BCE - Europe - Jean-Claude Trichet - Récession - Système bancaire
Jean-Claude Trichet, président de la BCE
Jeudi 02 octobre 2008
Invité d'Ulysse Gosset pour le Talk de Paris, Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), évoque la crise financière qui secoue les marchés mondiaux et les risques de récession dans la zone euro. (Partie 1/2)
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"Nous sommes là pour inspirer confiance à nos compatriotes et donner de la stabilité", a déclaré Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE) lors du Talk de Paris de FRANCE 24, jeudi après-midi.
Quelques heures avant son intervention sur FRANCE 24, la BCE a annoncé qu’elle avait décidé de conserver son principal taux directeur, qui détermine les conditions du crédit pour les ménages et les entreprises en zone euro, à 4,25 %. Un choix qui déplaît à plusieurs pays européens dont la France.
Pour Trichet, "cette décision n’est pas contraire aux attentes" des gens. "Nous voyons dans l'économie réelle des facteurs qui vont diminuer les risques de l'inflation future", a-t-il expliqué avant d’ajouter que c’était la raison "pour laquelle tout en notant que les risques diminuaient, nous avons préservé les taux d'intérêts tels qu'ils étaient juste avant la réunion."
Indépendance par rapport aux Etats-Unis
La décision de la BCE suit une voie opposée de celle de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui avait drastiquement réduit son principal taux après l'effondrement des crédits immobiliers à risque aux Etats-Unis ("subprimes") début 2008.
Malgré les risques que représentent une telle divergence de décision - un euro trop fort et un ralentissement de la croissance -, Jean-Claude Trichet estime que "chacun doit faire face à une économie qui a ses propres problèmes".
"Dire que nous devons imiter les Etats-Unis est naïf. Nous ne sommes pas les Etats-Unis", a-t-il ajouté balayant du même coup l’hypothèse d’avoir recours en Europe à un plan de sauvetage du système bancaire similaire à celui adopté la nuit dernière par le Sénat américain.
Rappelant que l’Europe n’est pas une fédération politique et qu’elle n’a pas de budget fédéral, le grand patron de la BCE a appelé à trouver des solutions propres au Vieux Continent. "J'ai confiance dans les gouvernements et j'ai confiance dans la Commission pour que nous trouvions ce qui est adapté à l'Europe", a-t-il dit.
Une situation difficile
Plutôt confiant donc, Jean-Claude Trichet ne minimise pas pour autant la situation. "Les événements en face de nous sont probablement les plus graves depuis la Seconde Guerre mondiale", a-t-il dit, rappelant toutefois que la BCE avait prévu ces événements.
"Il y avait dans le monde financier une sous-évaluation des risques et nous savions qu’il y aurait une correction et qu’il fallait si préparer. Nous sommes dedans en ce moment."
L’impact de cette correction est, selon Trichet, encore difficile à apprécier notamment en terme d’impacts sur la vie réelle. Le président de la BCE prévoit de faibles deuxième et troisième trimestres "avant que la croissance ne reprenne, très lentement".
Il a cependant rappelé, qu’à côté de la crise, d’autres facteurs entrent en jeu, le prix du pétrole par exemple. "S’il continue de baisser ce sera bon pour la croissance", a-t-il ainsi affirmé.
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