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Le ralliement de Powell à Obama ne surprend pas McCain

Dernière modification : 19/10/2008

Le ralliement de Colin Powell, ancien secrétaire d'État du président Bush et ami de longue date de John McCain, au candidat démocrate Barack Obama "ne surprend pas" le républicain, qui va jusqu'à évoquer l'éventualité de sa défaite.

Le candidat démocrate à la Maison Blanche Barack Obama a reçu dimanche le soutien de poids de l'ancien secrétaire d'Etat du républicain George W. Bush, Colin Powell au moment où sa campagne annonçait avoir récolté la somme record de 150 millions de dollars en septembre.
   
A 16 jours de l'élection présidentielle américaine, ces deux événements semblaient de nature à stimuler les démocrates dans la dernière ligne droite de la campagne présidentielle alors que les sondages accordent en moyenne 5 points d'avance à M. Obama au niveau national.
   
Selon le baromètre quotidien de Gallup, M. Obama est crédité d'une avance de 10 points (52% contre 42%).
   
L'ancien chef d'état-major des armées américaines et héros de la première guerre du Golfe, a loué sur la chaîne de télévision NBC le "caractère réformateur" du candidat démocrate et sa campagne "fédératrice".
   
Une présidence Obama "provoquerait l'enthousiasme dans le pays et dans le monde", a assuré le général à la retraite. "Obama a fait preuve de fermeté. Il a fait preuve de vigueur intellectuelle. Il a une façon de gérer ses affaires qui nous sera profitable", a-t-il estimé.
   
M. Powell a dénoncé la campagne trop négative de M. McCain et estimé que Sarah Palin n'avait pas les qualités nécessaires pour devenir vice-présidente des Etats-Unis.
   
Son soutien tombe à pic pour M. Obama alors que l'équipe de campagne du candidat républicain l'accuse de se situer à l'extrême gauche de l'échiquier politique américain et met en doute sa capacité à rassembler les Américains au-delà de son camp.
   
"J'ai toujours admiré et respecté le général Powell. Nous sommes amis de longue date. Ce n'est pas une surprise", a réagi avec dépit M. McCain.
   
Au cours du même entretien, M. McCain a publiquement évoqué la possibilité d'une défaite.
   
"Je ne m'apesantis pas la-dessus. Mais, j'ai eu une vie merveilleuse. Je peux retourner vivre en Arizona, et représenter (mes administrés) au Sénat", a-t-il dit.
   
M. Powell est le premier poids lourd de l'administration Bush à apporter son soutien officiel au candidat démocrate.
   
"Un grand soldat, un grand homme d'Etat et un grand Américain a apporté ce matin son soutien à notre campagne pour changer l'Amérique", s'est félicité M. Obama au cours d'un meeting en Caroline du Nord (sud-est).
   
"Je suis plus qu'honoré et me sens profondément humble d'avoir le soutien du général Colin Powell", a ajouté le candidat démocrate.
   
M. Obama s'était entretenu auparavant avec M. Powell au téléphone.
   
Secrétaire d'Etat pendant le premier mandat de George W. Bush (2001-2005), avocat de la guerre en Irak à l'ONU avant de dénoncer les "mensonges" qui ont entraîné les Etats-Unis dans cette guerre, M. Powell n'a cessé de prendre ses distances avec l'administration républicaine tout en refusant de rompre les ponts avec sa famille politique.
   
M. Powell était républicain et demeure républicain.
   
Au cours de sa longue carrière, M. Powell, 71 ans, a été conseiller pour la sécurité nationale de Ronald Reagan. Ancien combattant de la guerre du Vietnam, il a été chef d'état-major interarmées de 1989 à 1993 et s'est illustré notamment pendant l'opération "Tempête du désert" après l'invasion du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein en 1991. En 1996, il avait brièvement envisagé d'être candidat à la Maison Blanche contre le démocrate Bill Clinton.
   
Juste avant l'intervention de M. Powell, l'équipe de campagne de M. Obama a annoncé que le sénateur avait engrangé 150 millions de dollars en septembre. Jamais M. Obama n'avait récolté autant d'argent en un seul mois.
   
Cet afflux d'argent devrait permettre à M. Obama de mener une campagne agressive dans plusieurs Etats clefs notamment dans plusieurs Etats considérés comme des fiefs républicains comme la Virginie et la Caroline du Nord.

Première publication : 19/10/2008

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