Corée du Nord - Kim Jong-il - Nucléaire
La Corée du Nord va reprendre son programme de dénucléarisation
Dimanche 12 octobre 2008
Après que Washington a retiré son nom de la liste des États soutenant le terrorisme, la Corée du Nord répond en évoquant une reprise du démantèlement de ses installations nucléaires et de sa collaboration avec l'AIEA.
Dimanche 12 octobre 2008
Par Reuters (texte) / Marion Gaudin (vidéo)La Corée du Nord a annoncé dimanche la reprise du démantèlement de sa centrale nucléaire dYongbyon en réponse à son retrait de la liste américaine des Etats promoteurs du terrorisme, décidée la veille par le département d'Etat.
"Les USA ayant tenu leur engagement en faveur d'une contrepartie politique et d'une procédure de vérification équitable (...), la RPDC (République populaire démocratique de Corée) a décidé de reprendre le démantèlement de ses installations nucléaires de Yongbyon", a déclaré un représentant du ministère des Affaires étrangères, cité par l'agence de presse nord-coréenne KCNA.
Pyongyang, a poursuivi le porte-parole, "va autoriser les inspecteurs des Etats-Unis et de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique) à effectuer leur mission sur le principe d'un acte pour un acte".
Entamée en novembre, la procédure de démantèlement du réacteur de Yongbyon, pièce maitresse du programme nucléaire militaire de la Corée du Nord, a pratiquement été menée à bien. Elle a été conçue pour faire en sorte que sa remise en service demande au moins un an.
Les Etats-Unis ont retiré la Corée du nord de leur "liste noire" après avoir obtenu la semaine dernière des assurances de sa part en ce qui concerne les procédures de vérification.
"La Corée du Nord demeure l'objet de nombreuses sanctions résultant de son essai nucléaire de 2006, de ses activités de prolifération, de ses violations des droits de l'homme et de son statut d'Etat communiste", a toutefois souligné samedi Sean McCormack, porte-parole du département d'Etat.
REACTIONS NEGATIVES ATTENDUES
"Notre gouvernement salue ces initiatives qui pourraient conduire à la normalisation des négociations à six et l'abandon des programmes nucléaires nord-coréens", s'est félicité dimanche le diplomate sud-coréen chargé du dossier.
Shoichi Nakagawa, ministre japonais des Finances, a en revanche jugé la décision américaine "extrêmement regrettable". Tokyo réclamait le règlement préalable de la question des enlèvements de ressortissants japonais par la Corée du Nord, très sensible dans l'archipel.
L'initiative de Washington, qui fait suite à plusieurs jours de consultations internes et à une visite de l'envoyé spécial Chris Hill, la semaine dernière, à Pyongyang, a également suscité une vague de réprobation dans les milieux républicains conservateurs.
L'ancien représentant permanent des Etats-Unis à l'Onu, John Bolton, a jugé les mesures de vérification "pathétiques", ajoutant que la Corée du Nord avait obtenu pour rien une victoire politique.
Le candidat démocrate à la Maison blanche Barack Obama a quant à lui qualifié l'accord sur les mesures de vérification de "modeste pas" dans le processus de dénucléarisation.
A trois mois de la fin du mandat de l'administration Bush, la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice espérait arracher un
succès de politique étrangère avec la Corée du Nord - que le président George Bush a rangé dans son "axe du mal", au début de son premier mandat.
Aux termes d'un accord général conclu en 2005 par les deux Corées, la Chine, le Japon, la Russie et les Etats-Unis, le
régime nord-coréen s'est engagé à renoncer à tout programme nucléaire en échange d'avantages économiques et diplomatiques.
Dans le cadre d'un accord ultérieur, les Etats-Unis avaient laissé entendre qu'ils retireraient la Corée du Nord de leur
liste noire si Pyongyang déclarait de façon "complète et exacte" l'ensemble de ses programmes nucléaires.
Cet accord avait cependant achoppé sur le fait que la Corée du Nord rechignait à accepter un mécanisme autorisant les
Etats-Unis ou d'autres pays concernés à vérifier qu'elle tenait ses engagements dans ce domaine.
Jeudi dernier, les autorités nord-coréennes ont interdit aux inspecteurs de l'AIEA de pénétrer dans le complexe nucléaire de Yongbyon, deux ans jour pour jour après le premier essai nucléaire nord-coréen.
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