soient partis. C'est important. Nicolas Sarkozy ne va jamais jusqu'au bout de la logique. Par ailleurs, s'agissant de sa propre politique économique, c'est une politique à la fois libéral et rentière qui ne me paraît absolument pas adaptée au soutien de l'économie.

C'est pourquoi nous devons être capables, nous, d'approuver ce qui est bon, de critiquer ce ne l'est pas, de faire des propositions, et je trouve que vous avez été un peu caricaturale avec les propositions de François Hollande. Il y en avait d'autres concernant l'investissement et le pouvoir d'achat, qui sont très importantes. Au fond, comment les entreprises peuvent-elles investir si en face il n'y a pas de marché ?

Comment peut-il y avoir des marchés si les gens n'ont pas d'argent ?

C'est ça le vrai problème. C'est comme ça que ceux qui nous écoutent le vivent. Aujourd'hui, on n'achète pas de "bagnole" parce qu'on n'a pas de "pognon" ! Pardonnez-moi de parler ainsi. Si on n'est pas capable de relancer vraiment le pouvoir d'achat à travers le chèque transport, si on n'est pas capable d'abonder davantage les petites retraites, si on n'est pas capable de renforcer le SMIC, si on n'est pas capable de déclencher des augmentations de salaire dans les entreprises par la négociation, alors on est dans la difficulté.

Roselyne FEVBRE
.- Certains ont dit qu'il instrumentalisait la crise pour montrer toute son impuissance. Pensez-vous que c'est ce qu'il a fait un peu à Toulon ?

Pierre MOSCOVICI.-
Je crois que Nicolas Sarkozy était déjà dans l'échec économique. L'échec économique était largement dû à sa propre politique. Le paquet fiscal, moi je ne cesse de le répéter depuis un an...

Roselyne FEVBRE
.- C'est vieux ça, le paquet fiscal, 15 Md€ ! Ce n'est pas la panacée non plus.

Pierre MOSCOVICI.-
Quand vous êtes en train de boucler votre budget, que vous avez 52 Md€ de déficit, puisque c'est la situation d'aujourd'hui, et que là-dessus, 15 Md€ ont été de l'eau dans le sable de la croissance qui, au contraire, ont fait reculer l'économie et qui ont accru les injustices, alors vous avez perdu votre marge de manoeuvre. Et c'est grave car avec ça on aurait pu faire, et on devrait faire pour l'éducation, pour la connaissance, l'investissement, le soutien des services publics, et on ne peut pas le faire.

Si vous voulez, et je reviens à l'idée initiale, Nicolas Sarkozy avait déjà échoué économiquement et, maintenant, il cache son échec derrière la crise. C'est un peu facile. Mais ne soyons pas non plus dans la polémique parce qu'on est dans un moment où il s'agit de trouver les bons remèdes. Si le Président de la République est disposé à écouter l'opposition, à dialoguer avec l'opposition...

Roselyne FEVBRE.- Oui, mais que proposez-vous là-dessus ?

Pierre MOSCOVICI.-
Hier, Nicolas Sarkozy a reçu les patrons de la banque et de l'assurance, c'est bien. A-t-il demandé à recevoir les dirigeants de l'opposition ?

Encore une fois, François Hollande a fait, hier, des propositions qui méritent d'être examinées, et le parti socialiste a consacré hier son bureau national à cela. Il faut dialoguer. On a vu ce qui s'est passé aux Etats-Unis. Si s'on n'est pas capable vraiment d'avoir un dialogue bi partisan où on écoute aussi la voix de ceux qui disent "on ne peut pas uniquement aider le milieu des affaires", alors on échoue.

Roselyne FEVBRE
.- Face à cette crise, et c'est peut-être enfoncer un peu une porte ouverte, n'est-ce pas le moment pour les socialistes de trancher réellement, de savoir comment on concilie l'idéologie socialiste et on intègre l'économie de marché ?

On a l'impression que le parti socialiste là-dessus n'a jamais faits son aggiornamento et n'a jamais trouvé de solution réelle.

Pierre MOSCOVICI.-
Vous mettez le doigt sur quelque chose qui est assez juste. Le parti socialiste, aujourd'hui, a fait cet aggiornamento. Il vient de voter, c'était avant l'été, ce que l'on a appelé sa "déclaration de principe". Dans sa déclaration de principe, le parti socialiste se définit comme un parti réformiste, comme un parti européen, comme un parti qui accepte l'économie de marché. Il a rompu avec les vieilles rhétoriques révolutionnaires.

Roselyne FEVBRE.- Il ne reste pas de vieux tabous ?

Pierre MOSCOVICI.- Maintenant, il faut passer des principes aux actes.

Roselyne FEVBRE.- Le passage à l'acte !

Pierre MOSCOVICI.- Le passage à l'acte, c'est toujours difficile.

Roselyne FEVBRE.- Vous qui avez une mère psychanalyste…

Pierre MOSCOVICI.- Oui, sans doute !

En attendant, c'est vrai qu'on doit travailler profondément.

Je pense que ce dont le parti socialiste a avant tout besoin dans les mois et années à venir, c'est de se remettre au boulot sur un projet. Le parti socialiste sait bien s'opposer. Contrairement à ce que certains disent, c'est un bon parti d'opposition. Il est présent à l'Assemblée, il est très fort au Sénat, plus fort que jamais. Il est fort dans les collectivités locales. Les gens nous font confiance, dans les mairies, dans les conseils généraux, dans les conseils régionaux.

Roselyne FEVBRE.- Ce n'est pas un projet de s'opposer.

Pierre MOSCOVICI.- On a absolument besoin de retrouver maintenant cette dimension de projet, de proposition. Nous en faisons, mais il nous faut améliorer qualitativement notre offre. C'est ce que nous devons faire d'ici à 2012.

Roselyne FEVBRE
.- N'y a-t-il pas un problème où, dans le fond, il n'y a pas plusieurs partis socialistes dans le parti socialiste : un parti socialiste social démocrate, un parti socialiste très à gauche et un parti socialiste disons un peu à la Delanoë qui est la continuité ? On ne change rien.

Pierre MOSCOVICI.-
Non, je ne dirais pas les choses comme ça. D'abord, un parti est toujours une coalition. Qu'on ne fasse pas croire qu'à l'UMP, il n'y a pas que des sarkozystes Il y a des chiraquiens, des libéraux, des centristes mais, en même temps…

Roselyne FEVBRE.- Mais ils filent doux !

Pierre MOSCOVICI.- Oui, parce qu'ils ont une discipline interne. Ils acceptent des règles communes et ils ont un leader. C'est peut-être tout cela qui nous manque. Aujourd'hui, au parti socialiste, regardons les choses en face, il y a un courant majoritaire qui sera exprimé à travers plusieurs motions mais qui est un courant, vous l'avez appelé "social-démocrate"… allez, disons "socialiste", vraiment socialiste de gauche, mais européen, réformiste, voulant transformer la réalité, capable d'impulser toute une série de changements qui sont des changements concrets, des gens pragmatiques mais en même temps animés de valeurs. Il y en a chez Ségolène Royal ; il y en a chez Martine Aubry ; il y en a aux côtés de Bertrand Delanoë. Il me semble qu'il est le plus conséquent, le plus cohérent, et c'est pourquoi je l'ai rejoint.

Je n'ai absolument pas jeté l'éponge. J'ai fait un choix que j'espère utile pour mon parti, celui de la cohérence et de l'intérêt général d'un parti qui doit redevenir un parti du gouvernement faisant des propositions pour l'alternance.

Roselyne FEVBRE.- On va en parler encore dans la seconde partie. On va parler de Ségolène Royal, le nouveau look. On se retrouve dans quelques instants après les infos.

Merci.
Commentaires (1)

Il me fait marrer ce type

Il annonce sur les radios qu'il votera POUR le plan de sauvetage du systême bancaire le matin puis se ravise à midi, la peur au ventre face à la désapprobation des compères AYRAULT ET HOLLANDE, avant de faire le tribun l' après midi sur les bancs de l'assemblée en dénigrant ses propos du matin même.
Décidément, se retrouver seul comme à La Rochelle, cela doit bien lui faire peur à ce pauvre homme.

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