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Serge Gainsbourg et ses mille facettes

Dernière modification : 21/10/2008

A Paris, la Cité de la musique consacre une exposition à Serge Gainsbourg, le peintre, musicien et cinéaste. Par ailleurs, une série de concerts et événements autour de l'homme à la tête de chou auront lieu.

Gainsbourg peintre, Gainsbourg cinéaste et, bien sûr, Gainsbourg musicien : la Cité de la musique à Paris consacre à partir de mardi une exposition à l'homme à tête de chou, conçue comme un kaléidoscope de sensations visuelles et sonores pour appréhender les mille facettes de son art.

"Il y a deux artistes importants en France à la fin du XXe siècle, Serge Gainsbourg et Yves Saint Laurent, qui ont ouvert des portes, décomposé des éléments classiques pour en faire autre chose", affirme à l'AFP Frédéric Sanchez, le commissaire de cette exposition installée jusqu'au 1er mars.

Cet artiste de 42 ans est un illustrateur sonore réputé, qui a mis en sons de nombreux défilés de mode. Il a adopté ici un parti pris original et séduisant, privilégiant les sensations à une présentation figée de l'oeuvre de Gainsbourg.

L'exposition de 500 m2 s'articule autour de quatre périodes: la "période bleue" (1958-65), "les idoles" (1965-69), "la décadanse" (1969-79) puis "Ecce homo" (1979-91).

Vingt-quatre piliers thématiques de trois mètres de haut jalonnent le parcours. Ils sont constitués par une multitude d'écrans qui présentent des photos et des vidéos de Gainsbourg ou liées à sa vie.

On trouve par exemple un pilier consacré à sa période reggae, qui rappelle le scandale de la reprise de la Marseillaise - l'actualité lui fournit un écho avec la polémique sur les sifflets qui ont visé l'hymne national lors du match de football France-Tunisie -. Un autre pilier, "Rock around the bunker", met en parallèle cet album qui évoque le nazisme avec les films "Portier de nuit" et "Les Damnés", de Liliana Cavani et Luchino Visconti.

Par ailleurs, une création sonore est diffusée par une quarantaine d'enceintes réparties dans l'espace, avec des musiques et des textes lus par une vingtaine d'interprètes de Gainsbourg, dont sa fille Charlotte, Vanessa Paradis, Juliette Gréco, Alain Bashung, Jane Birkin ou sa veuve, Bambou.

"Les voix voyagent, on les ressent plus qu'on les entend. C'est assez sensuel et physique, comme si on entrait dans son univers, presque dans sa tête", commente Frédéric Sanchez.

Enfin, l'un des murs est une vitrine qui accueille des objets et oeuvres d'art appartenant au musicien: des manuscrits, son fameux autoportrait ou la statue de "L'homme à tête de chou" qui a inspiré l'album. Nombre d'entre eux ont été prêtés par ses proches, en particulier Charlotte Gainsbourg.

Le fond de ces vitrines est fait de miroirs qui dédoublent l'espace et renforcent l'impression de kaléidoscope.

"Chez Gainsbourg, il y a un rapport tellement riche entre les mots, la musique, l'image, et une telle transversalité que c'était assez naturel de lui consacrer une exposition de cette façon-là", estime Frédéric Sanchez, qui a voulu montrer que "son oeuvre était un tout".

"Ce qui m'intéressait, c'était la réflexion sur la manière de montrer la musique, poursuit-il. Ce que j'aime avec le son, c'est raconter des histoires ou créer des espaces".

Une pièce attenante met à disposition des bornes pour écouter la musique de Gainsbourg.

Enfin, la Cité de la musique organise un cycle de concerts très riche, dont le temps fort sera la transposition sur scène de l'album culte "Histoire de Melody Nelson" mercredi et jeudi, avec l'arrangeur Jean-Claude Vannier, Brigitte Fontaine, Mathieu Amalric et Brian Molko, le chanteur de Placebo.

Gainsbourg, qui est mort en 1991 et aurait eu 80 ans le 2 avril dernier, est doublement sous les feux de l'actualité puisque l'auteur de BD Joann Sfar va lui consacrer un film très attendu.
 

Première publication : 21/10/2008

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