- FMI
Une partie de la classe politique française s'est interrogée dimanche sur le moment choisi, en pleine crise financière, pour révéler l'existence d'une enquête sur un éventuel abus de pouvoir de la part de Dominique Strauss-Kahn, certains parlant de "déstabilisation".
Le Fonds monétaire international (FMI), dont il est le directeur général, a confirmé samedi l'existence d'une enquête dans le cadre d'une liaison avec un de ses subordonnées.
Cette affaire, révélée par le Wall Street Journal, survient en pleine crise financière et bancaire internationale qui donne un rôle central à l'organisation internationale.
Dans un communiqué, Dominique Strauss-Kahn, ancien ministre socialiste de l'Economie et des Finances, a reconnu avoir eu une liaison, précisant que l'"incident qui s'est produit dans ma vie privée" avait eu lieu en janvier 2008.
"A aucun moment, je n'ai abusé de ma position de directeur général du Fonds", a-t-il souligné.
Les proches de Dominique Strauss-Kahn sont montés au front dimanche pour défendre "DSK", qui est soupçonné soit d'avoir favorisé sa collaboratrice, soit au contraire d'avoir chercher à se venger en la faisant quitter Washington pour Londres.
Jean-Christophe Cambadélis, député socialiste de Paris, a estimé que la montée de Strauss-Kahn dans les sondages avant le Congrès socialiste de Reims et la crise financière pourraient ne pas être étrangères à la révélation de l'affaire.
"ANGUILLE SOUS ROCHE"?
"Il n'y a ni victime, ni plaignant, ni coupable, l'affaire se terminait et d'un seul coup un feu de cheminée comme cela ça me paraît assez étonnant dans cette phase de crise financière où Dominique Strauss-Kahn s'envole dans les sondages. Je pense que là, on veut lui faire mauvaise querelle", a-t-il dit sur LCI.
"C'est un incident de vie d'une banalité confondante et on veut en faire une grande affaire politique, je crois qu'il y a anguille sous roche", a-t-il ajouté.
Le député UMP Jean-Marie Le Guen a lui aussi estimé que la coïncidence était étonnante.
"Il est vrai que, dans le chaudron de finance internationale et qu'au milieu de cette crise, je pense que l'idée d'avoir Dominique Strauss-Kahn, qui est un homme à la fois compétent et qui a des idées précises (...) sur la régulation du monde financier peut justifier le fait qu'il n'a pas que des amis et donc il y a peut-être aussi, c'est vrai, chez certains, une
certaine volonté de déstabilisation", a-t-il dit sur Radio J.
Le porte-parole du gouvernement français, Luc Chatel, a lui aussi tressé les louanges de cet économiste renommé.
"Ce que je considère, c'est que Dominique Strauss-Kahn a démontré dans toute la traversée de cette crise qu'il était à la hauteur des événements", a-t-il souligné sur Radio J. "C'est vrai qu'il a montré qu'il était l'homme de la situation."
L'ancien ministre français a été élu en septembre 2007 à la tête de l'organisation internationale qui fournit une expertise et dans certains cas, des prêts, à ses 185 pays membres.
Sa candidature, soutenue par l'Union européenne et les Etats-Unis, avait été avancée par le Premier ministre
luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, puis reprise par Nicolas Sarkozy, dans le cadre de sa politique d'ouverture.
UNE LIAISON RECONNUE
Il avait été battu par Ségolène Royal dans la course à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle de 2007.
En juin 2007, le président de l'époque de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, avait été contraint à la démission après être intervenu dans le processus de promotion de sa compagne, également salariée de l'organisation.
Selon le Wall Street Journal, l'enquête porte sur la liaison qu'a eue "DSK" avec Piroska Nagy, d'origine hongroise, qui occupait à l'époque un poste important d'économiste au département Afrique du FMI.
Selon plusieurs sources proches du dossier, Dominique Strauss-Kahn l'aurait approchée en décembre 2007. Ils auraient ensuite échangé des courriels évoquant une possible relation intime qui se serait concrétisée au début de l'année en Europe.
Peu de temps après, l'époux de Piroska Nagy, Mario Blejer, un économiste réputé d'origine argentine qui a notamment travaillé pour le FMI, a découvert les courriers électroniques, ce qui aurait mis un terme à leur liaison.
Les enquêteurs souhaitent également déterminer si les indemnités perçues par Piroska Nagy à son départ de
l'organisation étaient supérieures à la normale.
Elle a démissionné en août dans le cadre de la politique de réduction de ses effectifs menée par le FMI et elle a depuis rejoint la Banque européenne pour la reconstruction et le développement à Londres.



























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