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La diversification de Google passe par le mobile

Dernière modification : 22/10/2008

Avec le lancement, ce mercredi aux États-Unis, d'un téléphone portable fonctionnant sous l'une de ses applications, Google donne un nouveau tournant à sa stratégie de développement.

"Google est partout". Un constat d'autant plus d'actualité que ce 22 octobre est marqué par le lancement aux Etats-Unis du "Google Phone", premier téléphone portable doté d’un système d’exploitation (c'est-à-dire son moteur) conçu par Google et appelé Android. "Google est et se définit comme une société d’information et comme l’information est partout, rien ne l’empêche d’aller dans tous les secteurs", explique Jonathan Briggs, professeur d’e-commerce à l'université de Kingston, à Londres.

 

Avec son célèbre moteur de recherche, ses applications phares comme la messagerie gmail, le site de partage vidéos YouTube et le récent lancement de Chrome, un navigateur Internet, la société de Mountain View a déjà une certaine mainmise sur les services en ligne. Elle a permis à Google d’engranger 4,03 milliards de dollars de bénéfices nets en un an. Elle cherche maintenant de nouveaux débouchés. "Avec 96% de ses revenus tirés de la publicité en ligne, Google se doit de rester le premier fournisseur de services en ligne et Wall Street s’attend à ce que la société grossisse de plus en plus, sinon elle signe son arrêt de mort", professe Ralf Kaumanns, auteur de "Comment Google change l’économie". "On peut faire plus d’argent avec les téléphones portables qu’avec les ordinateurs", répond Eric Schmidt, le PDG de Google dans un récent entretien avec CNBC.

 

"Génération Google"

 

Mais sur la route de la croissance, le géant de l’Internet rencontre de plus en plus de concurrents. Et pas n’importe lesquels. A la fin des années 1990, son moteur de recherche s’est imposé face à Altavista. Google s’en est ensuite pris à Microsoft en offrant de plus en plus de solutions en ligne gratuites qui étaient autant d’alternatives aux logiciels payants du créateur de Windows.

 

Dernier affront en date : le lancement, début septembre, de Chrome, un navigateur Internet sur un marché dominé à 73 % par Internet Explorer de Microsoft. La sortie du Google Phone va-t-elle irriter Apple et son iPhone ? Ralf Kaufmanns tempère : "Dans un premier temps, ce sera une guerre de gentlemen, chacun profitant de l’autre pour améliorer ses produits." Mais, au final, l’affrontement devrait bien avoir lieu. "C’est une guerre classique des formats. Il y a eu la génération IBM, ensuite il a fallu être Microsoft, aujourd’hui la question se pose, Google sera-t-il le prochain ?" explique Ralf Kaufmanns.

 

Open Source

 

Gmail sera-t-il la messagerie la plus populaire, Chrome le navigateur par défaut et Android sur tous les portables ? L’avantage de Google est qu’il se fonde sur des applications gratuites et, pour partie, Open Source, c'est-à-dire modifiable par les utilisateurs. "Nous sommes l’un des plus importants fournisseurs d’applications Open Source, on en a une quarantaine actuellement", précise un responsable Google France. "On peut les critiquer mais chacun de leurs produits a apporté un plus et a été adopté voire amélioré par la communauté", reconnaît Ralf Kaumanns.

 

Reste que cette emprise croissante n’est pas sans susciter des réserves. "On compare de plus en plus Google à un Microsoft de 2008", remarque Jonathan Briggs. Un parallèle qui n’est pas entièrement satisfaisant. "Contrairement à Microsoft, Google n’a encore jamais vécu de procès anti-trust", remarque Daniel Glazman, ancien de Netscape. Les motifs d'inquiétude concernent plutôt leur cœur de métier : l’information. En échange de ce qu’on trouve sur Google, ce dernier en apprend toujours plus sur les utilisateurs de ses services. "Pour l’instant tout le monde pioche dans un magnifique buffet mais à un moment donné on se rendra compte que rien n’est gratuit", confirme Jonathan Briggs.

Première publication : 22/10/2008

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