10 Octobre 2008 - 18H47
- Pérou

Attaque meurtrière de la guérilla maoïste du Sentier lumineux
Au moins 18 personnes ont été tuées au Pérou, dans une attaque attribuée à la guérilla maoïste du Sentier lumineux. L'embuscade visait un convoi de l'armée et a eu lieu près de la vallée du fleuve Ene-Apurimac.

Une embuscade dans le sud-est du Pérou menée contre un convoi de l'armée et attribuée vendredi à la guérilla maoïste du Sentier lumineux, a fait au moins 14 morts et 17 blessés, selon un nouveau bilan

Cette attaque est la plus meurtrière qu'ait connue le pays cette dernière décennie.

Le commandement des Forces armées péruviennes avait auparavant indiqué dans un communiqué que le bilan de l'attaque s'élevait à 7 tués civils, ainsi qu'à onze blessés dont des femmes et des enfants, et 12 tués et plusieurs blessés parmi les militaires".

L'attaque s'est produite contre un convoi de quatre camions de l'Armée qui transportaient des soldats et des civils près de la vallée du fleuve Ene-Apurimac dans le sud-est du pays.

Elle s'inscrit dans un contexte d'offensive militaire réanimée en août dans cette région, une des principales productrices de coca, contre le Sentier lumineux et les colonnes armées de trafiquants de drogue qui ont fait alliance depuis deux ans, selon les autorités péruviennes.

Le convoi "a été pris dans une embuscade de délinquants narco-terroristes du Sentier lumineux (guérilla maoïste, NDLR)) dans le district de Tintaypunco, de la province de Tayacaja, du département de Huancavelica", une région productrice de coca, a précisé l'armée dans le communiqué.

Une guérillera, selon l'armée, a d'abord fait exploser une charge sur le passage du convoi dans un virage avant d'ouvrir le feu avec des fusils automatiques.

Les militaires "ont immédiatement réagi et il s'en est suivi un affrontement qui a duré plusieurs heures", ont précisé les autorités militaires.

Qualifiant cette action de "lamentable", le commandement a estimé qu'elle démontrait que le Sentier lumineux "continuait à faire couler le sang de personnes sans défense, sans discrimination des femmes et des enfants, violant les droits humains de la population et des forces armées".

Cette attaque attribuée à la guérilla maoïste est la plus meurtrière de ses dix dernières années conduite contre les forces armées, selon des rapports officiels.

Les affrontements entre l'armée et le Sentier Lumineux, émaillés de massacres de civils commis de part et d'autre, ont fait environ 70.000 morts entre 1980 et 2000, selon la Commission nationale vérité et réconciliation, un organisme fondé après ce chapitre sanglant de l'histoire péruvienne.

Dans la journée de jeudi, le président péruvien Alan Garcia avait réclamé la fin des poursuites contre les militaires accusés de violation des droits de l'Homme pendant la répression de la guérilla dans les années 1980.

"Qu'attendons-nous pour mettre fin aux persécutions contre les forces armées? Le Pérou doit y penser, à l'intérieur de chaque foyer comme au Congrès", avait alors interrogé M. Garcia au cours d'une cérémonie militaire.

"Combien de temps va-t-on continuer à poursuivre ceux qui ont sauvé le Pérou de cette guerre contre le terrorisme", avait encore déclaré M. Garcia, affirmant que l'armée avait écrit une "page de gloire" en débarrassant le pays de sa "pire menace".

Le fondateur du Sentier lumineux, Abimael Guzman, a été condamné en 2006 à la réclusion à perpétuité. Mais le groupe maoïste connaît une certaine résurgence avec des attaques contre l'armée dans des zones productrices de coca, base de la cocaïne, dont le Pérou est le second producteur mondial.
 

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