Vendredi, octobre 10, 2008 - 14:00
Liste des brèves AFPAfghanistan: l'Otan d'accord pour lutter contre le trafic de drogue Par Pascal MALLET
Les pays de l'Otan ont fini vendredi par se mettre d'accord, après des heures de difficiles discussions, pour s'attaquer pour la première fois en Afghanistan au trafic d'héroïne qui finance les talibans, a indiqué le porte-parole de l'Alliance.
"En ce qui concerne la lutte anti-drogue, la force internationale" placée sous commandement de l'Otan, l'Isaf, "est autorisée à agir de concert avec les Afghans contre les installations et les individus soutenant l'insurrection comme prévu par le plan d'opération existant", a déclaré James Appathurai à la presse.
Ceci, a-t-il souligné, est "fondé sur une demande du gouvernement afghan" et "est conforme aux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU" sur la lutte contre le trafic de drogue et sur le mandat des 50.700 soldats de l'Isaf.
Pour répondre aux préoccupations de pays comme l'Allemagne, la France, l'Espagne et l'Italie, ce genre d'opérations ne sera toutefois menées que "par des troupes qui y auront été dûment autorisées par leurs gouvernements respectifs".
Ces interventions devront aussi "éviter au maximum les pertes de vies civiles", selon le texte de l'accord, un point très sensible sur lequel insistait l'Allemagne notamment.
En outre, "les opérations seront concentrées sur des régions prioritaires" à définir par l'Isaf, a indiqué un diplomate.
A priori il s'agira, selon lui, des sept provinces du sud où culminent à la fois la culture du pavot et les activités des talibans, ce qui répond cette fois aux préoccupations des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Canada et des Pays-Bas, dont les soldats sont présents dans cette zone particulièrement difficile.
"Tout ceci doit faire l'objet d'un premier bilan en février prochain à Cracovie (Pologne) lors d'une prochaine réunion des ministres de la Défense de l'Alliance", a précisé le même diplomate.
Après leurs longues discussions depuis jeudi sur ce sujet, les 26 ministres de la Défense réunis à Budapest ont réussi à surmonter leurs divisions en prenant cependant toutes sortes de "précautions".
La France ne voulait pas de blocage sur cette question mais ne souhaitait pas non plus que l'Isaf soit transformée en unité anti-drogue et que le gouvernement afghan perde, en contradiction avec le droit international, la gestion du dossier du trafic de stupéfiants.
L'Allemagne, dont le parlement doit voter la semaine prochaine l'envoi de 1.000 soldats supplémentaires en Afghanistan, ne voulait pas entendre parler d'un changement de mandat des troupes.
De leur côté, "les Américains et les Britanniques auront les mains libres", comme ils le voulaient, a souligné un diplomate.
Le secrétaire américain à la Défense Robert Gates a insisté sur le fait qu'il ne s'agissait pas de se substituer au gouvernement afghan ou d'éradiquer les champs de pavot mais de démanteler les réseaux de trafiquants, détruire des laboratoires clandestins, intercepter des cargaisons d'opium et d'héroïne, ou encore de produits chimiques entrant dans leur fabrication.
Affirmant que les talibans tirent de 60 à 80 millions de dollars au moins par an de ce trafic pour financer des attaques de plus en plus meurtrières, Washington refusait de fermer plus longtemps les yeux sur la complicité objective des milices islamistes et des trafiquants.
La décision de l'Otan devrait paradoxalement faire un heureux inattendu, la Russie qui, malgré sa brouille avec les Occidentaux sur la Géorgie, continue de coopérer avec eux contre le trafic de drogue en Asie centrale.
Moscou jugeait inexplicable la mansuétude à l'égard des trafiquants dont l'Otan faisait montre, à son avis, en Afghanistan.
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Les pays de l'Otan ont fini vendredi par se mettre d'accord, après des heures de difficiles discussions, pour s'attaquer pour la première fois en Afghanistan au trafic d'héroïne qui finance les talibans, a indiqué le porte-parole de l'Alliance.
© 2007 AFP Attila Kisbenedek
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Les pays de l'Otan ont fini vendredi par se mettre d'accord, après des heures de difficiles discussions, pour s'attaquer pour la première fois en Afghanistan au trafic d'héroïne qui finance les talibans, a indiqué le porte-parole de l'Alliance.
© 2007 AFP Reza Shirmohammadi
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A priori il s'agira, selon lui, des sept provinces du sud où culminent à la fois la culture du pavot et les activités des talibans, ce qui répond cette fois aux préoccupations des Etats-Unis, du Royaume-Uni, du Canada et des Pays-Bas, dont les soldats sont présents dans cette zone particulièrement difficile.
© 2007 AFP Massoud Hossaini

