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Les Bourses européennes dopées par les plans financiers

Dernière modification : 21/10/2008

Les places boursières européennes ont accueilli positivement le plan de soutien de 10,5 milliards d'euros du gouvernement français aux banques, ainsi que la proposition de la Fed pour un nouveau plan de relance américain.

Les Bourses européennes ont ouvert en hausse mardi matin, dans le sillage de Wall Street et des places asiatiques. Les marchés européens répondent positivement à la décision française d’injecter 10,5 milliards d’euros dans les six principales banques privées du pays d'ici la fin de l'année.

L’indice FTSEurofirst 300 (qui prend en compte les 300 valeurs des plus grands entreprises de la zone euro) progresse ainsi de 0,7%, et les banques françaises bénéficiant du plan de recapitalisation tirent particulièrement leur épingle du jeu : BNP Paribas bondit de 6,5%, la Société Générale de 9,2% et le Crédit Agricole de 7,8%.

 

Eviter la faillite

La Bourse de Paris a nettement grimpé mardi matin, le CAC 40 prenant 2,73% et se stabilisant à 3 542,69 points. Il avait déjà gagné 3,56% vendredi soir, et suit en cela la tendance générale des places boursières mondiales.

Autre indice révélateur : le Dow Jones Stoxx 50 (sélection de 50 valeurs choisies parmi celles du Dow Jones), qui prenait 0,7% mardi midi. L’indice allemand DAX de Francfort progressait au même moment de 0,2% alors que le Footsie-100 de Londres reculait de 0,3%.

L’un des motifs de cette embellie boursière : la révélation lundi soir par le gouvernement français des détails d’un plan de recapitalisation d’urgence de ses principaux établissements financiers. Le Crédit Agricole voit ainsi 3 milliards d’euros injectés dans son capital ; la BNP Paribas 2,55 milliards ; la Société Générale 1,7 milliard ; le Crédit Mutuel 1,2 milliard ; la Caisse d’Epargne 1,1 milliard et la Banque Populaire 950 millions d’euros.

Annoncé par la ministre de l’Économie Christine Lagarde, cet apport est rendu indispensable pour que ces banques soient ,d’après elle, "en mesure de financer correctement l’économie".

Il intervient alors que le gouvernement français avait annoncé la semaine dernière un plan d'urgence en faveur des banques à hauteur de 360 milliards d’euros, prévoyant notamment une enveloppe de 40 milliards d'euros pour recapitaliser les banques qui en feraient la demande et 320 milliards d'euros pour garantir les prêts interbancaires.

Un plan conforme aux vœux du président Sarkozy, qui disait vouloir éviter toute faillite d’une banque française.

Les gouvernements au chevet des banques

Les gouvernements des pays industrialisés ont souvent opté ces dernières semaines pour l’injection massive de liquidités dans les banques touchées par la crise financière, alors que les banques centrales, elles, se sont occupées des marchés financiers.

Ainsi, la Suède a prévu lundi 1 500 milliards de couronnes (152,2 milliards d’euros) pour garantir les crédits et soutenir un plan de relance, tandis que les Pays-Bas volaient dimanche au secours du bancassureur ING (l’une des principales banques mondiales) avec un plan de 10 milliards d'euros pour pallier à ses récentes pertes (500 millions d’euros au troisième trimestre 2008).

En Allemagne, les banques pourront demander soit des garanties sur des prêts à court terme (moins de 36 mois) qu'elles voudraient contracter auprès d'autres banques - un poste pour lequel le gouvernement a prévu une somme de 400 milliards d'euros - soit une recapitalisation, sous la forme d'une prise de participation de l'Etat, un poste pour lequel Berlin a alloué 80 milliards d'euros.

Le gouvernement britannique a aussi annoncé qu'il allait investir l'équivalent de 47 milliards d'euros dans trois des plus grosses banques du pays, Royal Bank of Scotland, HBOS et Lloyds TSB ; une opération qui pourrait faire du contribuable britannique le premier actionnaire des banques du pays.

Enfin, les ministres des Finances des pays européens s'étaient entendus la semaine dernière pour relever de 20 000 à "au moins 50 000 euros" le montant minimum de garantie bancaire des particuliers en cas de faillite de leur banque.

Les Français restent sceptiques

Toutefois, les résultats d’un sondage réalisé par BVA-Les Echos-France Inter, et publié lundi, tempèrent l’euphorie politique des plans de soutien financiers et pointe le scepticisme des Français vis-à-vis du plan de sauvetage Sarkozy.

Ils sont ainsi 56% à juger que les mesures d'aides aux secteurs bancaires ne pourront "pas vraiment" ou "pas du tout" ramener "une confiance durable aux investisseurs", et 59% à penser qu'elles ne seront "pas vraiment" ou "pas du tout" à même de "favoriser la reprise de la croissance économique".

Enfin, les Français estiment à 79% que "si l'Etat peut prêter 40 milliards aux banques, il peut en accorder un peu plus pour les plus démunis". (Sondage réalisé par téléphone les 17 et 18 octobre auprès d'un échantillon de 1 014 personnes, sélectionnés selon la méthode des quotas).
 

Première publication : 21/10/2008

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