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Google continue de faire tourner son moteur

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 28/10/2008

Le célèbre moteur de recherche qui a permis à Google d'asseoir sa notoriété emploie quelque 2 000 ingénieurs travaillant au cœur de la Silicon Valley (Californie). Derrière, les concurrents ont du mal à se faire une place au soleil.

Google domine le monde des moteurs de recherche depuis maintenant dix ans. Avec les 1 000 milliards de pages Internet qu’il indexe, le site a drainé, en juillet dernier, 722 millions de visiteurs et représente 62 % des requêtes aux Etats-Unis, loin, très loin, devant Yahoo! (28 %) et MSN Live Search (8 %).


Un succès qui permet à Google de se lancer sur de nouveaux marchés comme la téléphonie mobile. Mais cette course en avant risque de lui faire perdre de vue son cœur de métier. Même si au sein de la société californienne,  un responsable de Google France le récuse : "Plus de la moitié de nos ingénieurs travaillent sur l’évolution de notre moteur". Ce que ne veut pas croire Martin Kallstrom, fondateur de Twingly, un moteur de recherche spécialisé dans les blogs, pour qui "il n’y a pas eu d’innovation technologique majeure depuis l’algorithme qui permet au moteur d’indexer efficacement autant de pages."

 

Convoitises

 

 

Le marché des moteurs de recherche attire les convoitises. Wikipédia liste, par exemple, plus de 200 concurrents qui attendent leur heure. Mais pour la plupart proposer une alternative généraliste reste impossible. "Faire un meilleur moteur de recherche que Google est faisable, mais égaler leur couverture du marché nécessiterait des investissements financiers immenses", reconnaît Martin Kallstrom.

 

La dernière tentative en date, Cuil, semble avoir fait long feu. Ce moteur mise sur une force de calcul impressionnante permettant de recenser une centaine de milliards de pages et un coût d’indexation dix fois moindre que sur Google. Las, "Cuil n’était pas entièrement finalisé à sa sortie, ce que des utilisateurs habitués à la simplicité de Google ne pardonnent pas", estime François Bourdoncle, fondateur d’Exalead, le 4e moteur de recherche mondial.



Pour autant, les dés ne sont pas définitivement jetés. Pour François Bourdoncle, "il y a une vraie vie à l’extérieur de Google pour les moteurs de recherche verticaux". C’est-à-dire pour les services spécialisés plus ciblés qui "prendraient en compte, par exemple, les bandes-son ou isoleraient les menus sur les sites des restaurants." Martin Kallstrom y croit : "Le seul moyen de s’opposer à Google est de commencer par une niche pour ensuite agrandir son audience."



Mais Google ne compte pas se laisser déborder. "Notre but, c’est la recherche universelle, qui scannerait tous les médias possibles dans les résultats", explique un responsable. Ce qui reviendrait à intégrer dans le moteur de recherche généraliste les développements de niche actuellement en cours.

 

Première publication : 21/10/2008

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