Les Agences régionales de Santé (ARS), que le gouvernement souhaite mettre en place d'ici 2010, auront pour rôle de rassembler dans chaque région l'ensemble des acteurs du système de santé pour un pilotage plus "cohérent".
Leur champ de compétence dépassera largement celui des actuelles Agences régionales de l'hospitalisation (ARH), chargées des hôpitaux, et s'étendra à l'organisation de la médecine libérale, dite de ville, ainsi qu'au secteur médico-social (personnes âgées et handicapées).
Ces agences auront également des prérogatives en matière de santé publique, et pourront adapter les politiques de santé et de prévention au contexte régional.
"Les ARS constitueront bien plus qu'une réforme parmi d'autres, elles seront à la proue d'une évolution profonde, d'une évolution historique de notre système de santé", avait affirmé la ministre de la Santé Roselyne Bachelot en mai.
Dans chaque région, les services déconcentrés de l'Etat et ceux de l'assurance maladie seront réunis au sein de la même entité.
Ce qui inquiète aussi bien les syndicats de salariés, associés à la gestion de l'assurance maladie, que les syndicats de médecins, soucieux de préserver le rôle central de l'assurance maladie dans le financement du système de santé.
"En absorbant au travers des ARS, des éléments de l'assurance maladie, l'Etat absorbe son contre-poids et supprime de fait un outil régulateur de sa politique de santé", a estimé Force Ouvrière mardi, y voyant "de véritables portes ouvertes à la privatisation".
Pour Mme Bachelot, les ARS feront opportunément "sauter les cloisons" entre la médecine de ville et l'hôpital.
Elles superviseront aussi la "recomposition" du paysage hospitalier que souhaite impulser le gouvernement grâce à son projet de loi "Hôpital, Patients, Santé, territoires". Elles devront promouvoir "l'efficience hospitalière et la transformation de lits hospitaliers en places d'accueil pour les personnes âgées", selon la ministre.
L'Etat nommera les directeurs des ARS, qui seront des hauts fonctionnaires, cadres supérieurs de l'assurance maladie, ou personnes issues du secteur privé ou du monde médical, et le conseil de surveillance des agences sera présidé par le préfet de région.













