Des dizaines de milliers d'enseignants, d'étudiants, de lycéens et de parents d'élèves ont défilé dimanche dans les rues de Paris pour protester contre les supressions de postes à l'Education nationale.
Défilant dans le calme entre la place d'Italie et la Bastille sous des banderoles où l'on pouvait lire "Pour le respect de notre profession" ou "Le mépris, l'autoritarisme, les réformes Darcos, ça suffit!", les manifestants avaient choisi de se mobiliser le dimanche pour minimiser les nuisances.
Le projet de budget pour l'Education nationale, dont le ministre de tutelle est Xavier Darcos, sera examiné le 4 novembre à l'Assemblée nationale. Il prévoit 13.500 suppressions de postes pour la rentrée 2009 après 11.200 cette année.
Selon les organisateurs, 80.000 personnes ont pris part à la manifestation, qui s'est disloquée en fin d'après-midi. La préfecture de police de Paris a estimé leur nombre à 32.000.
L'un des 47 syndicats qui avaient appelé à la manifestation, le Snes-FSU, qui représente les professeurs, s'est félicité de ce qu'il présente commune une manifestation réussie.
"Par cette mobilisation, ils ont fait entendre leur exigence d'une autre politique pour l'école", peut-on lire dans un
communiqué. "Ces réformes creusent les inégalités, décrètent l'abandon de la nécessaire ambition pour tous et remettent en cause le sens même et la nature des métiers de l'enseignement."
Pour le gouvernement, ce mouvement est injustifié.
"Je crois que ces manifestations sont injustifiées et qu'elles sont décalées", a déclaré au micro d'Europe 1 la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse. "Elles sont en décalage avec la situation de l'éducation qui est la priorité des priorités du gouvernement."
NOUVELLE GRÈVE LE 23 OCTOBRE
Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a estimé qu'il fallait tenir compte de l'évolution des effectifs.
"Les Français sont conscients du fait que nous devons redéployer, réorienter les moyens en fonction de l'évolution des
effectifs", a-t-il dit sur Radio J.
"Le taux d'encadrement n'a jamais été aussi élevé", a-t-il ajouté en estimant que "l'immense majorité des enseignants" ne
suivaient pas les manifestants. "Quand vous avez des baisses sensibles d'effectifs chez les élèves, il n'est pas anormal
qu'il y ait un ajustement chez les enseignants."
A gauche, le point de vue est radicalement différent.
"Un mouvement est à présent en marche. Tout doit être entrepris au cours des prochaines semaines pour faire échec à la
catastrophique politique éducative du gouvernement", a souligné l'ancien ministre socialiste de l'Education nationale, Jack
Lang.
"Alors que des milliards sont accordés sans la moindre hésitation à des banquiers pourris, le gouvernement continue à
asphyxier budgétairement l'éducation nationale", a-t-il dit dans un communiqué. "Ce dimanche (...) est le commencement prometteur d'une grande bataille que nous avons le devoir de gagner."
Une nouvelle grève est annoncée dans la fonction publique et les écoles le 23 octobre, la troisième en trois semaines.
A Paris, la mairie socialiste a annoncé sa décision de ne pas organiser à l'avenir le service minimum voulu par le
gouvernement qui vise à permettre aux parents de laisser leurs enfants à l'école en cas de grève des enseignants, en mobilisant des personnels d'animation et d'autres catégories d'employés.
Le sujet du service minimum a suscité un vif débat entre élus locaux de droite et de gauche, le PS estimant qu'il porte
atteinte au droit de grève.


















Commentaires
gève contre les réformes de xavier Darcos
mon fils est en troisième son collège vient de m'appeler poçur me signifier qu'il est renvoyé pour avoir fait grève aujourd'hui et donc refuser d'aller en cours. que faisons nous du droit de grève ? son collège a-t-il le droit de le renvoyer?
Facile à comprendre
La préfecture compte les têtes, les syndicats comptent les pieds.
TOURJOURS SURPRENANT
Le chiffre des manifestants me surprend toujours car il y a une différence loin d'être qu'une centaine entre la police et les syndicats.
Alors qui doit retourner à l'école pour apprendre à compter car entre 32 000 et 80 000 personnes cela est quand même gros. Donc il y a mensonge encore une fois de plus mais de qui? Je voudrais bien le savoir...
Réagir à cet article