Le Parti libéral ODS du Premier ministre Mirek Topolanek a subi une déroute aux élections régionales tchèques de vendredi et samedi marquées par la victoire éclatante de l'opposition social-démocrate, qui s'est par ailleurs bien placée au premier tour des élections sénatoriales.
Le parti social-démocrate (CSSD) qui considérait le scrutin régional comme un "referendum" sur le gouvernement de centre-droit de M. Topolanek s'est imposé dans toutes les 13 régions et a obtenu 280 de l'ensemble des 675 sièges au sein des conseils régionaux.
Pour les sénatoriales, qui se tenaient en même temps, le CSSD a remporté un siège au premier tour et reste en ballottage dans 25 des 26 circonscriptions qui seront concernées par le scrutin. L'ODS aura quant à lui 20 candidats au second tour, les 24 et 25 octobre.
"Les résultats placent le CSSD dans le position de favori dans au moins 11 circonscriptions pour le second tour", analyse l'agence CTK. En revanche, l'ODS pourrait s'imposer dans au moins 8 circonscriptions, selon l'agence.
A moins de trois mois du début de la présidence tchèque de l'UE, au premier semestre 2009, cette élection risque d'affecter des votes cruciaux sur le Traité de Lisbonne et le déploiement d'un radar antimissile américain.
Bénéficiant depuis 2006 de la majorité au Sénat (41 des 81 sièges), les libéraux eurosceptiques remettent en jeu neuf de leurs sièges et, s'ils ne sont plus majoritaires, ils n'auront plus la possibilité de bloquer le Traité de Lisbonne que leur fondateur et chef spirituel, le président Vaclav Klaus, a voué aux gémonies depuis le non irlandais en juin.
Que M. Topolanek soit Premier ministre pendant la présidence tchèque de l'UE est "inacceptable" pour les sociaux-démocrates, a affirmé le chef du CSSD M. Paroubek, samedi soir.
"Si j'étais à sa place, je serais parti volontairement", a-t-il dit.
Malgré leur enjeu local, les régionales étaient considérées comme un test politique pour l'ODS et pour la coalition fragile formée avec les chrétiens-démocrates (KDU-CSL) et les Verts après les législatives de 2006.
"Les électeurs ont souhaité un changement", a affirmé M. Paroubek, avant de se féliciter d'une "victoire grandiose".
Par ailleurs, l'opposition de gauche compte déposer mercredi une motion de censure contre le cabinet.
Pendant sa campagne énergique, le CSSD a critiqué les réformes de rigueur menées par le cabinet, surtout les franchises payables à chaque visite médicale, par prescription et par journée d'hospitalisation.
"Nous avons payé un tribut pour notre action gouvernementale", a reconnu M. Topolanek. Le maire de Prague Pavel Bem, numéro deux de l'ODS, a pour sa part évoqué un "Armageddon régional".
Forts d'entre 45 et 65 membres selon l'importance de la région, les conseils régionaux ont notamment des pouvoirs dans les domaines de l'enseignement, de la culture, de l'environnement et des transports régionaux.
Un taux de participation d'environ 40%, relativement élevé pour un scrutin régional et sénatorial en République tchèque, a marqué ces élections.













