Dernière modification : 10/10/2008 

Vent de panique chez les petits porteurs chinois
Vent de panique chez les petits porteurs chinois
La crise fait déchanter les quelque 100 millions de boursicoteurs chinois, qui voient tous leurs actifs fondre. Dans un pays où la Bourse a connu une croissance exceptionnelle ces dernières années, le miracle tourne au mirage.

Pour les petits porteurs chinois, c’est la soupe à la grimace. Devant les écrans de la salle des marchés de la Banque de Chine à Pékin, ils suivent avec attention les cours de la Bourse.

 

“Cela fait dix ans que je joue en bourse, nous explique l’un de ces investisseurs. J’ai beaucoup gagné en 2006 et en 2007. Mais maintenant c’est la baisse”. La Bourse de Shanghai a ainsi perdu 70% depuis le début de l’année et ce n’est pas terminé.

 

Beaucoup ici n’acceptent pas les explications du gouvernement pour qui cette crise est d’abord une crise américaine. Ils accusent Pékin de ne pas faire assez pour limiter les pertes. “Il y a beaucoup de corruption, nous explique une dame. Par exemple, le gouvernement et les officiels se réservent le droit d’acheter des actions non convertibles et dont les cours sont garantis. Mais on ne va pas se laisser faire.”

  

La Bourse, un "casino géant"

 

On compte plus de 100 millions de petits porteurs en Chine. Beaucoup se passionnent pour la Bourse et y ont investi toutes leurs économies. Dans un pays où les systèmes d’assurance et de sécurité sociale sont encore balbutiants, la Bourse est devenue, en quelques années, une solution a tous leurs problèmes. Une sorte de casino géant. Mais la roue a tourné.

 

 “Je boursicote depuis un an, nous explique un jeune homme, mais pour l’instant je n’ai rien gagné. On doit rester optimiste parce que, de toute façon, tout le monde perd de l’argent et on ne peut rien faire.”

  

Une situation que nous a confirmée Zhao Xijun, le directeur-adjoint de l’université de Renmin. “La seule chose que l’on peut faire c’est éduquer nos investisseurs et essayer de stabiliser les marchés financiers. Il faut minimiser l’impact sur les Bourses chinoises et pour cela nous devons expliquer que ce sont surtout les problèmes intérieurs du pays qui expliquent cette baisse et pas seulement la crise financière américaine.”

 

Du miracle au mirage boursier

 

Quelque 92,5% des 765 000 internautes ayant répondu récemment à un sondage en ligne disaient avoir perdu de l'argent depuis le début de 2007, bien avant la chute brutale des marchés. Parmi eux, 60% avaient perdu plus de la moitié de leurs investissements. Et la presse chinoise se délecte des histoires de ces petits épargnants ruinés par la crise comme cet homme d’affaires qui avait tout misé à la Bourse et qui, aujourd’hui, a dû mettre la clef sous la porte.

 

Depuis son plus haut taux historique le 16 octobre 2007, l'indice composite de la Bourse de Shanghai est tombé sous la barre des 2 000 points. Et la chute n’est pas terminée.

 

Après le miracle des années 2006 et 2007, quand la Bourse avait gagné respectivement 130% et 100%, le réveil est donc brutal. Le miracle s’est transformé en mirage et les petits épargnants chinois se demandent maintenant comment récupérer leur argent.

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