Le procès de 86 personnes accusées d’avoir voulu renverser le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP), issu de la mouvance islamiste, s’est ouvert ce lundi dans une prison de la banlieue d’Istanbul.
Dans une salle d’audience bondée, les avocats de la défense se sont plaints du manque de place, obligeant le président du tribunal à ajourner l’audience. Un écran vidéo doit désormais être installé dans une pièce jouxtant la salle d’audience, pour permettre aux journalistes et aux proches des accusés de suivre le procès.
La liste des accusés, dont 46 sont déjà en détention, comprend notamment des officiers à la retraite, des politiciens de gauche, des journalistes et des universitaires. Ils sont soupçonnés d’avoir appartenu au réseau armé clandestin Ergenekon, et accusés d’avoir programmé des séries d’attaques et d’assassinats pour faire tomber le gouvernement du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan.
Le spectre de l’ "État profond"
L’acte d’accusation contre le groupe Ergenekon comprend l’attaque contre le Conseil d’État, en 2006, au cours de laquelle un juge avait trouvé la mort, ainsi que des attentats à la grenade contre les locaux du journal pro-laïque Cumhuriyet.
"C’est la première fois que des généraux à la retraite sont jugés pour avoir planifié un coup d’État", indique le correspondant de France 24 à Istanbul, Jasper Mortimer. "C’est aussi la première fois que l’accusation va aussi loin contre ce qui pourrait être une composante de l’État profond [un réseau d’extrémistes, de militaires, d’hommes politiques et d’avocats, soupçonnés d’avoir pris part à l’assassinat de plusieurs personnes, dont des journalistes et des juges, dans les années 1980].
Le procès, que plusieurs quotidiens pro-gouvernementaux qualifient de "procès du siècle", arrive à l’issue d’une enquête, qui a débuté en juin 2007 avec la découverte à Istanbul d'une cache d'armes contenant des grenades.
Un test pour l’armée
Le procès est vu comme un test pour les militaires turcs. “L’armée a toujours réussi à bloquer l’enquête et à fuir ses responsabilité", précise Jasper Mortimer, qui ajoute : "Les nationalistes, qui sont alliés aux militaires, espèrent que ce procès sera un pétard mouillé et que l’armée conservera son prestige et son pouvoir."
L’armée menaçait de renverser le gouvernement d’Erdogan, accusés par certains de vouloir établir des lois islamiques en Turquie. L’AKP a même failli être dissout cette année après des accusations d'atteintes aux principes de la laïcité. Des accusations qui ont toujours été démenties par le parti au pouvoir, qui se dit attaché à la séparation de l’Église et de l’État. Les opposants au gouvernement voient dans ce vaste procès une contre-attaque de la part de l’AKP.
"C’est un vrai test pour le système judiciaire turc. Nous verrons si le procès va au fond des choses ou s’il est dénaturé", analyse Jasper Mortimer. Le correspondant de France 24 voit aussi un autre enjeu à ce procès : "Les pro-gouvernements veulent que les coupables soient punis. Ils savent que l’Union européenne va suivre de près ce procès, et que la candidature de la Turquie à l’UE serait fragilisée, s’il n'allait pas au fond des choses."

















Commentaires
n'importe QUOI
En quelque sorte, vous n'avez pas tord, c'est l'akp qui a sauvé sa peau, mais en employant des methodes inhumaines, en effet pour aider les juges de la constitution a y voir plus clair, la veille des déliberations une serie de bombes ont éclatés dans un quartier d'Istanbul (plûtot frequentés par les milieux laîcs) ! A vous de voir ?
Mansoge ?
C'est qui le leadeur de ergenekon ? Un gros Trou noir ! C'est tout simplement des mensonge !!!
VIVE LE NASIONALISME !! TOUS CONTRE LES ETATS-UNIS et L'UNION EUROPEENE !!
OUI POUR L'UNION TURQUE !
vive la justice
il faut que la justice fait son travail est que la justice soit rendu
MENSONGE!!
Ce n'est qu'un mensonge de plus inventée par le parti religieux AKP!! L'impérialisme américain se fait ressentir!
VIVE LE KEMALISME!! TOUS CONTRE LES ETATS-UNIS et L'UNION EUROPEENE!!
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