Samedi 04 octobre 2008
Par FRANCE 24 (texte) / Stéphanie Braquehais, Bernard Okeyo (vidéo)A Molo, au cœur de la vallée du Rift, les habitants semblent avoir retrouvé une vie normale, neuf mois après les violences post-électorales qui ont fait 1 500 morts et plus de 400 000 déplacés à travers le Kenya.
Officiellement, selon le gouvernement, il n’y a plus de déplacés dans le pays. En réalité, des milliers de personnes vivent encore dans des camps de fortune, comme à Karirikania, où plus de 600 familles dépendent intégralement de l’aide humanitaire.
Une fois par mois, la Croix-Rouge distribue des rations alimentaires : maïs, huile, légumes pour les personnes considérées comme les plus vulnérables. Car il n’y a pas assez de rations pour tout le monde. A peine la moitié des familles de ce camp ont le droit à de la nourriture. Et personne n’a pu cultiver cette année.
Cependant, beaucoup de déplacés ont encore peur de retourner dans leur village. La terre est rare et les Kalenjin, majoritaires dans la vallée du Rift, ne voient pas d’un très bon œil le retour des Kikuyu, qui appartiennent à la même ethnie du chef de l’Etat Mwai Kibaki.
Elijia Change, lui, a choisi de revenir. S’il salue de nouveau ses voisins, ceux-là même qui ont brûlé sa maison, ce fermier kikuyu sait que les apparences dissimulent mal l’amertume qui reste dans les cœurs. A quelques mètres de là, un groupe de Kalenjin exprime ses doutes quant à l’imminence d’une réconciliation nationale.
Dans l’église du camp, on prie chaque dimanche pour une paix durable, pour que la cohabitation soit à nouveau possible. Pour cela, le gouvernement de coalition devra rapidement s’attaquer aux réformes de fond : la question foncière et le tribalisme. L’objectif étant d’éviter que les violences ne divisent une nouvelle fois le pays lors des prochaines élections de 2012.
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