Dernière modification : 16/10/2008 

- Azerbaïdjan


Aliev réélu sans surprise avec un score écrasant
Aliev réélu sans surprise avec un score écrasant
Le boycottage de l'opposition n'y a rien fait : le président sortant Ilham Aliev a été reconduit dans ses fonctions avec un énorme score. Selon des résultats partiels, le chef de l'État azéri aurait récolté 89 % des suffrages.

Le président sortant de l'Azerbaïdjan, Ilham Aliev, a été réélu avec un score écrasant mercredi à la tête de cette ex-république soviétique du Caucase riche en hydrocarbures, selon les résultats partiels annoncés par le chef de la commission électorale centrale.
  
M. Aliev, 46 ans, qui avait succédé en 2003 à son père Heydar, est arrivé largement en tête, obtenant 89% des suffrages après le dépouillement de 75,14% des bulletins de vote, a indiqué ce responsable, Mazakhir Panakhov.
  
Six autres candidats étaient en lice, tous plus ou moins loyaux au régime en place, les principales formations d'opposition ayant boycotté le scrutin, une première depuis l'indépendance en 1991.
  
Selon M. Panakhov, un candidat d'opposition, Iqbal Agazade, est arrivé en deuxième position avec 2,78% des voix.
  
D'après trois sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote, Ilham Aliev a remporté l'élection présidentielle avec plus de 80% de voix.
  
A 12h00 GMT, deux heures avant la fermeture des bureaux de vote, la participation s'élevait à 64,7%, a indiqué la Commission électorale.
  
La victoire du président sortant étant acquise, la principale question qui se pose est de savoir comment Ilham Aliev, courtisé par Washington et Moscou, manoeuvrera pour réaliser son désir de recouvrer la province séparatiste du Nagorny-Karabakh, sous contrôle arménien.
  
Le président azerbaïdjanais a ainsi promis de renforcer l'isolement de l'Arménie, principal allié de la Russie dans le Caucase, tant qu'elle ne renoncera pas à l'"occupation" du Karabakh.
  
Russes et Américains se disputent les faveurs de l'Azerbaïdjan qui regorge d'hydrocarbures, et la lutte d'influence s'y est intensifiée depuis la guerre d'août en Géorgie voisine.
  
Washington a multiplié récemment ses gestes de soutien à Ilham Aliev avec une série de visites de hauts responsables, dont le vice-président Dick Cheney en septembre.
  
Moscou, qui concurrence l'Occident pour l'accès aux ressources azerbaïdjanaises, souhaite aussi intensifier la coopération énergétique avec Bakou et lui a proposé en juin l'achat d'importants volumes de gaz "aux prix du marché".
  
Le chef de l'administration présidentielle, Ramiz Mehtiev, a déclaré mercredi aux journalistes que ce scrutin constituait un "événement" historique, "une élection réellement démocratique, ouverte et transparente".
  
Aucune présidentielle n'a été reconnue comme libre en Azerbaïdjan par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), dont les 400 observateurs doivent rendre leur verdict à l'occasion d'une conférence de presse jeudi à 11h00 GMT à Bakou.
  
Isa Gambar, candidat malheureux contre Ilham Aliev en 2003, a déclaré quant à lui que le scrutin était "une farce". "C'est une imitation d'élection (...) Tous ceux qui soutiennent la démocratie en Azerbaïdjan boycottent l'élection", a-t-il déclaré à l'AFP.
  
Dans le bureau de vote 26 à la périphérie de Bakou, Farisa Akhundova, retraitée, a dit qu'elle voterait Aliev parce qu'il "poursuit la politique de son père", Heydar, ancien du KGB, du Politburo soviétique et président de l'Azerbaïdjan indépendant de 1993 à 2003. Ce dernier est mort en décembre 2003, deux mois après l'élection d'Ilham avec quelque 77% des voix.
  
Certains électeurs étaient moins enclins à le soutenir.
  
"Le seul candidat que je connaisse, c'est Aliev. Mais je ne veux pas lui donner ma voix, donc je choisirai quelqu'un d'autre", a dit Samir Hasanov, 18 ans, un nouvel électeur.
  
Dopé par les pétrodollars, l'Azerbaïdjan a une croissance vertigineuse (26,4% en 2007) et a été récemment salué par la Banque Mondiale comme l'économie se réformant le plus rapidement au monde.
  
La corruption noircit le tableau. Transparency International a classé l'Azerbaïdjan en 2008 à la 158e place sur 180 pays dans un classement allant du moins corrompu au plus corrompu.

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