Angola - France - Justice - Vente d'armes
Pléiade de personnalités à l'ouverture du procès de l'Angolagate
Mardi 07 octobre 2008
Le procès des 42 personnalités suspectées d'être impliquées dans un trafic d'armes avec l'Angola dans les années 90 s'est ouvert à Paris. Récit du premier jour d'audience.
Dossier Le procès de l'AngolagateMardi 07 octobre 2008
Par Marie Sophie JOUBERT (texte)Lire aussi l'article "Ouverture à Paris du procès de l'Angolalate".
Attendu depuis plus de 10 ans, le procès de l'Angolagate a enfin débuté, ce lundi à Paris.
A 13 h 30, les 42 personnes, dont plusieurs personnalités politiques françaises, soupçonnées d’être impliquées plus ou moins directement dans ce commerce illégal d'armes avec l'Angola entre 1993 et 1998, avaient rendez-vous avec la justice.
Les trois quarts d’entre eux ont fait le déplacement pour le premier jour d’un procès qui doit durer cinq mois.
Un siège vide
Premier à faire face au tribunal, Pierre Falcone, principal protagoniste de l’affaire. Ses yeux regardent droit dans ceux du président. Les deux hommes sont à moins de deux mètres l’un de l’autre. "Pierre Falcone, né à Alger, résident en Angola", annonce l'accusé. D’une voix assurée, il déclare 4 millions d'euros de revenus par an et un patrimoine immobilier de 15 millions d'euros. Nationalités "française, angolaise et une carte d'identité brésilienne".
Puis, l’homme élégant au costume parfaitement coupé et au regard glaçant retourne à sa place, au premier rang. A côté de lui, un siège vide. Celui que devait occuper le milliardaire russo-israélien Arcady Gaydamak, réfugié en Israël et sous le coup d’un mandat d’arrêt international.
Comme Falcone, Gaydamak est accusé d'avoir vendu à l’Angola, alors en pleine guerre civile, un arsenal de 790 millions de dollars acheté dans l'ancien bloc communiste, et ce sans avoir reçu les autorisations nécessaires de l'Etat français.
Humour cinglant et gros sous
Deuxième à être appelé à la barre par le président, Gaydamak est le grand absent de la journée. Le juge Jean-Baptiste Parlos prend la parole; il donne le ton de la séance : humour cinglant et gros sous.
Ironique, il fait remarquer que les documents saisis par la justice font état de trois dates de naissance et de deux identités différentes : Arcadi Gaydamak et Bar Lev Arye. Le fuyard possède également des passeports français, angolais, canadien, israélien, russe. Et presque autant d’adresses.
Des rires à peine étouffés fusent ça et là dans la petite salle au papier peint vieillot. Plus tard, ces mêmes rires reprendront lorsque le juge donnera des leçons de politesse à Alain Guilloux, poursuivi pour trafic d’influence, recel d’abus de biens sociaux et de blanchiment : "Les mains dans les poches, c’est vraiment nécessaire pour votre stabilité", lance le magistrat passablement énervé par l’attitude de l’accusé.
A la lecture des faits reprochés à Falcone et Gaydamak, les deux magistrats-assesseurs butent presque systématiquement sur les sommes astronomiques détournées.
M. Moreli, retraité, un appartement estimé à 1 million d’euros ; Didier F., chef d’entreprise, sans casier, 180 000 euros de revenus annuels ; J.-B. Curial, patrimoine d’une valeur de 900 000 euros... Les noms des prévenus s’enchaînent.
"J’habite chez ma mère"
Puis vient le tour de Jean-Christophe Mitterrand, fils ainé du défunt président français.
Ton affable, l’homme, à la carrure imposante, se présente d’une voix à peine audible : "Je suis né en 1946. J’habite chez ma mère, rue de Breteuil. Aucun revenu, pas de patrimoine." Son cas, il le sait probablement, intéresse particulièrement la presse. Suspecté d’avoir touché des pots-de-vin de la part de Falcone, il encourt jusqu’à cinq ans de prison pour complicité de commerce illicite d'armes et recel d’abus de biens sociaux.
Rapidement, l’écrivain à succès Paul-Loup Sulitzer, cravate à rayures, le suit au micro. Il déclare des revenus de 62 000 euros sans oublier d’ajouter, non sans cynisme, qu’ils "étaient beaucoup plus importants avant".
Malgré une attaque cérébrale et une crise cardiaque, l’auteur de best-sellers n’a rien perdu de son sens de la formule. Hors audience, il affirme à FRANCE 24 qu’avec cette affaire on a voulu "tuer un moustique avec un magnum".
Rencontre de deux princes du sarcasme. Le juge le titille sur sa carrière de comédien et ironise sur son dernier ouvrage, "Le Roi rouge", une histoire romancée de l’Angolagate à "80 % vrai". "Si je comprends on doit le lire", ironise le juge.
Léger clin d’œil
Pendant ce temps, dans la salle, Charles Pasqua, 81 ans, attend son tour en balayant d’un regard las la salle bondée par une trentaine de prévenus, le double d’avocats, autant de journalistes et une demi-douzaine de gendarmes. L’ancien ministre de l’Intérieur est suspecté d’avoir reçu des centaines de milliers de dollars pour avoir mené un lobbying en faveur du régime angolais et encourt jusqu’à 10 ans de prison pour "complicité passive".
Finalement, l’ancien premier flic de France, costume froissé, est appelé à la barre : "entre 120 000 et 130 000 euros par an", déclare-t-il. Puis retourne à sa place en esquissant un léger clin d’œil en direction de Jean-Christophe Mitterrand.
Deux personnes plus tard et c’est au tour de Jacques Attali (qui présente une émission sur FRANCE 24). Son débit est rapide. Pour lui, ce sera "1,2 million d’euros cette année, une maison, un appartement, des studios et environ 500 000 euros de biens mobiliers". L’ancien conseiller de François Mitterrand, qui a récemment rédigé un plan de relance de la croissance économique pour l’Elysée, est soupçonné d’avoir usé de son influence pour régler un redressement fiscal dont faisait l’objet la société de Falcone. Il risque jusqu’à cinq ans de prison pour "complicité passive".
Vieilles "stars" et jeune-femmes perdues
Après ces vieilles célébrités, cinq jeunes inconnues sont appelées devant les juges. Contraste étrange. Anciennes hôtesses, elles sont aujourd’hui dans le box des accusés. Pour plusieurs d’entre elles, c’était un job étudiant. Les jeunes femmes n’ont pas l’air de bien comprendre pourquoi elles sont là. "Recel d’abus de biens sociaux", explique un des magistrats-assesseurs. Elles avaient reçu à l’époque quelques milliers de francs.
Elles sont à peine maquillées. Certaines sont mamans. L’une d’elle, Justine Ducharne, est enceinte. A FRANCE 24, elle explique qu’à l’époque Falcone "était sympathique". Lorsque ses anciennes hôtesses ont défilé à la barre, le businessman français, accusé de s’être mis des millions d’euros dans les poches, est en tout cas resté de marbre.
Vidéo
Pour aller plus loin
Pour aller plus loin


07/10/2008 00:08:03 Signaler un abus
HYPOCRISIE
Par quérida - Cotonou Bénin
je déplore le fait que les meme hommes politiques français qui sont supposés aider l'Afrique à se développer lui fournissent des armes pour contribuer à la guerre. et qui est impliqué jusqu'au cou dans cette affaire? un chroniqueur de France 24 !!!sacrée pub.......
07/10/2008 13:06:48 Signaler un abus
angolagate
Par Anonyme - côte d'ivoire
je suis d'accord avec le gouvernement angolais que cela touche à la défense national donc couvert par le secret défense. si chaque pays doit donner la filière qu'il utilse pour acheter ses armes au cours d'un procès, je pense que la souveraineté de certains pays surtout ceux l'Afrique sera baffoueé.
07/10/2008 10:54:26 Signaler un abus
3.150 lance-flammes, 170.000 mines antipersonnel, ...
Par PXB - Paris
Liste partielle des armes (AP | 02.10.2008 | 17:00) vendu à la junte angolaise: 3.150 lance-flammes, 181.250 obus de différents calibres, 170.000 mines antipersonnel, 80 chars d'assaut T-62, 340 chars de combat d'infanterie BMP, 44.250 Kalachnikov, 36 canons auto-propulsés, 61.053.000 cartouches de 7.62 mm, 30.000 grenades défensives, 500 lance-grenades type RPG, 315 mortiers, 181.250 obus de différents calibres, 170.000 mines antipersonnel, 12 hélicoptères de combat, six navires de guerre...
De quoi orchestrer une gigantesque boucherie donc.
Le CPI serait sans doute bien inspiré de juger les maitres d'oeuvre de cette abomination.
Sans parler que les millions détournés pour acheter ces engins de mort n'on pas été investi dans l'économie angolaise plongée dans la misère !
07/10/2008 09:51:19 Signaler un abus
Il faut aussi que l'acheteur des armes en Angola soi jugé
Par Pedro Caitano - NL
Je ne suis pas de Unita, mais MPLA acheté ses armes pour tué les bas- kongo,et pour vendre aussi au rdc.Aussi pour eliminé toute la famille de Jonas savimbi, comme vs le savez.Mais chaque chose á son temps, josé Ed, ne pas éternel en angola.32 ans au pouvoir pcq il a peur qu'il sera jugé un jour, même au ciel.
07/10/2008 08:28:15 Signaler un abus
LA VERITE SIMPLEMENT
Par NOSTRADAMUS - F
Mais si la vraie vérité ne sort pas du chapeau de la justice alors nous devrons nous poser des questions sur cette dernière. Car franchement s'ils sont "blanchis" Nostradamus n'y comprendra plus rien. Alors que le pauvre qui va à la pêche dans un étang communal où aucun panneau n'interdit de pêcher prend une amende, et les maigres poissons qu'ils va prendre sont "mauvais" à la consomation mais il doit nourrir sa famille. Histoire vraie.
07/10/2008 01:25:46 Signaler un abus
Quand le juge Courroye sera-t-il enfin entendu ???
Par why ? - Paris
Quand le juge Courroye sera-t-il enfin entendu ???
Ca commence à sentir le coup foireux cette affaire.
06/10/2008 21:35:49 Signaler un abus
Hypocrisie.
Par Elkhou -
ils vendent aux pauvres les armes pour les pousser à se tuer et viennent aprés pour imposer la paix et blablablablabla la démocratie.
06/10/2008 20:57:57 Signaler un abus
Ne nous prenez pas pour des cons
Par Darius - Côte d'Ivoire
Où sont ceux qui ont vendu des armes à l'UNITA ? Quand une situation ne vous arrange pas, vous criez au scandale. Mais lorsqu'elle arrange vos intérêts, vous créer et soutenez des rebellions, des coups d'Etat à ne point finir, des assassinats... Ce n'est pas nous les cons. Aidez l'Afrique en commençant par enlever vos base militaires Monsieur qui veut que l'Afrique se prenne en charge elle-même. Espionnage, chantage, contrat économique à la con... Bonne continuation.
06/10/2008 17:38:20 Signaler un abus
attali de l'angolagate à france24...(oui, oui c'st le même...)
Par un contribuable qui en a marre de payer pour attali - paris
Attali impliqué jusqu'au cou dans un traffic d'arme se retrouve chroniqueur france 24! quelle pub pour france24! comme si le contribuable français n'avait pas assez payé pour ce pseudo sherpa de la république bananiere mitteradienne. c'est une honte!! veuillez s'il vous plait communiquer son salaire avant que je ne l'apprenne par le canard enchainé!
06/10/2008 14:26:48 Signaler un abus
Angolagate
Par Vledet - Côte d'Ivoire/Abidjan
Angolagate,ça veut dire quoi?Encore une autre parodie de la justice française!Personne ne sera inquiété et en C;I;,il ya une expression qui exprime le fait qu'il n'y a pas de péril en la demeure.On dit ainsi que "ça ne va aller quelque part".Eh oui!Le Président Nicolas Sarkozy est donc allé chercher quoi en Angola selon vous?C'est assurement pour les mêmes intérets de la France.Et entre nous,qu'est-ce que vous appelez pots-de-vin pour des pays africains?Le Président François Mitterand n'était-il pas d'obédience socialiste comme Eduardo Dos Santos?Les armes ont été vendues et l'argent a déjà servi à la France.Tournons à présent la page;Ok?
06/10/2008 11:36:54 Signaler un abus
panier de crabes...!
Par Talbin - Yokohama
Bonjour,
Quelle belle image des politicards et des voraces de l’€. Un beau panier de crabes, qui ont tous un sacré paquet de casseroles au c…Mais le pire c’est que ces messieurs sont toujours des donneurs de leçons, ils n’ont même pas honte, tout va bien. On truande ! On vol ! On assassine par procuration ! Mais ne vous inquiétez pas bons gens, c’est normal ! Nous « la race supérieure » on peut tout ce permettre, nous sommes aux manettes ! Procès… ? Procès de façade pour que la république se donne « bonne conscience ». De toutes les façons, compte tenu du « beau linge » en question, on ne peut pas faire confiance à la justice...pour ce type de mises en inculpations. Tous les prévenus vont tous nous faire de belles pirouettes et ils seront bien évidement blanchis. On en sortira presque les kleenex. Car le fait, de taper dans la m…risque d’en éclabousser d’autres. Après ça, on s’étonne que de plus en plus les citoyens lambda manifestent du mépris pour les « ténors » de la politique ? Rien d’étonnant ! Au prochain épisode. Entre temps vous pouvez écoutez le sketch de Bigard « la politique », il est d’actualité !
Tchao
06/10/2008 04:30:19 Signaler un abus
Confessions of an Economic Hit Man - A lire!!!
Par Thiam - USA/Bloomington-Illinois
Chapeau à la France de Sarko! Il est temps de laisser l'Afrique se développer. Je vous invite à lire l'ouvrage "Confessions of an Economic Hit Man" de John Perkins.