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Les Républicains tentent d'exploiter une gaffe de Biden

Dernière modification : 24/10/2008

John McCain affirme que son rival Barack Obama serait incapable de faire face à une crise majeure. Le candidat républicain à la Maison Blanche en veut pour preuve les propos ambigus tenus dimanche par le colistier du démocrate.

Lire aussi notre dossier: "Tout sur la présidentielle américaine"


Et notre reportage : "Les retraites, un rêve qui s'envole pour des millions d'Américains"


Élection américaine 2008 : Arrêt sur image

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Le candidat démocrate à la présidentielle Barack Obama devait remettre la sécurité nationale au cœur de la campagne mercredi, alors que son adversaire républicain, John McCain, l'accuse d'être incapable de faire face à une crise majeure.
   
Le sénateur de l'Illinois prévoyait de tenir mercredi une réunion sur ce thème avec ses conseillers. L'économie est de loin le principal sujet de préoccupation des électeurs américains alors que les Etats-Unis affrontent la pire crise financière depuis celle de 1929 et les questions de sécurité nationale ont été un peu éclipsées au cours de la campagne.
   
Mais, des propos tenus dimanche par le candidat démocrate à la vice-présidence Joe Biden affirmant qu'il ne faudrait "pas six mois" pour que "le monde mette Barack Obama à l'épreuve comme il avait mis à l'épreuve John Kennedy", président à l'époque de la crise des missiles soviétiques à Cuba, ont donné du grain à moudre à la campagne républicaine.
   
"Nous ne voulons pas un président qui inciterait le monde à le mettre à l'épreuve au moment où notre économie est en crise et que les Américains sont déjà engagés dans deux guerres", en Irak et en Afghanistan, a répété depuis le candidat républicain, à la traîne dans les sondages à 13 jours du scrutin.
   
Selon le baromètre quotidien du Washington Post et de ABC News, M. Obama était crédité mercredi de 9 points d'avance (53% contre 44%) sur son adversaire républicain. Un autre sondage publié mercredi par le Wall Street Journal et NBC accorde dix points d'avance à M. Obama (52% contre 42%).
   
Mardi, M. McCain a même agité le spectre d'une guerre nucléaire rappelant sa propre expérience de pilote de l'aéronavale durant la crise des missiles soviétiques à Cuba au début des années 1960.
   
"J'étais assis dans le cockpit sur la piste de décollage du (porte-avions) USS Enterprise au large de Cuba. J'avais une cible", a-t-il raconté à ses partisans réunis en Pennsylvanie. "Mes amis, vous savez à quel point nous sommes passés près d'une guerre nucléaire. L'Amérique n'aura pas un président qui a besoin d'être mis à l'épreuve. Je l'ai déjà été, mes amis", a-t-il déclaré.
   
L'inexpérience supposée du candidat démocrate, âgé de 47 ans, avait déjà été mise en avant, en vain, durant les primaires démocrates par Hillary Clinton.
   
En réaction aux critiques républicaines, le camp démocrate a rétorqué que, de toute évidence, les présidents "sont confrontés à des défis dès le premier jour" de leur mandat.
   
"C’est un fait. Il y a beaucoup de problèmes, et toujours quelque chose à quoi on ne s’attend pas. Il faut être préparé à cela", a dit l'ancienne secrétaire d'Etat de Bill Clinton, Madeleine Albright qui devait participer, par liaison téléphonique, à la réunion organisée mercredi en Virginie par M. Obama.
   
Parmi les participants à cette réunion figurent plusieurs anciens généraux, l'ancien secrétaire à la Marine Richard Danzig, l'ancien ambassadeur américain aux Nations unies Richard Holbrooke, ainsi que l'ancien envoyé américain au Moyen-Orient Dennis Ross et l'ancienne négociatrice américaine avec la Corée du Nord, Wendy Sherman.
   
Devaient participer également à la réunion, mais par téléphone: le colistier de M. Obama Joe Biden et la principale conseillère du candidat démocrate sur ces questions Susan Rice.
   
Le candidat démocrate a reçu dimanche un soutien précieux pour renforcer sa crédibilité sur les questions de sécurité nationale en la personne de l'ancien secrétaire d'Etat républicain Colin Powell, ancien chef d'état-major interarmées et ancien conseiller à la sécurité nationale de Ronald Reagan.
   
Selon plusieurs experts, seule une grave crise internationale ou un attentat terroriste pourraient inverser la tendance favorable à M. Obama.

Première publication : 22/10/2008

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