07 Octobre 2008 - 02H43
- Thaïlande

Le vice-Premier ministre acculé à la démission par les manifestants
Les manifestations de l'opposition thaïlandaise, violemment réprimées par l'armée, ont fait près de 70 blessés et provoqué la démission du vice-Premier ministre. Le Premier ministre Somchai a été évacué du Parlement.

De violents affrontements entre policiers thaïlandais et manifestants anti-gouvernementaux rassemblés devant le Parlement de Bangkok ont fait 69 blessés mardi.

Assumant la  responsabilité de ces incidents, le vice-Premier ministre Chavalit Yongchaiyudh, qui avait été chargé d'une médiation avec les manifestants, a présenté sa démission.

Plusieurs manifestants ont été grièvement blessés lorsque la police a chargé pour ouvrir un passage au Premier ministre
Somchai Wongsawat, qui voulait gagner le parlement pour prononcer son discours de politique générale.
 
Deux hommes ont eu les jambes en partie arrachées par l'explosion de grenades lacrymogènes.
 
Des incidents se sont également produits devant le quartier général de la police.
 
Les quelque 5.000 manifestants, partisans de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), s'étaient regroupés devant le
Parlement pour tenter de perturber le discours de politique générale de Somchai.
 
"Il était absolument nécessaire que la police fasse usage de gaz lacrymogènes pour disperser la foule", a dit à Reuters le
général Anan Srihiran. "Nous voulions simplement ouvrir la route pour que les membres du gouvernement puissent entrer au Parlement."

Dans son discours devant les députés, Somchai a lancé un appel à la réconciliation nationale et s'est engagé à "écouter
tout le monde pour mettre fin à la crise".

Il a ensuite quitté le bâtiment par une porte dérobée pour éviter les manifestants.
 
Depuis la fin du mois d'août, les partisans du PAD occupent Government House, le siège du gouvernement, contraignant Somchai à diriger le pays depuis l'aéroport de Don Muang, peu utilisé.

"Nous resterons ici tout la journée. Nous nous battrons ici", a lancé Sirichai Mai-ngam, l'un des dirigeants de la PAD,
à la radio.

L'Alliance du peuple pour la démocratie, coalition d'hommes d'affaires, d'universitaires et d'activistes, accuse Somchai
d'être manipulé par l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, son beau-frère, renversé par un coup d'Etat militaire en 2006.

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