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Google, la start-up qui monte, qui monte...

Texte par Lorena GALLIOT

Dernière modification : 29/10/2008

Du moteur de recherche à la grande entreprise présente dans la plupart des secteurs des nouvelles technologies, la success-story de Google est originale sur plus d'un point. Retour sur un phénomène unique.

En septembre dernier, l’incontournable moteur de recherche Google a soufflé ses 10 bougies. Pour marquer le coup, les six lettres colorées du logo présent sur la page d’accueil étaient accompagnées d’un gâteau et de quelques cotillons. Rien de plus. Un anniversaire sans tambour ni trompette.

 

Pourtant, le parcours de cette petite start-up devenue géant du Web en moins d’une décennie est tout sauf ordinaire. "Ce qui a démarré comme un simple moteur de recherche est devenu une multinationale proposant toutes sortes de services sur le Web, aux particuliers comme aux professionnels”, explique Jonathan Briggs, professeur de e-commerce à l’université de Kingston, à Londres, interrogé par FRANCE 24.



En 2008, le groupe propose des moteurs de recherche dans 43 langues, allant du Norvégien au Chinois en passant par le Biélorusse. Le site indexe près de 1 000 milliards de pages web et deux milliards d’images. Le groupe recense des milliers d’extraits d’ouvrages universitaires dans  Google Scholar et suit l’actualité en direct avec Google News. Sans oublier le spectaculaire Google Earth, qui offre à l’internaute une vue détaillée de la Terre depuis l’espace, à quoi s'ajoute Google Maps, système de cartographie et recherche d’itinéraires en ligne. Difficile d’imaginer aujourd’hui ce que pouvait représenter une recherche sans passer par la case Google !

 

Deux étudiants dans un garage

 

L’idée derrière Google a germé en 1996 dans le projet de recherche d’un étudiant de l’université de Stanford, Larry Page, baptisé “Backrub”. Convaincu que le nombre de liens entrants (ou backlinks) vers un site mesurerait l’importance et l’utilité d’un site, le jeune homme de 24 ans souhaite créer un outil permettant de lister rapidement ces liens. Il est rejoint par un autre étudiant, Sergei Brin, qui s’intéresse alors aux méthodes de "datamining".

 

Larry Page et Sergei Brin, les fondateurs de Google, à leur époque estudiantine.

 

 

 

C’est en manipulant leurs résultats qu’ils ont l’idée d’appliquer leur travail à un moteur de recherche. Pour évoquer la quantité infinie d’informations que leur système permettrait d’indexer, ils le nommeront "Google", en référence à googol, le signe mathématique représentant 1 suivi de cent zéros. Au départ, ils font fonctionner le moteur uniquement au sein du campus de leur université, mais sa rapidité et la pertinence de ses résultats se font vite connaître par le bouche à oreille. Et, début 1998, Google traite quotidiennement 10 000 requêtes et a déjà indexé 60 millions d’URL. En 2000, ils atteindront le milliard.

 


C’est Andy Bechtolsheim, l’ancien PDG de Sun Microsystems, qui, le premier, leur donne un coup de pouce financier en leur signant un chèque de 100 000 dollars à l’ordre d’une entreprise qui n’existe pas encore, Google Inc. Après avoir enregistré le siège social de leur petite start-up dans le garage d’une amie à Palo Alto, en Californie, les deux “Google boys” encaissent le chèque, démarchent famille et amis pour récolter davantage de fonds et démarrent la commercialisation de leur projet.



En 1998, le pari semble gagné : le magazine Internet  PC-Magazine désigne Google comme l’un des 100 meilleurs sites de l’année. Les utilisateurs emboîteront le pas en 2000 en accordant à Google leur premier prix Webby. L’entreprise, devenue trop grosse pour le garage, entame une série de déménagements avant de s'implanter dans le mythique Googleplex, l’imposant siège du groupe situé à Mountain View, en Californie du Nord.

 

Un côté “labo de recherche”

 

La direction de Google aime rappeler ses origines modestes et le côté “labo” de l’entreprise. Selon eux, c’est même l’une des clés de leur réussite. “Certes, la start-up a grandi, reconnaît Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce de Google France, interrogée par FRANCE 24. Mais on tient à garder notre côté labo de recherche”, ajoute-t-elle.



Ce “côté labo”, Google tient à le conserver. Brin et Page, par exemple, enfileraient systématiquement des blouses blanches pour les réunions avec les ingénieurs du groupe ou le conseil de direction. Pour encourager l’évolution et l’apparition permanente de nouveaux produits et services, les ingénieurs sont encouragés à passer 20 % de leur temps de travail sur des projets personnels, explique Gabrielle Dauba-Pantanacce.



Parfois cette créativité débouche sur des partenariats ambitieux, comme celui conclu avec la Nasa. Parfois elle débouche, au contraire, sur des gags, comme les produits farfelus que le site dévoile aux utilisateurs ébahis chaque 1er avril en guise de “poisson” : MentalPlex, un outil qui permet à Google de lire dans vos pensées et deviner votre requête, en est un exemple ou Google Romance, pour trouver son âme sœur sur le moteur de recherche…

 

De même, le groupe déploie parfois des stratégies étonnantes pour attirer les meilleurs chercheurs : en 2006, ils ont affiché l’équation suivante sur un panneau de l’autoroute 101 en Californie : “first 10-digit prime found in the consecutive digtits of e.com.” Pas d’autres indications, pas même le logo du groupe. Les matheux curieux qui parvenaient à résoudre l’énigme et entraient le résultat sur leur navigateur Internet tombaient sur un site, qui lui-même renvoyait à une série de problèmes mathématiques qui, une fois résolus, débouchaient sur un entretien avec Google.

 

 


Même l’entrée en Bourse de l’entreprise en 2004, s’est faite de façon “très particulière, avec un cours fixé par enchères”, explique Dauba-Pantenacce. Le pari semble avoir réussi et aujourd’hui l’action de Google semble bien armée face à la crise financière qui ravage les marchés du monde entier. Le 17 octobre, au plus fort des chutes de valeurs boursières, l’action de Google est valorisée à 373, 92 dollars. En 2008, le chiffre d’affaires du groupe a augmenté de 31 % par rapport à 2007, pour atteindre 5,54 milliards de dollars.

 

Des projets tous azimuts

 

Depuis sa création, ce qui distingue Google des moteurs de recherche concurrents est sa volonté de lancer des projets tous azimuts, de toucher à tout. “Google est une boîte qui a les moyens d’investir dans une idée, même pas immédiatement rentable, en se disant qu’elle sera probablement utile plus tard”, estime Daniel Glazman, fondateur de l’entreprise de programmation Internet Disruptive Innovations.

  
C’est ainsi que leur rachat de Keyhole, une entreprise défaillante à l’origine qui deviendra Google Earth, était, en 2004, un pari risqué. A peine deux ans plus tard, l’armée et les sauveteurs américains ont utilisé cet outil gratuit pour repérer et secourir les victimes de l’ouragan Katrina, en Louisiane. Dans un tout autre genre, ils s’associent en 2008 au groupe de rock Radiohead pour tourner leur dernier clip uniquement à partir de données numériques, sans caméra.

 

Cette diversité fait sans doute la force de Google, mais est aussi à l’origine de quelques beaux ratés. A ceux qui leur reprochent de foncer tête baissée sans stratégie, les "Google Boys" répondent que cela a plutôt bien fonctionné jusqu’ici. "On ne parle pas souvent de notre stratégie… Parce qu’elle est stratégique, a expliqué Page au magazine Time en 2006. Je préfère que des personnes pensent qu’on ne sait pas où on va plutôt que de mettre la concurrence au courant de nos projets", ajoute-t-il.
 

 

Convaincus que l’un de leurs principaux avantages est l’effet de surprise, le groupe est discret sur ses projets à venir. Pour les plus curieux, il est toujours possible d’aller faire un tour sur Google Labs pour se faire une petite idée des derniers projets en date des ingénieurs…

 

Première publication : 22/10/2008

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