09 Octobre 2008 - 22H30
- Crise financière - Dominique Strauss-Kahn - Faillite

Il n'y aura plus de faillites majeures, selon le patron du FMI
De nouvelles pertes, mais plus de faillites majeures : c'est ce que prévoit Dominique Strauss-Kahn, le chef du FMI, qui confie à FRANCE 24 que l'institution financière avait suggéré, il y a quelques mois, un plan de sauvetage aux États-Unis.







La crise financière s'est aggravée, mais il ne devrait pas y avoir en Europe de faillites bancaires comme celle de Lehman Brothers, a expliqué, jeudi, à FRANCE 24 Dominique Strauss-Kahn (DSK), le directeur général du Fonds monétaire international (FMI). "Les banques européennes n’ont pas que des activités d’investissement - elles sont universelles. Elles auront des pertes, mais pour autant ne seront pas par terre."

 

Dans la gestion de la crise, DSK insiste sur le rôle de conseil aux gouvernements du FMI.

 

Le Fonds monétaire international, a-t-il déclaré, a suggéré au gouvernement américain il y a des mois de racheter les créances douteuses et de prendre des participations partielles pour aider les banques dans leur recapitalisation – c’est le principe du plan Paulson adopté récemment. "Nous avons suggéré aux Américains de mettre en place le plan Paulson. Ils ont été longs à réagir, mais finalement ils l’ont fait."

 

"La crise se répand sur l’ensemble de la planète"

 

L’intervention du FMI dans la crise actuelle est différente de son action pendant la crise argentine. "Ces crises étaient des crises des monnaies, a-t-il expliqué, alors qu’aujourd’hui on assiste à une crise des systèmes bancaires, c’est à dire à la marge des activités du FMI. Mais on a tout de même conseillé les gouvernements, on leur a dit de recapitaliser les banques. J’ai activé les procédures d’urgence du FMI. La crise n’est pas limitée aux pays originaires, mais elle se répand sur l’ensemble de la planète. Les pays ne trouvent plus de financement."

Comme il l’avait déjà fait un peu plus tôt lors d’une conférence de presse, DSK a expressément demandé aux pays européens de mieux coordonner leurs politiques. "On comprend humainement que les Européens agissent chacun de leur côté, mais regardez avec l’Irlande, cela a créé un appel d’air, entraîné des flux de capitaux. C’est déstabilisant."

Quant à l’intervention concertée des banques centrales, "c’est bien qu’elles aient agi de manière concertée, mais ce n’est qu’un élément, il faut mettre en place d’autres éléments pour rassurer, a-t-il estimé. Aujourd’hui, tout est gelé. Il faut arriver à décoincer la situation."

Dominique Strauss-Kahn est favorable à la proposition du Premier ministre britannique Gordon Brown de garantir les prêts interbancaires. "C’est révolutionnaire et c’est une idée que je soutiens. Il faut que le prêteur ait à nouveau confiance en l’emprunteur."

 

Un nouveau Bretton Woods ?

 

Le patron du FMI participe à la réunion du G7, qui démarre ce vendredi. Il compte parler du problème central de la coordination. Il apportera aussi des éléments de discussions sur les politiques économiques. "Je suis sceptique sur leur efficacité tant qu’on n'est pas revenu à la confiance."

Il est également revenu sur la nécessité du plan Paulson et des plans de sauvetage des banques. "Il y a beaucoup d’expériences où le contribuable s’y est retrouvé. Dans les pays scandinaves, il a fait des bénéfices. Si tout est bien mené, ça peut marcher."

DSK souhaite enfin que des leçons soient tirées de la crise financière. Un nouveau Bretton Woods ? L’idée lui paraît excessive car on ne part pas de zéro comme après la guerre. "Il faut faire en sorte qu’au lendemain de la crise, on n’oublie pas la crise. Il faut mettre en place une réorganisation du système. Les institutions doivent s’adapter à la mondialisation d’aujourd’hui."

 

Commentaires (1)

Encore un qui avait tout prévu, mais que l'on a pas écouter.

Aujourd'hui, il y un nombre incalculable "d'experts", DSK, Villepin, Minc pour n'en citer que quelques-uns qui nous disent avoir depuis longtemps prévu cette crise, mais comme elle ne les affectait pas directement, n'avait pas d'incidence sur leurs propres trains de vie, ont oubliés de nous prévenir. Ils tous d'accords pour sauver leurs copains banquiers, mais pas un seul pour sauver le contribuable qui reste le grand b.... de l'histoire.

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