- Crise financière
Suite à la crise financière qui ébranle autant le marché boursier mondial que les économies nationales, les regards se tournent vers les fonds souverains, cet argent en masse détenu par certains Etats. La raison ? Un besoin urgent de liquidités. Pourtant, il y a encore quelques mois, les fonds souverains russes, chinois ou arabes suscitaient davantage la suspicion que l’admiration dans les médias occidentaux.
Un changement d’attitude est observé depuis fin 2007. Sous les coups de boutoir de la crise des "subprimes," suivie par la crise financière, les pays occidentaux ont crié à l’aide. Les fonds souverains semblaient alors constituer "une bonne solution aux problèmes financiers des banques", souligne Ali Laidi, chroniqueur économique à FRANCE 24. Leur liquidité est disponible immédiatement et ils investissent à long terme.
Sarkozy méfiant, Merkel réservée
Les premiers fonds souverains ont été créés dans les années 50, lorsque des pays producteurs du pétrole se sont retrouvés avec un surplus de liquidités. Le Koweït, par exemple, a voulu investir de l’argent à l’étranger afin de créer de la richesse pour ses nouvelles générations. D’autres pays comme la Chine, par exemple, a pu constituer un fonds à l’étranger grâce aux excédents commerciaux.
En Europe, des chefs d’Etat avaient plusieurs fois manifesté leurs inquiétudes vis-à-vis de ces nouveaux investisseurs "publics". C’est le cas du président français Nicolas Sarkozy qui avait requis en janvier 2007 la méfiance vis-à-vis de ces fonds souverains. De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel n’était pas moins réservée. En 2006, les autorités américaines avaient empêché le fonds de Dubaï de racheter les infrastructures de cinq ports américains, dont deux à New York.
D’où viennent donc ces inquiétudes ? Les fonds souverains sont entourés de flou et d’interrogations. Le manque de communication entourant leur gestion laisse suggérer que leur objectif n’est pas seulement commercial. L’économiste du Moyen-Orient auprès de Crédit agricole, Riyadh El-Hafdhi confirme que, principalement, leur mode de gestion "n’est pas transparent ". "Il y a la crainte que ces fonds contrôlent ou acquièrent des entreprises stratégiques", explique Samir Aïta, rédacteur en chef du "Monde Diplomatique".
"Les fonds souverains ont perdu de la valeur "
Mais la donne a changé depuis la crise financière. Si des pays comme la Chine, l’Arabie saoudite, Dubaï (Emirats Arabes Unis) ou le Qatar avaient répondu favorablement à l’appel mondial destiné à injecter de l’argent dans les banques au début de la crise, ils sont plus réticents actuellement. "Les fonds souverains ont perdu de la valeur et ils n’ont pas le droit d’intervenir dans la gestion des entreprises dans lesquelles ils ont investi", explique Ali Laidi. Selon lui, "c’est un vrai échec pour eux ". Riyadh El-Hafdhi renchérit : "Les fonds souverains regrettent certainement de ne pas pouvoir attendre un peu pour voir plus clair." Mais il rappelle qu’ils "ont été créés dans une optique de long terme".
"Ils sont toujours à la recherche d’entreprises à l’international mais avec un degré de prudence beaucoup plus élevé ", confirme l’économiste. C’est le cas d’Abu Dhabi Investment Authority, Adia, et Koweït Investment Authority, qui ont annoncé publiquement qu’ils continuaient à investir dans les entreprises.





























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