Dernière modification : 10/10/2008 

- Énergie nucléaire - États-Unis - Inde


Washington et Delhi signent un accord de nucléaire civil
Washington et Delhi signent un accord de nucléaire civil
Le pacte de coopération sur le nucléaire civil signé ce vendredi met fin à des décennies d'interdiction de collaboration nucléaire entre les États-Unis et l'Inde, ce pays n'étant pas signataire du Traité de non-prolifération.

Les Etats-Unis et l'Inde ont signé vendredi à Washington un pacte historique de coopération nucléaire, ouvrant la voie à une nouvelle ère dans les relations entre les deux pays.
  
Cet accord, qui met fin à des décennies d'interdiction de collaboration nucléaire avec l'Inde, a été paraphé par la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, et le ministre indien des Affaires étrangères, Pranab Mukherjee.
  
"C'est un triomphe diplomatique pour nos deux pays", s'est félicitée Mme Rice avant d'apposer sa signature sur cet accord obtenu après trois ans de négociations, dans un salon d'apparat du département d'Etat.
  
"Cet accord est une preuve supplémentaire de la transformation des relations et du partenariat que nos deux pays construisent de concert", a déclaré M. Mukherjee.
  
Les deux ministres ont salué "le partenariat stratégique" que cet accord scelle entre les Etats-Unis, que Mme Rice a qualifiés de plus vieille démocratie du monde, et l'Inde, qu'elle a présentée comme la plus grande démocratie du monde.
  
La signature formelle de l'accord, prévue initialement la semaine dernière lors d'un déplacement de Mme Rice à New Delhi, avait été reportée à la demande de l'Inde, qui souhaitait que le document soit auparavant paraphé par le président américain George W. Bush.
  
Soucieux de remporter un de ses derniers grands succès diplomatiques, M. Bush a donné à ce pacte force de loi mercredi, au cours d'une cérémonie à la Maison Blanche en présence de 200 invités.
  
"Cet accord envoie un message au monde: les nations qui suivent le chemin de la démocratie et qui ont un comportement responsable trouveront un ami en les Etats-Unis", a déclaré le président américain.
  
Le pacte, conclu en juillet 2005, avait suscité des critiques du fait que l'Inde n'est pas signataire du Traité de non-prolifération (TNP) et qu'il peut indirectement encourager des pays comme l'Iran à poursuivre leur activité nucléaire.
  
Pierre angulaire du rapprochement entre les deux puissances, l'accord autorise les Etats-Unis à vendre à l'Inde des réacteurs nucléaires, du combustible à usage civil et des transferts de technologies. En contrepartie, l'Inde s'engage à ouvrir certaines de ses installations nucléaires aux inspections de l'ONU.
  
Dixième puissance économique mondiale, l'Inde, troisième pollueur de la planète et qui importe 70% de ses besoins en pétrole, veut 60.000 mégawatts supplémentaires d'énergie nucléaire, représentant 100 milliards d'euros d'investissements dans les quinze ans à venir.
  
Pour que l'accord américano-indien s'applique, il a fallu que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et le Groupe des 45 pays fournisseurs de technologies nucléaires (NSG) acceptent la reprise du commerce nucléaire avec l'Inde, levant de facto un embargo mondial de 34 années.
  
Vendredi, Mme Rice a rappelé que cet accord, qui intervient à trois mois de la fin du mandat de M. Bush, avait surmonté de nombreux obstacles. "Beaucoup ont cru que ce jour ne viendrait jamais", a-t-elle noté devant un rassemblement de diplomates des deux pays et d'élus du Congrès.
  
"Nous avons mené à bien trois ans d'efforts extraordinaires de la part de nos deux gouvernements", a renchéri M. Mukherjee. "C'est un jour important pour les relations entre les Etats-unis et l'Inde".
  

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