07 Octobre 2008 - 15H37

L'État islandais nationalise pour prêter secours à ses banques
Face à la crise financière mondiale, l'Islande a nationalisé la deuxième plus grande banque du pays et a développé un bataillon de lois lui permettant de prendre le contrôle du système bancaire du pays. Une première en Europe.

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L’Islande, cinquième pays le plus riche du monde, tremble. La crise financière mondiale menace de faillite cet Etat du nord de l’Europe, jusqu’alors prospère.

 

L’Etat islandais a annoncé la nationalisation ce mardi de Landsbanki, la deuxième banque du pays, alors que la Banque centrale vole au secours de la première banque d’Islande, la Kaupthing Bank. La semaine dernière, le gouvernement a nationalisé les trois-quarts de la troisième banque du pays, la Glitnir.

 

"Il y a un véritable danger que l’économie islandaise, dans le pire des scénarii, puisse être entraîné dans le tourbillon des banques et la conséquence possible serait la faillite", a déclaré lundi le Premier ministre du pays, Geird Haarde.

 

Pour tenter de parer à un effondrement du marché financier local, le gouvernement a développé un bataillon de lois lui permettant de prendre le contrôle du système bancaire du pays. Une première en Europe, et un comble pour ce pays, dont l’économie a fait de l’ultralibéralisme son seul et unique credo.

 

Mais pour l’instant, l’Islande n’a pas vraiment le choix. Sa monnaie, la couronne islandaise, a perdu 45% de sa valeur en un an, et le pays est dangereusement à court de liquidités.

 

Une expansion rapide mais fragile

 

En dix ans, après une vague de privatisation, l’Islande est passée d’une économie principalement basée sur la pêche à une économie fondée sur les finances. L’expansion du système financier islandais, qui s’est principalement développé à l’étranger, a été très rapide au cours de ces dix dernières années.

 

D’importants d’investisseurs étrangers ont placé des capitaux dans des projets locaux et spéculé sur sa devise.

 

Ces années fastes ont fondé une économie aux pieds d’argile. Les investissements étrangers à haut risque, appelés "hedge funds", ont rendu le pays particulièrement vulnérable aux crises. Car ce sont ces fonds que les investisseurs étrangers retirent dès qu’un risque de crise se profile.

 

Et c’est exactement ce qu’il s’est passé ces derniers mois. Dès les premiers signes de la crise, les investisseurs ont repris leurs avoirs. Les agences de notation, chargées de déterminer le niveau de risque des titres émis, ont revu à la baisse leurs notes sur les banques islandaises, créant une crise de confiance des investisseurs.

 

La Banque centrale, elle-même en manque de liquidités, menace de ne pas pouvoir venir en aide au secteur bancaire islandais.

 

Le Fond monétaire international (FMI) a envoyé sur place une équipe pour analyser la situation et tenter de trouver une issue à la crise.

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