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Le Nobel décerné à l'écrivain français Le Clézio

Dernière modification : 13/10/2008

Le romancier français Jean-Marie Le Clézio a obtenu le prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son œuvre. Le nom de l'auteur du "Procès-Verbal" (1963) et de "Désert" (1980) circulait depuis plusieurs jours dans les cercles littéraires.

En attribuant à Jean-Marie Gustave Le Clézio le prix Nobel de littérature 2008, l’Académie suédoise a salué un "écrivain de la rupture, de l'aventure poétique et de l'extase sensuelle, l'explorateur de l'humanité au-delà et en dessous de la civilisation régnante." Le romancier se rendra le 10 décembre à Stockholm pour recevoir un chèque de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d'euros).


Lors d’une conférence de presse donnée dans les locaux des éditions Gallimard, l’intéressé a répété sa foi dans la littérature : "Continuer à lire des romans, c’est un très bon moyen d’interroger le monde actuel, sans avoir des réponses qui soient trop schématiques. Le romancier n’est pas un philosophe, pas un technicien de la parole, mais quelqu’un qui écrit et qui pose des questions."

 

De la Thaïlande au Mexique en passant par le Nigeria


Romancier avant tout, aimant peu se livrer, même dans ses livres, Le Clézio avait déclaré, le matin même de l’annonce du prix Nobel, lors d’une interview menée par Vincent Josse sur la radio France Inter : "Je n’écris que des romans. Même 'L’Africain' est un roman, et non un essai biographique. J’écris des romans car je suis incapable d’écrire des mémoires et de considérer que ma vie a un intérêt."


Pourtant, les livres de Le Clézio sont des voyages dans le souvenir de ses propres pérégrinations, à commencer par l’Île Maurice, théâtre de son premier roman "Le Procès-verbal" (récompensé par le prix Renaudot en 1963 alors qu’il n’a que 23 ans), et lieu de naissance de ses aïeux paternels. En 1985, le décor du "Chercheur d'or" est également mauricien. Une île de paradis perdu, dont le charme est rompu par la dureté des rapports sociaux.


Jean-Marie Le Clézio parcourt le monde depuis l’enfance. Son père, britannique, l’emmène au Nigeria et au Cameroun – expérience évoquée dans "L'Africain" (2004) et dans "Onitsha" (1991). Ses études et ses goûts lui font aimer les rivages de la Thaïlande, les contrées reculées du Nouveau-Mexique et de l’Amérique centrale. Sa curiosité le porte jusqu'au Sahara ("Désert", 1980) au Mexique ("Diego et Frida", 1993), dans la tradition littéraire du voyage initiée par Arthur Rimbaud et Blaise Cendrars.

 

La revanche de l'"utopiste"


"Le Clézio n’est pas un écrivain franco-français. Il crée une littérature ouverte sur le monde, qui va vers l’autre", commente Alice Craven, professeur de littérature comparée à l’université américaine de Paris interrogée sur FRANCE 24. "Il n’a jamais supporté la misère, la guerre, les humiliations, l’exode. Partout où il est passé, il est du côté des humiliés, des faibles. C’est un pur, un écrivain de la paix", estime Jérôme Garcin, journaliste littéraire et écrivain, qui ajoute : "Ce prix Nobel est une très bonne réponse à la fois aux Américains qui prédisent la fin de la culture française, et au petit milieu littéraire parisien, qui a ironisé sur ‘l’utopiste Le Clézio’, dont la prose leur paraissait trop limpide."


A 68 ans, Jean-Marie Gustave Le Clézio a écrit "Ritournelle de la faim", paru en octobre, dans lequel il évoque l’enfance de sa mère -Ethel, dans le roman -, la tourmente des années 1930 et la violence libératrice du "Boléro" de Ravel.

 

Première publication : 09/10/2008

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