- États-Unis - José Manuel Barroso - Nicolas Sarkozy - Union européenne
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Face à la tempête boursière qui ébranle la planète, Européens et Américains se sont mis d'accord sur le principe de la tenue aux Etats-Unis d'une conférence internationale, une idée lancée par le président français Nicolas Sarkozy.
Le président George W. Bush a accédé à cette demande en proposant d'accueillir un sommet "dans un avenir proche", au cours de sa rencontre samedi à Camp David avec M. Sarkozy, qui exerce la présidence tournante de l'Union européenne, et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.
Les deux émissaires de l'UE se rendaient à la résidence présidentielle dans le Maryland (est) pour exhorter M. Bush d'accepter une refonte du système financier international, à l'instar des accords de "Bretton Woods" de juillet 1944.
Objectif des Européens, à l'avant-garde du combat contre la crise : réunir un sommet pour fixer les règles du jeu d'un nouvel ordre financier mondial.
Le président Bush "a raison de dire que la remise en cause de l'économie de marché serait une catastrophe, mais on ne peut pas non plus continuer avec les mêmes causes qui produiront les mêmes effets. L'économie de marché a besoin de règles", a fait valoir le chef de l'Etat français.
"Ce sommet doit se tenir rapidement, peut-être avant fin novembre", a-t-il insisté.
Les Européens avaient auparavant rallié à leur cause le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui a proposé que ce sommet ait lieu à l'ONU, à New York.
Le Canada, également favorable à la tenue d'un sommet international, a toutefois plaidé samedi en faveur de la prudence dans les solutions à apporter à la crise afin de ne pas causer des "dommages permanents au système financier international", selon un porte-parole du Premier ministre Stephen Harper.
La réunion de Camp David intervient après une semaine de yo-yo sur des marchés financiers totalement "maniaco-dépressifs", selon les termes du prix Nobel d'économie 2008, Paul Krugman.
Malgré ces montagnes russes, les principales places boursières européennes ont progressé pendant la semaine : Paris a regagné 4,8%, Londres 3,3% et Francfort 5,2%. Et elles ont fini la séance de vendredi sur une note positive, signant de nettes hausses.
Le tableau est plus mitigé pour la Bourse de New York : incapable de confirmer son rebond de la veille, le Dow Jones a cédé vendredi 1,4%, dans un marché très volatile. En une semaine, l'indice a toutefois gagné 4,7%.
En pleine tourmente financière, le directeur du Fonds monétaire international (FMI), le Français Dominique Strauss-Kahn, a été rattrapé par une possible affaire de népotisme : il fait l'objet d'une enquête interne sur un cas de favoritisme présumé lié à des relations intimes avec une subordonnée.
En 2007, le président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, avait dû quitter ses fonctions après avoir été accusé d'avoir demandé de l'avancement pour sa compagne, également employée par la Banque mondiale.
M. Strauss-Kahn avait jugé début octobre que la crise financière était "un échec de la croyance que le marché peut se régler tout seul". Mais il s'était montré sceptique sur l'organisation d'un nouveau Bretton Woods.
Le principe d'un sommet international est désormais acquis. Pour Nicolas Sarkozy, il devrait réunir les pays du G8, élargi au G5, c'est-à-dire les cinq pays émergents que sont la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique et l'Afrique du Sud, ainsi qu'à "un pays arabe".
En attendant une refonte du système, les marchés financiers restaient nerveux. Ainsi la Bourse saoudienne, la plus importante du monde arabe, a connu un mauvais début de semaine, clôturant samedi en baisse de 5,2%.
Objet de gigantesques plans de sauvetage de part et d'autre de l'Atlantique, le secteur bancaire continue, lui aussi, à montrer des signes de fragilité.
La Caisse d'Epargne, gestionnaire des économies de 27 millions de Français, a annoncé vendredi la perte de 600 millions d'euros à cause des risques inconsidérés pris par trois de ses courtiers en plein krach boursier début octobre.
Samedi, le patron de la banque mutualiste française, Nicolas Mérindol, a récusé, dans un entretien à l'AFP, toute "dissimulation" ou "fraude", refusant implicitement toute comparaison avec l'affaire de la Société générale.
La crise à la Caisse d'Epargne n'est "pas acceptable" et "les responsables doivent en tirer les conséquences", a réclamé Nicolas Sarkozy.
En Allemagne, la chancelière Angela Merkel et ses ministres doivent se réunir lundi pour peaufiner les détails d'un plan d'aides publiques aux banques.
Dans le sillage de la crise bancaire, les craintes d'une récession économique durable s'amplifient en Europe.
L'Irlande est déjà en récession et l'Italie pourrait la rejoindre, avec une baisse du produit intérieur brut de 0,2% attendue pour 2008 par le patronat. Quant à l'Allemagne, elle compte au mieux sur une croissance de 0,2% en 2009.
Mais les dirigeants européens ont exclu pour l'instant un grand plan coordonné de relance économique, comme celui adopté pour le secteur bancaire.
Le Premier ministre belge Yves Leterme a annoncé samedi travailler à "un plan pour amortir le choc de la crise" financière sur l'économie.
Les dirigeants hongrois cherchaient samedi une issue à la crise au cours d'un "sommet national" à Budapest. La Hongrie a été placée sous assistance respiratoire par la Banque centrale européenne avec un prêt de 5 milliards d'euros.
Quant à l'Islande, elle décidera cette semaine si elle sollicite ou non une aide du FMI, ce qui serait une première pour un pays occidental depuis 1976.
Le gouvernement russe accordera des aides publiques aux entreprises des secteurs frappés par la crise financière, a annoncé samedi le Kremlin.
Aux Etats-Unis, on évoque déjà un plan de relance économique pour "reconstruire l'Amérique", d'un montant de 150 milliards de dollars, qui pourrait être adopté avant même l'entrée en fonction du prochain président en janvier.
Signe du ralentissement de la conjoncture mondiale, la chute des cours du pétrole, divisés par deux depuis l'été à environ 70 dollars. Un plongeon qui a poussé l'Opep à avancer de trois semaines, au 24 octobre, sa prochaine réunion.
Après le Venezuela, l'Iran et l'Algérie ont plaidé samedi en faveur d'une réduction de la production de l'Opep pour défendre le prix de l'or noir.


























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