- États-Unis - Pétrole
Ni la crise à Wall Street, ni le prochain président ne pourront freiner l’appétit énergétique de Rifle.
Dans cette ville du Colorado, assise sur des réserves de gaz colossales, les entreprises comme les habitants touchent des revenus considérables.
"Vous savez : 50 % du gaz naturel consommé aux États-Unis provient de puits forés ces quatre dernières années. Ça démontre que la demande est énorme. Tous les candidats le savent. Ils savent à quel point ce pays a besoin d’indépendance énergétique", explique Doug Hock, porte-parole de la compagnie gazière Encana.
A Rifle, les ouvriers sont riches, les patrons millionnaires, et l’immobilier, contrairement au reste des États-Unis, n’est pas en crise.
"Cette année, les affaires sont bonnes. L’année dernière, c’était exceptionnel", raconte Nella Barker, agent immobilier. Un enthousiasme que partage, Rafael, un foreur. En quatre jours de travail, il gagne 2 000 dollars. Son candidat à la présidentielle sera, comme celui des autres foreurs, celui qui… forera le plus.
"Si c’est McCain [républicain] qui passe, le business du gaz ne va pas exploser, mais ça va sûrement se stabiliser. Si c’est Obama [démocrate] qui gagne, il essayera de diminuer le nombre de forages aux Etats-Unis", explique Rob McPherson, chef foreur.
Le revers de la médaille
Les gaziers travaillent 24h sur 24h. Le temps c’est de l’argent. Le ballet des pelleteuses et des camions ne s’arrête jamais.
John et Darlene Skellion ont construit leur maison il y a quinze ans. Malgré ce décor de rêve, ils subissent au quotidien le boom du gaz. Leur ranch est encerclé par des derricks.
"Le puits que vous voyez là, rapporte 1 million de dollars par mois. Celui-là, à côté des citernes…1 million de dollars par mois aussi", explique John Skellion. Sa femme enchérit : "Eux, ils veulent forer, forer, forer ! Ce qu’ils veulent c’est pomper l’argent qui est dans le sol ! Nous, on ne possède que la surface, pas le sous-sol. Rien du tout. Alors s’ils viennent forer un puits sur mon terrain, moi je ne gagne rien."
Pour ce voisinage dérangeant, John et Darlene n’ont reçu que 7 000 dollars de compensation. Bien sûr, eux préfèrent voter pour Barack Obama.























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