Serguei Polonski est à la tête d’une des plus importantes sociétés de bâtiment de Russie et il demande aux journalistes de ne pas l’enterrer trop tôt. «Regardez, je suis encore vivant !» dit le chef d’entreprise à l’attention de ceux qui en doutaient. L’entreprise de Serguei Polonsky continue de fonctionner. Mais si les ouvriers terminent les grattes ciels déjà commandés, la crise financière mondiale n’en a pas moins torpillé les perspectives de développement : Jusqu’à nouvel ordre tous les nouveaux projets sont gelés. « Nous avons des projets en cours explique le président du groupe Mirax…Nous ne les avons pas abandonné…On avait prévu de les commencer au premier semestre de l’année prochaine…Pour l’instant on va juste attendre de voir quelle sera la situation à ce moment là… » D’ici là, Serguei Polonsky a signé une lettre ouverte à l’attention des médias : Il se dit à genoux et supplie les journalistes de ne pas tout peindre en noire.
Les journalistes des télévisions d’Etat n’ont pas attendu Serguei Polonsky pour édulcorer leurs comptes-rendus. La bourse russe a beau chuter 2 fois plus que celle Paris et avoir perdu les 2 tiers de sa valeur en quelque mois, cette chaîne télévision nationale ne mentionne pas l’information et ne consacre pas plus de 30 secondes aux marchés financiers.
Dans les couloirs des rédactions russes, on parle de directives venues du Kremlin : Sur ce dossier sensible de la crise financière, l’ordre est d’être positif. A la télévision, « Il est interdit d’utiliser le mot crise quand on parle de la Russie explique Vladimir Vorfolomeev, le directeur en chef adjoint de la radio Echo de Moscou. On ne pas non plus dire que le marché russe s’effondre, ou dire que les actions plongent…Il faut trouver une formule neutre, dire par exemple que la valeur des actions est à la baisse. »
Aucune restriction en revanche lorsqu’il s’agit de Wall Street – là, les journalistes russes parlent de crise et d’inévitable récession pour les Etats-Unis dont le capitalisme achève de démontrer ses limites. « On raconte que les Etats-Unis entraînent le reste du monde dans leur chute, on raconte les malheurs de l’Europe, remarque Vladimir Vorfolomeev. C’est exactement comme à l’époque soviétique : d’un côté l’Occident en train de pourrir et de l’autre une Russie qui, si elle n’est pas en train de prospérer, peut se vanter d’être stable. » En tout cas la formule fonctionne : à en croire les sondages les Russes sont de plus en plus convaincue de la bonne santé de l’économie de leur pays. Les Russes ne sont pas inquiets. Pour l’instant, la crise est ailleurs et ne les touche pas.















Commentaires
Un exemple de la propagande tendencieuse
Les reportages sur la Russie se dégradent de plus en plus. Partis pris à satiété. Varfolomeev comme un expert? C'est ridicule! Une espèce d'expert qui va confirmer tous les préjugés occidentaux contre la Russie.