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Wall Street en hausse, rebond des marchés européens

Dernière modification : 13/10/2008

La Bourse de New York a ouvert en forte hausse lundi, après les interventions massives des gouvernements européens et américain ce week-end : le Dow Jones gagnait 4,39% et le Nasdaq 5,35%.

La Bourse de New York a ouvert en forte hausse lundi, après les interventions massives des gouvernements européens et américain ce week-end face à la crise financière: le Dow Jones gagnait 4,88% et le Nasdaq 4,71%.
   
Vers 13H40 GMT, le Dow Jones Industrial Average (DJIA) prenait 412,26 points, à 8.863,45 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 77,62 points, à 1.727,13 points.
   
L'indice élargi Standard & Poor's 500 progressait de 4,69% (42,15 points), à 941,37 points.
   
Vendredi, Wall Street avait fini sans direction claire une séance marquée par une volatilité extrême: le Dow Jones avait perdu 1,49% et le S&P 500 1,17% tandis que le Nasdaq gagnait 0,27%.
   
Après une semaine de panique boursière, le Dow Jones cédant 18% en cinq séances, le Trésor américain a annoncé lundi matin qu'il était en train de "mettre sur pied un programme d'achat d'actions dans une large gamme d'institutions financières" dans le cadre de son plan de sauvetage des banques.

 

Embellie sur les places européennes

 

Les marchés européens ont eux aussi nettement rebondi lundi, après une semaine de débâcle historique, alors que les pays de la zone euro commençaient à détailler leurs plans d'aide aux banques dans le cadre d'une réponse mondiale à la crise financière.
   
Après la pire semaine de leur histoire, les Bourses européennes se reprenaient lundi: à 11H45 GMT, Londres gagnait 4,23%, Paris 5,58% et Francfort 6,75%.
   
Imitant le plan de sauvetage britannique annoncé la semaine dernière, les Européens ont commencé à dévoiler lundi des montants spectaculaires pour soutenir leur secteur financier. Mot d'ordre affiché: mesures choc et coordination exemplaire.
   
L'Allemagne, première économie européenne, a débloqué 480 milliards d'euros, dont 80 milliards pour recapitaliser des établissements en difficulté et 400 milliards pour garantir les échanges interbancaires.
   
Ce soutien en deux volets (garanties aux crédits interbancaires jusqu'au 31 décembre 2009 et recapitalisation des banques menacées de faillite), déclinable dans chaque pays en fonction des besoins, avait été décidé par les dirigeants de l'Eurogroupe dimanche à Paris. Il vise à réamorcer la pompe du financement, qui est pratiquement tombée à l'arrêt et menace de paralyser l'économie.
   
Le gouvernement espagnol a annoncé lundi qu'il allait garantir les prêts interbancaires jusqu'à 100 milliards d'euros pour 2008.
   
Selon le quotidien Le Monde, la France garantirait 300 milliards d'euros jusqu'à fin 2009.
   
Comme espéré, le marché des prêts entre banques, dont le blocage est au coeur de la crise, se détendait lundi à la mi-journée. Les taux à trois mois déclinaient, signe que les établissements financiers étaient moins réticents à se prêter de l'argent.
   
A Paris, cependant, le titre de la banque Société Générale a décroché brutalement lundi à la mi-séance plombé par des rumeurs d'augmentation de capital. L'action Société Générale a plongé momentanément avant de se reprendre.
   
Aucun montant global n'a été avancé pour l'ensemble des mesures européennes, qui font écho au plan Paulson de 700 milliards de dollars adopté début octobre par les Etats-Unis et concrétisent les engagements pris vendredi soir au G7 de Washington.
   
Les réunions du G7 et de l'Eurogroupe "nous préparent à une nationalisation progressive, partielle ou totale, du secteur bancaire", ont estimé des analystes de Global Equities.
   
Londres a brisé ce tabou le premier lundi en annonçant qu'il investirait jusqu'à près de 50 milliards d'euros dans trois des plus grandes banques du pays, RBS, HBOS et Lloyds TSB, provoquant leur nationalisation de fait.
   
Au terme d'opérations de refinancement massives, le gouvernement pourrait détenir jusqu'à 60% du capital de la Royal Bank of Scotland (RBS), au sein de laquelle il pourrait réclamer jusqu'à trois postes d'administrateurs.
   
La RBS a d'ailleurs annoncé que son président Tom McKillop allait quitter son poste, tout comme son directeur général et le directeur du département "marchés mondiaux".
   
Le gouvernement pourrait prendre aussi jusqu'à 43,5% au sein du groupe constitué par la fusion de Lloyds TSB et HBOS.
   
De son côté, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé lundi une action concertée de plusieurs instituts d'émission -- BCE, Banque d'Angleterre et Banque nationale suisse, auxquelles pourrait s'associer la Banque du Japon -- pour alimenter les marchés en dollars avec des montants illimités.
   
"Les banques pourront emprunter le montant qu'elles veulent au cours de ces opérations" à 7, 28 et 84 jours, a précisé la BCE, soucieuse d'envoyer un signal fort aux marchés.
   
La mobilisation internationale a été unanimement saluée.
   
"Je pense que nous avons maintenant une réponse complète à la crise et je pense que le marché va refléter cela", s'était félicité dès dimanche le directeur général du Fonds monétaire international (FMI) Dominique Strauss-Kahn.
   
"Il n'y a pas de raison aujourd'hui, ni pour les déposants, ni pour les intervenants sur le marché, ni pour les chefs d'entreprises de craindre quelque chose", a-t-il ajouté lundi.
   
Mais les dirigeants européens redoutent que les aides massives aux banques choquent l'opinion publique. La population, déjà victime de la crise à travers l'inflation et le chômage, pourrait avoir l'impression de payer à la place des coupables.
   
"Il ne s'agit pas de faire des cadeaux aux banquiers, il s'agit de faire en sorte que les consommateurs, les investisseurs puissent continuer à fonctionner d'une façon rationnelle", a souligné lundi le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker. "Les banques qu'on assistera devront payer", a-t-il ajouté.
   
Par ailleurs, le FMI, à l'instar des dirigeants européens, a l'intention de tirer les leçons de la crise en vue de réformer un système financier qui a démontré ses faiblesses.
   
"Ce que je constate aujourd'hui, c'est que le marché laissé à lui-même est parti dans le mur" et la crise a montré la nécessité de "réorganiser le système", a déclaré lundi M. Strauss-Kahn.
   
Le Premier ministre britannique Gordon Brown a aussi réclamé une vaste réforme du système financier international dans le cadre d'un "nouveau Bretton Woods", la conférence sur la régulation financière tenue aux Etats-Unis en 1944.
   
L'Américain Paul Krugman, économiste spécialiste des échanges commerciaux et de la mondialisation, qui s'est vu décerner lundi le prix Nobel d'économie, a d'ailleurs rendu hommage au plan d'action de M. Brown qui a inspiré les Européens. Il s'est même demandé si le Premier ministre britannique "n'avait pas sauvé le système financier mondial".
   
Partout dans le monde, les gouvernements s'efforçaient de rassurer épargnants et investisseurs.
   
Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a ordonné lundi à son gouvernement d'accélérer la mise en place du plan anti-crise financière pour qu'il parvienne au plus vite au consommateur.
   
L'Australie et les Emirats arabes unis avaient annoncé dimanche une garantie des dépôts dans leurs banques pendant trois ans.
   
Les marchés asiatiques ont bien rebondi lundi: Hong-Kong a clôturé sur un bond de 10,2%, la Bourse chinoise de Shanghai a gagné 3,65%, Sydney 5,55% et Séoul 3,79%.
   
A Tokyo, après le krach historique de la semaine dernière (-9,62% vendredi et -24,33% sur la semaine), la Bourse était fermée pour cause de jour férié.
   
Dans le Golfe, les Bourses étaient nettement en hausse lundi, celle de Ryad, la plus importante du monde arabe, gagnant 8,2% à mi-séance.

Première publication : 13/10/2008

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