Lisez le site des Observateurs : "USA 2008 : La présidentielle américaine vue par dix électeurs"
Sarah Palin devait absolument se montrer à la hauteur dans son premier et unique débat télévisé avant l’élection présidentielle du 4 novembre, face au colistier démocrate Joe Biden. D'autant que la gouverneure de l’Alaska a donné une série d'interviews très critiquées dans plusieurs médias la semaine passée.
Durant ce débat de 90 minutes à l’université Washington de Saint-Louis, dans le Missouri, modéré par Gwen Ifill, journaliste à la télévision publique américaine PBS, elle a pleinement assumé son côté "Amérique profonde" qui avait tout de suite séduit la base de l’électoral républicain lors de sa nomination comme colistière.
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“Doggone it” [vieux juron américain que l'on pourrait traduire par “zut alors” ou “sacrebleu", ndlr], a-t-elle lancé à plusieurs reprises. Et elle tentait de déstabiliser son adversaire, qui a pourtant 36 années d’expériences comme sénateur américain, avec des piques telles que "Aw, say it ain’t so, Joe" ["Allez, dis-nous la vérité, Joe"].
Guillaume Meyer, envoyé spécial de FRANCE 24 à l’Université de Washington à Saint-Louis, estime "qu’elle était plus à l’aise que lors des dernières interviews. Elle a tenté de sonner juste, de sonner comme du vrai Sarah Palin. Celle qui a été présentée aux électeurs il y a seulement quelques semaines, à la convention républicaine de Saint-Paul".
Crise financière et guerre en Irak
Le débat a débuté par un vif échange sur l’actuelle crise financière, ses causes et les solutions possibles. Accusant John McCain de soutenir la dérégulation, Biden a assimilé les solutions économiques du candidat républicain à un "ultime pont qui ne mène nulle part". Palin, de son côté, a qualifié la politique d'impôts de Barack Obama de "retour en arrière".
L’Irak était le deuxième sujet fort de la soirée. Palin, dans la droite ligne de John McCain, a insisté sur la nécessité de rester en Irak et d’y gagner la guerre.
En dépit des craintes sur son manque d’expérience en politique internationale, la gouverneure d’Alaska s’est employée, avec succès, à attaquer Biden en rappelant qu’il avait voté en faveur de la guerre en Irak. Dans la foulée, elle a accusé le sénateur "vétéran" d’avoir renoncé à un soutien efficace des troupes : "Vous agitez le drapeau blanc de la défaite en Irak et ce n'est pas ce que nos troupes ont besoin d'entendre aujourd'hui."
Changement climatique et lutte contre le terrorisme
Les différences les plus flagrantes entre les deux colistiers ont surgi lorsque le débat a porté sur le changement climatique. Sarah Palin soutient l’idée que l’activité humaine n’est pas à l’origine du réchauffement de la planète.
"Je ne voudrais pas débattre des origines de ce réchauffement climatique, a soutenu Sarah Palin, mais j’aimerais qu’on discute de ce que nous pouvons réellement faire aujourd’hui."
Joe Biden a rétorqué : “Si vous ne comprenez pas quelles sont les raisons [du changement climatique], c’est quasiment impossible de trouver des solutions […]. Nous savons quelles sont les causes du réchauffement de la planète : c’est l’activité humaine. Et voilà pourquoi la calotte polaire est en train de fondre."
Le colistier démocrate a également évoqué la propagation de l’islam radical dans les zones tribales du Pakistan, et les dangers que cela représente pour la sécurité des Etats-Unis. "A propos, a fait remarqué le sénateur du Delaware, c’est quand même là qu’habite Oussama Ben Laden."
De son côté, la colistière républicaine a maintenu sa position : "La lutte contre le terrorisme doit se centrer sur l’Irak."
Le débat de jeudi soir était l’unique confrontation télévisée entre les deux vice-présidents potentiels durant la campagne présidentielle. Les deux candidats Barack Obama et John McCain s’affronteront, eux, de nouveau les 7 et le 15 octobre.

























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