16 Octobre 2008 - 16H39
- Espagne - Justice

Le juge Garzon enquête sur les fosses du franquisme
La justice espagnole a officiellement ouvert une enquête sur la disparition de dizaines de milliers de personnes, victimes de la guerre civile et du franquisme. Des fosses communes vont être rouvertes, dont celle où repose le poète Garcia Lorca.

Le juge Baltasar Garzon a ouvert une instruction sur les dizaines de milliers de "disparus" de la guerre civile et du franquisme "oubliés" dans des fosses communes, bravant la loi d'amnistie espagnole qui a jeté un voile pudique sur cette page noire de l'Histoire de l'Espagne.
   
Dix ans après s'être rendu célèbre en faisant interpeller l'ex-dictateur chilien Augusto Pinochet à Londres, le juge madrilène s'est déclaré compétent pour enquêter sur la disparition de 114.266 personnes pendant la guerre civile espagnole (1936-39) et les premières années de la dictature (1939-75).
   
Dans un procès-verbal de 68 pages, le magistrat a ordonné l'ouverture de fosses communes dans 19 localités, dont celle proche de Grenade (sud) où est enterré le poète Federico Garcia Lorca, fusillé par les franquistes en 1936.
   
Il réclame dans un délai de dix jours des certificats de décès du général Franco et de 34 hauts responsables de son régime, afin de pouvoir déclarer l'extinction de l'action pénale à leur encontre.
   
Mais il dévoile son intention d'engager d'éventuelles poursuites contre d'ex-dirigeants, entre 1936 et 1951, de la Phalange, un parti d'extrême-droite allié à Franco, en demandant au ministère de l'Intérieur de les identifier.
   
Il s'agit de la première enquête judiciaire jamais ouverte sur ces faits par la justice espagnole, qui s'est reconnue en 2005 une compétence universelle pour juger des crimes contre l'humanité et de génocide commis hors de ses frontières, notamment au Chili, en Argentine, au Guatemala ou au Rwanda.
   
Une loi d'amnistie votée en 1977, deux ans après la mort du général Franco, au nom de la réconciliation nationale, avait empêché toute enquête de ce type.
   
Mais ce "pacte du silence" a été fortement remis en cause depuis le début des années 2000 par des associations de familles de victimes républicaines, qui avaient demandé au juge d'enquêter sur la disparition de proches en localisant les corps et éclaircissant les circonstances de leur mort.
   
C'est sous la pression de ces associations que le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero a fait adopter en 2007 une loi de réhabilitation des victimes du franquisme, critiquée par la droite car coupable à ses yeux de "rouvrir inutilement les blessures du passé".
   
Le juge Garzon avait entrouvert début septembre la porte à son enquête, en demandant des informations sur les disparus du franquisme à diverses institutions: ministères, municipalités, à l'Eglise catholique ou encore au "Valle de los Caidos", le mausolée où repose Franco ainsi que des milliers de victimes de la Guerre civile.
   
Le magistrat a motivé sa décision en estimant que les disparitions forcées de l'époque constituent de possibles délits de "détention illégale permanente", donc non prescrits, "sans explication sur le lieu" où se trouvent les personnes affectées, selon un article du code pénal espagnol en vigueur à l'époque.
   
Ces délits s'inscrivent "dans un contexte de crimes contre l'humanité" selon lui, même si cette qualification juridique a été fixée postérieurement, après la Seconde guerre mondiale.
   
L'avenir de l'instruction du juge Garzon reste toutefois sujet à caution. "Le plus probable est que le parquet fasse appel", a indiqué une source judiciaire à l'AFP. Sa procédure pourrait être déclarée irrégulière, parce que les faits seraient prescrits, amnistiés, ou parce que le tribunal est jugé juridiquement incompétent.
   
Selon la branche espagnole d'Amnesty, la décision du juge représente "un signal d'espoir" pour les familles et donne "corps à l'obligation pour l'Etat espagnol d'enquêter".
   
Emilio Silva, président de l'Association pour la récupération de la mémoire historique, a confié à l'AFP ses sentiments mêlés de "joie et tristesse".
   
"Joie parce que c'est positif, dans ce pays qui a été si injuste pour les victimes (...), tristesse, parce que beaucoup sont morts (...) sans aucun type de réparation".

Commentaires

Disparu pendant la guerre d'Espagne

Depuis plusieurs années je recherche mon oncle Disparu mes grands-parents n'ont jamais pu faire leur deuil et je les ai vu vivre dans cette douleur .J'aimerai savoir à mon tour ?

justice pour les victimes...

ceci reouvre une page tres sombre 2 lhistoire espagnole mais sa permet aussi de definitivement rendre jusytice aux victime et a leurs familles.

curés

Mes pensés vont aux curés et soeurs assassinés par les républicain.
Les nazis tuaient les juifs(racisme)
les républicains tuaient les catholiques(racisme)

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