04 Octobre 2008 - 19H02
- Angela Merkel - Nicolas Sarkozy - Union européenne

Le G4 rejette l'idée d'un plan Paulson à l'européenne
À l'issue du sommet, convoqué samedi par le président français, les quatre pays ont pris l'engagement "solennel" de venir en aide aux banques menacées. Mais avec des moyens qui leur sont "propres".

 

Lire aussi l'analyse de C. de Camaret : "L'Europe à 'sauve qui peut' !"

 

Les quatre membres européens du G8 ont dressé samedi un catalogue de mesures pour faire face à la crise financière et pris l'engagement solennel de soutenir les banques européennes au moment même où l'une d'elle menace de faire faillite en Allemagne.
   
A l'issue d'un mini-sommet de quelque trois heures samedi à Paris, le président français - entouré de la chancelière allemande Angela Merkel et des Premiers ministres britannique Gordon Brown et italien Silvio Berlusconi - a annoncé que ce G4 souhaitait un sommet international "le plus tôt possible" pour revoir les règles du capitalisme financier.
   
M. Sarkozy avait pris l'initiative de ce mini-sommet à Paris en tant que président en exercice du Conseil de l'Union européenne.
   
Le G4 n'a pas endossé l'idée d'un fonds européen de soutien qui avait été avancée avant la réunion avant d'être catégoriquement rejetée par l'Allemagne.
   
Chaque pays doit "prendre ses responsabilités au niveau national" face à la crise des banques mais sans porter atteinte aux intérêts des autres Etats européens, a ainsi souligné samedi Angela Merkel.
   
La chancelière allemande s'est retrouvée confrontée samedi au cas de la banque Hypo Real Estate menacée de faillite après l'échec du plan de sauvetage de 35 milliards d'euros - le plus gros de l'histoire allemande - dont elle faisait l'objet.
   
Le consortium de banques impliquées dans cette opération "a refusé de fournir les lignes de liquidités" prévues, a indiqué Hypo Real Estate au moment où se déroulait la réunion de Paris.
   
La source des difficultés actuelles d'Hypo Real Estate semble être sa filiale germano-irlandaise Depfa, achetée en octobre 2007 et spécialisée dans le financement de projets d'infrastructures ou publics.
   
Mme Merkel a d'ailleurs concentré samedi ses tirs sur l'Irlande. Elle a estimé que les plans de sauvetage décidés dans chaque pays devaient respecter les règles d'une concurrence loyale entre banques européennes et a dit n'être "pas satisfaite" de l'initiative du gouvernement irlandais d'apporter sa garantie aux dépôts des plus grandes banques de ce pays.
   
"Nous avons déjà demandé à la Commission européenne et à la Banque centrale européenne de chercher à discuter avec l'Irlande. Il est important d'agir de manière équilibrée, et de ne pas se pas se causer de dommages entre pays, il faut des démarches qui respectent la concurrence", a-t-elle dit.
   
Reprenant un thème qu'il a déjà développé à plusieurs reprises, le président français a souligné qu'"en cas de soutien public à une banque en difficulté, chaque Etat membre" du G4 "s'engage à ce que les dirigeants qui ont failli soient sanctionnés".
   
Il a reçu en cela le soutien de Mme Merkel pour qui il faut "demander des comptes aux responsables et nous doter des règles et dispositifs qui empêcheront ces crises à l'avenir".
   
Sur un autre registre, Nicolas Sarkozy a jugé que "la Commission européenne devrait faire preuve de flexibilité dans l'application des règles en matière d'aide d'Etat aux entreprises, comme dans les principes du marché unique".
   
Plusieurs banques dans différents pays européens ont du être renflouées, voire nationalisées, avec de l'argent public ce qui en principe peut constituer une entorse aux règles européennes sur la concurrence.
   
Selon le président Sarkozy, "l'application du pacte de stabilité et de croissance devrait refléter les circonstances exceptionnelles dans lesquelles nous nous trouvons".
   
Mais ce pacte doit être respecté "dans son intégralité", a toutefois immédiatement répondu le Premier ministre luxembourgeois et président de l'eurogroupe Jean-Claude Juncker. Il a été soutenu en cela par le président de la Commission européenne José-Manuel Barroso qui participait également au mini-sommet.

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