13 Octobre 2008 - 09H56
- Allemagne - Crise financière

Berlin envisage un plan de sauvetage de 470 milliards d'euros
Selon une source gouvernementale, la chancelière allemande Angela Merkel devrait annoncer lors de sa conférence de presse un plan de sauvetage bancaire d'un montant de 470 milliards d'euros.

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Au lendemain d'une réunion de l'Eurogroupe à Paris, l'Allemagne présentait lundi son propre plan de sauvetage des banques, d'un volume attendu de 470 milliards d'euros, une volte-face dont la chancelière Angela Merkel espère qu'elle aidera à restaurer la confiance.

Berlin devrait accorder une garantie d'un montant total de 400 milliards d'euros des prêts de banque à banque, pour tenter de dégripper un marché interbancaire complètement verrouillé, et mettre à disposition 70 milliards d'euros pour recapitaliser des instituts en difficulté, ont indiqué lundi à l'AFP des sources gouvernementales.

La chancelière réunit lundi à 11H00 GMT son gouvernement pour lui soumettre le principe d'un plan sur le modèle britannique, dont les grandes lignes étaient saluées lundi par les commentateurs.

Elle donnera une conférence de presse à 13H00 GMT, tandis que son ministre des Finances se présentera devant les journalistes une demi-heure plus tard.

"Nous prendrons ces mesures au niveau national simplement pour assurer la survie de l'économie et garantir le patrimoine des gens", avait déclaré Mme Merkel dimanche soir. Stabiliser le système financier est "un devoir que nous avons, même si cela entraîne des décisions difficiles".

Manfred Weber, membre de la direction de la Fédération des banques privées allemandes, a jugé lundi que l'initiative de l'Etat allait "absolument droit au but."

Les finances de l'Etat allemand vont souffrir de la mise en place du plan, bien que les 400 milliards d'euros prévus ne doivent pas avoir d'impact budgétaire immédiat.

M. Steinbrück a d'ores et déjà reconnu lundi qu'il lui faudrait abandonner son grand objectif d'un budget de l'Etat fédéral à l'équilibre à 2011.

"Il ne faut pas être plus royaliste que le roi", commentait le quotidien des affaires Handelsblatt. "Si même la Grande-Bretagne et les Etats-Unis en appellent de manière pragmatique au secours de l'Etat, alors nous autres Allemands pouvons aussi nous détendre quand il s'agit de parler d'interventions publiques."

Les chefs de gouvernement de la zone euro, réunis à Paris dimanche en présence du président de la Banque centrale et du président de la Commission européenne, se sont mis d'accord sur ce que la chancelière a appelé une "boîte à outils", série de mesures à décliner au niveau national. Outre l'Allemagne, la France et l'Italie détailleront lundi au même moment les mesures qu'elles prévoient.

Les pays de la zone euro montrent ainsi une sorte de front uni, qui leur faisait encore défaut la semaine dernière. La France et l'Allemagne, en particulier, s'opposaient sur les réponses à apporter à la crise, Berlin prônant avec constance des solutions au cas par cas.

Mais l'ampleur de la crise -- crise du crédit, où les banques ne se prêtent plus d'argent entre elles, et crise boursière --, a conduit la chancelière conservatrice et son ministre des Finances Peer Steinbrück à changer leur fusil d'épaule. Depuis jeudi ils préparaient le terrain à l'annonce d'un plan national.

Comme les autres places mondiales, la Bourse de Francfort s'est effondrée la semaine dernière, et le Dax perdu plus d'un cinquième de sa valeur. Lundi il se reprenait vivement, prenant plus de 6% vers 09h00 GMT.

Pour le moment, hormis la banque Hypo Real Estate déjà sauvée deux fois in extremis de la faillite, aucune banque allemande n'a encore fait état de risques ou de pertes majeurs. Mais les appels à une intervention de l'Etat se sont faits plus pressants, à mesure que les conditions sur le marché du crédit se sont dégradées.

En outre les rumeurs de risques très importants encourus par certaines banques régionales allemandes ont enflé ces derniers jours.

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