Dimanche 23 novembre 2008

1929/2008 : mêmes causes, mêmes effets ?

Mardi 14 octobre 2008

Va-t-on connaître la même récession que dans les années 1930 ? Si les causes de la crise de 1929 ressemblent étrangement à celles qui ont engendré la crise actuelle, la gestion politique apparaît différente. Pour le moment, du moins.

Dossier   Le capitalisme mondial sur la sellette

Mardi 14 octobre 2008

1929-2008 : un contexte semblable

1. L’économie américaine est florissante.

 

Dans les années 1920, l’économie américaine jouit d’une économie prospère. Le président républicain Herbert Hoover, investi en mars 1929, déclarait alors : «la paix va régner pendant de nombreuses années » et « le monde est sur le seuil d'une grande expansion commerciale. » Certes, il y avait de quoi être optimiste. La production industrielle, surtout automobile, était en plein essor.

Les chiffres de l’économie américaine de ces dernières années sont également bons. Le PIB a enregistré une croissance de 2,2 % en 2007 (2,9 % pour l’Union européenne), de 3,4 % en 2006 (contre 3,0 % dans l’Union européenne) et 3,2 % en 2005.

 

Mais, note Olivier Pastré, professeur à Paris VIII, l’économie américaine -et donc mondiale- avait ralenti dès le milieu des années 1920, avant même le krach boursier. Or actuellement, fait-il remarquer, la croissance des pays asiatiques –environ 10% attendus en Chine en 2008- est en mesure de tirer la croissance américaine et mondiale.

 

2. Cette croissance s’est accompagnée d’une frénésie spéculative, dans les années 1920 comme dans les années 2000.

En 1927, 577 millions d'actions sont échangées à la Bourse de New York. L’année suivante, 920 millions d'actions circulent à Wall Street.

 

Les volumes échangés sont nettement plus importants aujourd’hui (plus de 2 milliards de titres s’échangent quotidiennement sur le seul marché du Nasdaq). Mais la variation des volumes entre 2007 et 2008 est sensiblement la même qu’entre 1927 et 1928. En juin dernier, le nombre de titres échangés par jour sur le marché du NASDAQ avait augmenté de 49% par rapport à juin 2007.

 

3. Le crédit facile

 

Dans les années 1920, la prospérité de l’économie rend plus facile la possibilité de contracter des crédits. La spéculation boursière attire beaucoup de citoyens. Surtout qu’il est possible de payer seulement 10% d’une action et de prendre une créance pour les 90% de la valeur restante. Ces 90% restants faisaient l’objet d’une spéculation boursière. Lorsque la machine boursière s’est grippée en octobre 1929, les courtiers ont réclamé leur dû à ces petits actionnaires qui se sont ruinés à essayer de rembourser leurs dettes.

 

La situation est curieusement similaire aujourd’hui. Les crédits « douteux » ne portent pas sur les titres boursiers, mais sur les prêts immobiliers. Ce sont les fameux « subprimes » : des prêts à taux variables accordés en grand nombre, et sur lesquels les marchés financiers ont spéculé. « Les mécanismes sont les mêmes », explique Jacques Attali sur le site lemonde.fr le 17 septembre dernier. « On a laissé les gens s'endetter en donnant comme actifs des valeurs fictives de biens qui n'étaient qu'artificielles. En 1929 c'étaient les titres boursiers, aujourd'hui c'est l'immobilier. »

 

1929-2008 : Des paniques boursières et bancaires similaires

 

Dans les deux cas, le séisme boursier est parti du marché new-yorkais (contrairement par exemple à la crise de 1997, partie des pays émergents asiatiques et sud-américains).

 

L’ampleur des baisses boursières est comparable. Selon Robert Parker, vice-président de Credit Suisse Asset Management, la baisse des actions depuis l’été 2007 est aussi rapide, sinon plus, qu'en 1929. « À l'époque, les marchés avaient perdu 49 % en quatorze mois, nous en sommes à 45 % en dix mois », dit-il au Figaro, le 10 octobre dernier.

 

Passé le "jeudi noir" du 24 octobre 1929, plusieurs paniques boursières de moindre ampleur se sont succédées dans les années 1930-1933. En trois ans ont disparu 9000 banques, soit 15% des dépôts du système bancaire (source : Crises financières, Economica, 2001).

 

Depuis l’été 2007, les établissements bancaires sont également les premiers touchés : Fannie Mae et Freddie Mac, Lehman Brothers, Northern Rock… Aux Etats-Unis, en Asie et en Europe, les annonces de nationalisations partielles ou totales de banques par l’Etat se multiplient depuis la mi-septembre.

 

1929-2008 : des solutions politiques différentes ?

 

Là où la comparaison est la plus intéressante, c’est au sujet de l’après-crise. La question taraude les acteurs économiques : est-ce que les leçons de 1929 ont été tirées ?

 

Oui, si l’on regarde l’activisme actuel des banques centrales et des gouvernements : autant le plan Paulson aux Etats-Unis que ceux annoncés le 13 octobre par les gouvernements du Royaume-Uni, de France et de l’Allemagne proposent d’injecter des milliards pour soutenir les banques et encourager la liquidité sur les marchés des crédits. Depuis un an, la Fed veille à garantir une certaine liquidité du marché financier en assurant des taux d’intérêt peu élevés. Une attitude suivie par l’ensemble des banques centrales européennes et asiatiques, qui ont abaissé, début octobre, leurs taux directeurs.

 

Or en 1929, une seule tentative de sauvetage a été opérée par la Banque de réserve fédérale de New York, peu après le krach boursier d’octobre. Cela a permis aux marchés financiers de rebondir momentanément. Mais la morosité boursière a duré trois ans et l’argent s’est au contraire raréfié : les taux directeurs des banques centrales sont restés élevés, et les possibilités de crédit se sont restreintes, asséchant l’économie. C’est bien ce qui a été reproché au président Herbert Hoover, et permis l’élection de Franklin Delano Roosevelt en 1932. Ben Bernanke note, dans son Essai sur la Grande Dépression (paru en 2000), que ce sont les pays qui ont abandonné les premiers l'étalon or et relancé l'offre de monnaie qui se sont relevés le plus vite : ils ont réussi à casser la spirale déflationniste et à faire remonter les prix.

 

Autre différence : l’économie mondialisée actuelle est beaucoup plus ouverte que dans les années 1930. Les gouvernements avaient alors favorisé une politique protectionniste, en pensant relancer l’économie de l’intérieur. Les échanges commerciaux mondiaux avaient chuté. Un problème qui semble être évité aujourd’hui, notamment grâce au boom industriel et consumériste des pays émergents comme la Chine, l’Inde et le Brésil.

 

La comparaison entre 1929 et 2008 s’arrête là. La récession américaine s’est surtout manifestée à partir de 1930 jusqu’en 1935, avec un chômage massif. Il est donc trop tôt pour savoir si les pays industriels vont échapper à la « grande dépression ». Il faut seulement espérer que le plus grand spécialiste de la crise de 1929, qui n’est autre que Ben Bernanke, actuel président de la Fed, prendra les bonnes décisions…


 


 

  • 06/11/2008 19:21:19 Signaler un abus

    1929-2008 : un contexte semblable

    Mon avis sur l'article : Pour moi , on ne doit pas remettre en question le capitalisme . Depuis 10 ans , on ne peut plus parler de capitalisme mais de Creditalisme . C'est une société qui vit artificiellement grace aux crédits . Depuis 2006 , la Banque de France avait tiré la sonnette d'alarme en annonçant que les Français étaient endettés à la la hauteur de 60% (un des plus haut au monde) tiré par l'immobilier et le "crédit pour tous" . Je pense que le "crédit pour tous" a disparu à jamais depuis 1 an , c'est un retour à la normale après 10 ans d'articiel . Reste à savoir combien de temps , il faudra aux banques pour payer leur pertes et prêts , c'est la clef de la relance . 1929-2007 : aucune différence : au moins 3 ans pour retrouver une consommation normale .

  • 06/11/2008 19:15:37 Signaler un abus

    FIN DU CAPITALISME ?

    Ce n'est ni la victoire des anti capitalistes, ni la fin du capitalisme. C'est le début de ce que l'on peut espérer, après 1968, après 1989, après l'élection d'OBAMA d'une période plus responsable de l'être humain pour ses congénères. L'espoir fait vivre et les promesses n'engagent souvent que ceux qui les écoutent. Et pourtant sans un saut de géant en avant, l'humanité et en tout cas le modèle occidental, pour ne pas parler de civilisation décline depuis 1972 et va lentement vers sa fin. Peut-être est-ce l'envie des plus nantis. Une solution Far-West arrengerait certains. Mais à quel prix ?

  • 06/11/2008 18:59:40 Signaler un abus

    LA FIN DU CAPITALISME

    Oui j'espère que c'est la fin du capitalisme - C'est un échec. Il faut passer à autre chose.
    Ne pas essayer de sauvez les capitalistes avec notre argent.

  • 06/11/2008 15:30:43 Signaler un abus

    chacun son tour !...

    Le communisme est mort ; aujourd'ui c'est le tour du capitalisme !..
    mais qui trinque et bien sur c'est toujours la masse !...
    si rien n'est fait..Mesdames Famine et Guerre nous feront un grand sourire !...
    qu'allons nous laisser à la nouvelle génération ?

  • 06/11/2008 15:30:13 Signaler un abus

    antcapitalisme

    non je ne pense pas
    Les gens et nos dirigeants sont tres forts pour nous faire oublier qui sont les responsables de la crise fnancier

  • 06/11/2008 15:26:32 Signaler un abus

    crise financiére

    je pense sincérement que cette crise va remettre les "pendules" à l'heure et j'espére que les gens vont revenir à une consommation plus saine et moins "bling-bling". Nous pouvons trés bien vivre sans un tas de choses que l'on nous présente comme indispensable...

  • 06/11/2008 15:14:27 Signaler un abus

    le capitalisme

    Il est terminé pour les plus petits bien sûr, qui n'ont pas de capitaux suffisants bien plaçés, mais il y en aura toujours.

  • 06/11/2008 15:13:25 Signaler un abus

    néo néo capitalisme

    Il s'agit à mon sens davantage d'une nouvelle génération du capitalisme qui devra se dessiner pour ne pas enterré complètement un système qui de toute manière ne peut pas l'être.

  • 06/11/2008 14:58:05 Signaler un abus

    Capitalisme

    Les réactions à la crise actuelle ne justifient pas l'appellation d'anticapitalisme. Elles appellent néanmoins un retour à un encadrement beaucoup plus contraignant du développement des marchés financiers et des produits dériés en particulier. Il faut arrêter de faire n'importe quoi, y compris vendre ce qu'on ne possède pas, le matin
    Halte à la spéculation à tout va. Halte au gain "sans risque" que permet le système. Halte à l'irresponsabilité. Halte à l'absence de sanction envers les responsables et leur hiérarchie. Halte à la surenchère des salaires des dirigeants des organismes financiers. Halte à la seule rémunération des actionnaires, au détriment de ceux qui produisent réellement le résultat des entreprises. Halte au pantouflage : ce n'est pas parce qu'on est détenteur d'un diplôme de l'ENA, qu'on a la capacité de gérer une grande entreprise avec en prime la possibilité de partir avec un pont d'or, ets sans recherche réelle de résponsabilité ni civile ni pénale.

    La vente de créances en cascade, constitue une fuite en avant des organismes financiers plusà l'écoute des des organismes de cotation et du marché (phénomène d'imitation) que préoccupés de contrôler la valeur de leur portefeuille.

  • 06/11/2008 14:53:32 Signaler un abus

    crise du capitalisme

    Fin du capitalisme? Bullshit! Le capitalisme est protéiforme. A chaque crise, il s'est adapté. Par ailleurs, il n'existe aujourd'hui aucun système pour le remplacer. Alors, au capitalisme succédera un autre capitalisme. Si on arrêtait un peu de bêtifier!

  • 06/11/2008 14:45:12 Signaler un abus

    crise financiere

    tout d abord c est une crise sur le credit bancaire au depart: donc si l on avait surtaxe la speculation financiere sur les credit cela aurait limite le montant du crash (moins de speculation). finalement pour combler l enorme trou financier les mesures prises sauvent les banques au détriment de tout les citoyens sans inquiéter outre mesure les responsables ( a part quelques cas exeptionnels) qui continuent a profiter du systeme.. pour moi cela est contradictoire avec le systeme capitalisme qui devrai récompenser le mérite.. c est donc une "escroquerie" de type mondial..

  • 06/11/2008 14:35:46 Signaler un abus

    Economie, capitalisme.

    Je n'ai que le certificat d'étude primaire et un CAP mais il y a longtemps que j'ai dit que ce système allait se casser la figure. L'économie du pays ne peut pas tourner avec quelques riches et quelques boursicoteurs qui jouent avec de l' argent (encore pire fictif) et la majorité de la population qui survie (même avec du travail ). Je n' ai aucun penchant politique, donc sans état d'âme sur tout ses sujets et je ne comprends pas ce qui empêche nos dirigeants d'hier et d'aujourd'hui de taxer les revenus boursiers à 50 voir 75 % (s'ils vont jouer ailleurs cela ne nous enlèvera rien) et de favoriser les investissements qui créent de l'emploi donc de la consommation et de la richesse.

  • 06/11/2008 14:22:01 Signaler un abus

    crise et capitalisme

    croyez-vous vraiment que la crise ait changée quelque chose ? Pour les plus riches certainement pas, pour les autres oui. Arrêtez de prendre les français pour des imbéciles ignorants !!! Pourquoi aider les banques et les grandes entreprises(qui n'en ont pas besoin!!) et ne pas augmenter les salaires, aider a construire ? Comment gagnent ils leur argent? avec NOUS !! il est temps qu'ils le comprennent !! Si les gens arrêtent de travailler,comment feront-ils tourner leurs chères entreprises qui leur rapportent un maximum ? Les politiques sont déconnectés de la réalité, il y a trop longtemps qu'ils gagnent trop en ne faisant rien !! mon avis ne servira sans doute a rien, mais ça soulage!!Je precise que je vis dans un village de 2400 habitants, et on ressent la crise autant qu'à Paris !

  • 06/11/2008 13:57:37 Signaler un abus

    la fin du capitalisme

    Je ne pense pas que ce soit la fin du capitalisme, ce n'est d'ailleurs pas souhaitable, mais il est nécessaire que ce soit contrôlé, encadré dans tous les domaines.

  • 06/11/2008 13:18:42 Signaler un abus

    crise financière

    ce n'est pas la fin du capitalisme oudu socialisme. c'est tout simplement un changement radical de notre vie

  • 06/11/2008 12:40:27 Signaler un abus

    Excellent résumé

    merci pour le synosis éclairant

  • 01/11/2008 14:15:26 Signaler un abus

    crise économique actuelle

    je voudrais savoir si la crise actuelle peut avoir un impact sur l'économie des pays du sud ( pays africains)?

  • 16/10/2008 00:58:23 Signaler un abus

    crise financiére en france

    comment va s'opérer,sur la pratique,le plan anti-crise de sarkosy?
    comment la crise a commencé?
    où étaient les économistes,les prévisionnistes,les spécialistes?

  • 16/10/2008 19:39:13 Signaler un abus

    informations svp

    Etudiant en sience economie fidelle a france24 depuis Douala. 1-quels sont les causes de la nouvelle crise financiere americaine? 2-quels sont les resolutions a prendre pour mettre fin a cette crise? 3-est ce que le liberalisme economique en vaut la penne? MERCI BEAUCOUP

News Briefs
Meteo
Actuellement
  • New York
    Quelques nuages.  Chilly.
    -3°C
  • Rio de Janeiro
    Partiellement ensoleillé. Doux.
    21°C
  • London
    Rain showers.  Passing clouds.
    5°C
  • Paris
    Light snow.  Partly sunny.  Chil
    3°C
  • Moscow
    Partiellement ensoleillé.  Chill
    4°C
  • Istanbul
    Quelques nuages. Frais.
    9°C
  • Mumbai / Bombay
    Ensoleillé. Température agréable
    27°C
  • Beijing
    Clear.  Chilly.
    4°C
  • Tokyo
    Clear. Frais.
    13°C
  • Shanghai
    Light rain. Brouillard. Frais.
    12°C
  • Sydney
    Partly cloudy. Doux.
    17°C
  • Johannesburg
    Nuages épars. Chaud.
    25°C