Dernière modification : 23/10/2008 

- Afghanistan - Humanitaire


À Kaboul, les ONG renforcent leurs mesures de sécurité
L'assassinat d'une humanitaire britannique par les Taliban à Kaboul témoigne de l'insécurité grandissante qui règne dans la capitale afghane. Tant pour les locaux que pour les étrangers travaillant sur place. Un reportage de Claire Billet.

“Tout déplacement non nécessaire" doit être évité, a demandé, mardi, le président Hamid Karzaï aux organisations humanitaires présentes en Afghanistan. Deux jours après l’assassinat, revendiqué par les insurgés talibans, d’une jeune femme britannique, la vigilance est de mise à Kaboul, la capitale afghane. Serve, l’organisation chrétienne pour laquelle travaillait Gayle Williams, a pour le moment suspendu ses activités et les fleurs déposées à l’endroit où elle a été tuée par balles se fanent doucement…

 

L’attaque a eu lieu à Karte Se, un quartier résidentiel considéré comme l’un des plus calmes de la ville. Pour l’heure, il reste difficile de savoir si ce meurtre témoigne d’une dégradation de la sécurité pour les étrangers ou si la jeune femme a couru des risques trop importants… en marchant seule dans la rue.

Interdiction de se rendre au restaurant

Les conditions dans lesquelles vivent les Occidentaux travaillant pour des institutions internationales ou des organisations humanitaires sont, depuis deux ans, particulièrement contraignantes. Chaque structure a mis en place ses propres règles de sécurité et ne cessent de les renforcer. Les Nations unies ont instauré un couvre-feu à leurs employés et Handicap International déconseille à ses humanitaires de marcher seuls dans la rue. Ces deux organisations, et la Croix-Rouge, interdisent même, désormais, à leur personnel de se rendre dans les restaurants réservés aux expatriés.

 

Kaboul semble "se bunkériser" : des murs de béton se dressent le long des ambassades et des bâtiments officiels, la police afghane est présente à tous les principaux carrefours et contrôle les véhicules. Par rapport à l’année dernière, les attentats perpétrés par les insurgés talibans ont pourtant diminué dans la capitale afghane, mais la criminalité a, elle, augmenté. Vols, meurtres et enlèvements se multiplient et, pour le moment, les Afghans sont les premiers à en être victimes.

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