13 Octobre 2008 - 13H58
- Crise financière

Sarkozy annonce un plan d'action de 360 milliards d'euros
L'État consacrera jusqu'à 40 milliards d'euros pour recapitaliser les banques en difficulté et apportera une garantie "payante" des prêts interbancaires jusqu'à 320 milliards d'euros, a annoncé le président Nicolas Sarkozy.

Lire aussi notre dossier: "Le capitalisme mondial sur la sellette"

 

"L’Europe unie a fait plus que les Etats-Unis en montant engagé", s’est félicité le président Nicolas Sarkozy, au lendemain du sommet de l'Eurogroupe consacré à la crise financière. Et pour cause, à elles deux, l’Allemagne et la France ont d’ores et déjà annoncé qu’elles débloqueraient 840 milliards d’euros pour voler au secours de leurs banques.

Lors d’une conférence de presse commune, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont dévoilé les déclinaisons nationales du plan de sauvetage arrêté dimanche par le sommet de l'Eurogroupe.

Après s’être félicité du "pas décisif franchi avec la réunion à Paris" de l’Eurogroupe, Nicolas Sarkozy a assuré qu’il fallait "d’abord débloquer le marché des prêts entre les banques, celles-ci ne se faisant plus confiance, elles ne se prêtent plus entre elles".

 

"L’État français ne laissera aucun établissement bancaire faire faillite"

Sur les 360 milliards d’euros du plan français de sauvetage, 320 milliards d’euros seront consacrés à "assurer la garantie des emprunts contractés par les banques avant le 31 décembre 2009". Ce montant devrait permettre, selon Nicolas Sarkozy, de "réinstaurer la circulation de l’argent entre les banques".

"Je tiens à signaler que ce montant est un maximum, sans doute ne sera-t-il jamais atteint", a déclaré Nicolas Sarkozy, en assurant que le contribuable n’accusera "en aucun cas le coût, car la garantie ne sera débloquée qu’en cas de défaillance d’un établissement bancaire". Dans une telle situation, la rémunération de la garantie sera inscrite dans le budget de l’État.

40 milliards d’euros fourniront "des fonds propres aux établissements de crédit solvables". "Nous mettrons des fonds propres à disposition de toutes les banques qui en feraient la demande", a poursuivi le président français.

"L’État français ne laissera aucun établissement bancaire faire faillite", a-t-il encore déclaré. "En cas d’urgence, l’État prendra le contrôle des banques en difficulté" a-t-il annoncé, affirmant que les directions de ces banques seront limogées, car "les responsables doivent être punis".

Dans le même sens, Nicolas Sarkozy s’est engagé contre un "capitalisme spéculatif insensé" en obligeant les banques, en échange d’une aide, à signer une charte éthique. "Je pense notamment aux dérives scandaleuses des rémunérations", a-t-il déclaré avant de souligner son souhait de voir les banques financer les projets "des particuliers, des entreprises et des collectivités territoriales".

L’Allemagne consacre 480 milliards d’euros contre la crise

Le gouvernement allemand a adopté un projet de plan de soutien au secteur bancaire, pour un montant de 480 milliards d’euros. 80 milliards d'euros sera consacré à la recapitalisation des banques, 400 milliards d'euros prendront la forme de garanties sur les échanges interbancaires.

"Ce plan va permettre de redonner confiance", a déclaré la chancelière allemande. Le plan doit être adopté à la fin de la semaine par le Parlement et pourrait entrer en vigueur dès vendredi.

La chancelière allemande et le président français ont, lors d’une conférence de presse commune, appelé à la refonte du capitalisme.  "Il faut envisager une modification des règlementations internationales", a déclaré Angela Merkel.

"Il est nécessaire de tenir un sommet du G8 et des pays émergents pour refonder un capitalisme. Nous voulons un capitalisme d’entrepreneurs", a renchéri Nicolas Sarkozy.
 

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