Mardi, octobre 7, 2008 - 18:00
Liste des brèves AFPClimat: revers pour l'industrie au Parlement européen
Les députés européens ont refusé mardi de se laisser influencer par la crise financière et exigé des Etats membres l'application du principe du pollueur-payeur pour combattre le réchauffement du climat.
Par 44 voix contre 20 et une abstention, les membres de la commission Environnement du Parlement ont donné mandat à leurs représentants de négocier sur une ligne dure avec les Etats membres les moyens de réduire en 2020 les émissions de CO2 de l'UE de 20% par rapport à leur niveau de 1990.
Ce vote est un revers pour l'industrie, car tous les amendements déposés par les partis de la droite conservatrice visant à l'exempter de payer pour ses émissions de gaz à effet de serre ont été rejetés à une large majorité.
Le groupe du parti populaire européen (PPE-conservateur) est en plus sorti très divisé de ce vote, avec sept élus --essentiellement britanniques et néerlandais-- en faveur, 15 contre --Allemands, Français et Polonais-- et 1 abstention (un élu allemand).
"Le plus grand défi au niveau mondial, c'est le réchauffement climatique. Nous ne pouvons pas attendre que les économies se reprennent pour agir (...) Nous devons le faire sans tarder, pour apporter à court terme une réponse à un problème à long terme", a expliqué l'eurodéputée irlandaise Avril Doyle, membre du PPE et auteur du rapport approuvé mardi.
L'industrie a immédiatement fait part de son mécontentement. "Ce vote met en danger l'avenir de l'industrie des métaux non ferreux en Europe", a ainsi affirmé l'organisation Eurometaux dans un communiqué.
L'Association européenne du ciment a pour sa part insisté sur sa "vulnérabilité" et mis en garde contre les risques pour l'emploi.
Le commissaire européen à l'Environnement Stavros Dimas a en revanche salué ce vote qui "conforte et soutient" ses propositions pour lutter contre le réchauffement du climat.
Le Parlement européen réclame de porter "automatiquement" à 30% l'effort de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l'UE en 2020 si un accord est trouvé lors des négociations internationales prévues en décembre 2009 à Copenhague.
Il impose la mise en enchère dès 2013 de 100% des droits d'émissions accordés aujourd'hui gratuitement aux entreprises du secteur de l'énergie et de 15% des droits alloués aux autres secteurs de l'Industrie, avec pour objectif de faire payer l'intégralité de ces droits à polluer en 2020.
Des dérogations pourront être envisagées pour les secteurs industriels les plus fragilisés par la concurrence étrangère si les négociations internationales échouent. Une liste devra être établie en mars 2010.
Près de 10.000 entreprises bénéficient actuellement de ces allocations gratuites de CO2.
Les Etats membres sont par ailleurs appelés à réduire les émissions de gaz a effet de serre des autres secteurs --transports, chauffage urbain, agriculture-- et le Parlement européen veut imposer des amendes aux pays qui ne respecteraient par leurs objectifs nationaux: 100 euros par tonne de CO2 de dépassement.
Les Etats membres doivent arrêter leur position sur ce plan de lutte et vont devoir tenir compte des positions du Parlement européen pour rendre possible un accord en décembre. Cette fois, la majorité des 785 députés européens devront alors être convaincus.
"J'ai un mandat très clair" pour ces négociations, a insisté Mme Doyle. "Si on veut un accord, il faudra faire des compromis", a-t-elle averti.


