Les marchés d'Asie-Pacifique connaissaient une nouvelle journée mouvementée lundi alors que la crise financière se propageait en Europe, forçant les gouvernements à intervenir pour rassurer les épargnants, et que le plan de sauvetage des banques aux Etats-Unis ne rassurait personne.
L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo plongeait de 3,60% à la mi-séance et cotait à son plus bas niveau depuis quatre ans. Vers 03H00 GMT, l'indice Hang Seng de Hong Kong perdait 2,89% et les pertes étaient également lourdes à Sydney (-3,63%), Shanghai (-3,17%), Singapour (-2,60%) et Séoul (-4,29%).
Les marchés asiatiques connaissaient leur première séance depuis l'adoption par le Congrès américain vendredi du plan de sauvetage de 700 milliards de dollars pour le secteur bancaire. Mais la nouvelle n'a apporté aucun réconfort.
"Avec du recul, l'adoption du plan est considérée comme l'étape la plus facile du processus. Ce plan n'empêchera pas un ralentissement ou une récession aux Etats-Unis", ont commenté les analystes de RBC Capital Markets.
"Maintenant que le plan de sauvetage financier est passé, l'attention se porte sur l'état réel de l'économie" américaine, a expliqué lui aussi Akira Ishida, courtier chez Chuo Securities à Tokyo.
Les marchés d'Asie s'inquiètent notamment du niveau alarmant du chômage aux Etats-Unis, qui est resté en septembre à son plus haut depuis cinq ans (6,1%), et de ses répercussions potentielles sur les exportations asiatiques.
Ils s'alarment également des signes de propagation de la crise financière en Europe où Hypo Real Estate (HRE), la quatrième banque d'Allemagne, est au bord de la faillite et fait l'objet d'un plan de sauvetage gouvernemental.
Durant le week-end, l'Allemagne, l'Autriche et le Danemark ont tenté de rassurer leurs épargnants en annonçant des garanties exceptionnelles pour les dépôts des particuliers, dans la foulée de mesures similaires adoptées en cavalier seul le 30 septembre par l'Irlande.
Le ministre autrichien des Finances, Wilhelm Molterer, a expliqué l'initiative par la nécessité "d'éviter une fuite des épargnants" autrichiens vers d'autres pays, notamment l'Allemagne.
Après avoir réagi en ordre dispersé face à la crise financière, les ministres européens des Finances vont tenter d'afficher un front commun lundi et mardi, dans le sillage du sommet des quatre pays de l'UE membres du G8 (France, Italie, Allemagne, Royaume-Uni) tenu samedi à Paris.
La réunion mensuelle des 15 ministres des Finances de la zone euro lundi à Luxembourg, puis celle des 27 ministres de l'UE mardi, serait l'occasion de concrétiser l'engagement proclamé par les quatre plus grands pays de l'UE d'agir avec plus de cohérence face à la crise.
Les ministres veulent essayer d'avancer sur l'amélioration de la régulation financière, en coordonnant mieux le travail des superviseurs nationaux dans l'assurance. Il s'agira surtout de commencer à réfléchir aux mesures voulues samedi par les dirigeants invités par le président français Nicolas Sarkozy.
Les quatre pays se sont engagés à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour "assurer la solidité et la stabilité" du système financier européen, sans toutefois évoquer un plan de sauvetage à l'américaine.
Aux Etats-Unis, la Réserve fédérale exerçait de fortes pressions sur les banques Citigroup et Wells Fargo, pour les contraindre à un compromis sur l'avenir de leur concurrente Wachovia, selon le Wall Street Journal.
Wachovia, la quatrième banque américaine sous la pression des autorités qui craignent sa faillite, avait accepté la semaine dernière de céder ses activités bancaires à Citigroup. Mais vendredi, Wells Fargo a annoncé à son tour la reprise de l'intégralité des activités de Wachovia, ce qui a déclenché une bataille judiciaire qui menace de se prolonger pendant des semaines.














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