Dernière modification : 29/10/2008 

- Google - Internet


Tout n'a pas toujours réussi à Google
Tout n'a pas toujours réussi à Google
De Google Catalogue à Answers, les innovations de la célèbre entreprise de Mountain View n'ont pas toujours marqué les esprits. Des flops que le géant de l'Internet met sur le compte de sa course effrénée à l'expérimentation...
Par Lorena GALLIOT (texte)

Aux yeux de nombreux observateurs du Web, Google est l’une des plus remarquables success-stories de la dernière décennie. A la fois moteur de recherche, leader du marché de la publicité en ligne, avec Ad Words, et véritable pépinière à e-services : son palmarès a de quoi faire des envieux. Mais le parcours de Google n’est pas tout à fait le sans faute que certains imaginent.

 

Partant du principe qu’il est impossible de faire une omelette sans casser des œufs, les fondateurs de Google, Larry Page et Sergei Brin, ont fait le choix de réinvestir les milliards générés dans une expérimentation tous azimuts destinée à diversifier leur offre en ligne. Or cette diversification ne s’est pas faite sans quelques beaux ratés. Qui peut prétendre, par exemple, que les secondes glanées grâce au peu mémorable Google Web Accelerator représentent un véritable gain de temps ? Qui plus est, l’outil a été fustigé par les défenseurs de la vie privée des internautes.

 

"Il ne faut pas croire que Google va réussir et devenir numéro un dans tout ce qu’il entreprend, a affirmé Scott Kessler de Standard & Poor au magazine Time. L’entreprise tente de se diversifier mais n’a pas encore bien réussi à rentabiliser ses derniers services."

 

Peu importe, riposte Anne-Gabrielle Dauba-Pantenacce de Google France, interrogée par FRANCE 24. "Il y a effectivement des tas d’applications qui ne sont pas monétisées. Certains vont dire qu’il s’agit de ratés mais ce sont des expériences importantes aux yeux de nos fondateurs." Pour Jonathan Briggs, professeur d’e-commerce à l’université de Kingston à Londres, "Google a pu commettre quelques erreurs de jugement. Mais, ajoute-t-il, quand Google expérimente un nouveau service, on ne peut pas dire qu’il réussit ou qu’il échoue. Ils ont les moyens de tenter l’expérience. C’est au cœur de leur business."

 

Palmarès de flops

 

Alors, flops complets ou pierres nécessaires d’un édifice complexe ? FRANCE 24 a sélectionné un échantillon des plus beaux ratés de Google pour vous permettre de juger.

 

- Google Video

Le rachat du site de vidéos en ligne YouTube par Google en 2006 pour la modique somme de 1,65 milliard de dollars a fait grand bruit, mais qui se souvient que l’entreprise a d’abord tenté de développer son propre hébergeur de clips vidéos ? Le service n’a jamais décollé et la majorité des vidéos les mieux classées par les internautes provenaient de… YouTube. Convaincus de l’avenir de la vidéo en ligne, les fondateurs de Google ont tout simplement décidé de racheter la concurrence. A défaut de pouvoir la battre.

 

- Google Answers

Un service novateur, plébiscité par une poignée d’initiés, mais qui a rompu avec la sacro-sainte gratuité des services en ligne. Le principe de Google Answers était simple : un internaute postait une question et proposait le prix qu’il était prêt à payer pour une réponse. Ensuite, un des recherchistes présélectionnés par Google acceptait (ou non) le tarif, puis répondait à la question. Les réponses étaient généralement bien documentées et bien écrites, mais le service payant n’a pas fait long feu face à la concurrence de Yahoo! Answers et ses réponses fournies, non pas par des recherchistes rémunérés, mais par des internautes bénévoles. Google Answers a duré cinq ans avant de fermer définitivement.

 

- Google Catalogue

Vous n’avez jamais entendu parler de ce service ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul. Censé surfer sur la vague des sites de vente en ligne tels qu’Amazon.com, Google Catalogue devait proposer aux internautes un catalogue exhaustif et mis à jour de milliers de produits vendus en ligne. Le site a été abandonné à un stade encore expérimental en 2002, et les derniers résultats en date pour, par exemple, des clés USB, renvoient à des prix et modèles datant de…2001. A consulter en tant qu’archive des reliques de la high-tech.

 

- Google Finance

A l’instar des divers services de Google ciblant le monde de l’entreprise, moins populaires que les services grand public du groupe, le site d’informations financières Google Finance a connu un succès mitigé. Selon Nielsen Net Ratings, Google Finance a attiré, en novembre 2006, 914 000 visiteurs uniques, au 36e rang de la catégorie, contre 12,8 millions pour Yahoo! Finance. Pour pallier ce retard, Google a entièrement refondu l’interface du site, s’alignant sur Yahoo! afin de proposer les principales informations du jour, les valeurs vedettes et les évolutions des monnaies en direct.

 

- Orkut

Le site de réseau social de Google, Orkut, n’a pas réussi à se faire un nom en Amérique du Nord et en Europe, face à la concurrence des réseaux stars tels que Facebook ou MySpace. "L’échec" reste cependant relatif, Orkut se positionnant comme le réseau social numéro un en Inde et au Brésil et au 28e rang mondial des sites les plus populaires au monde selon le classement d’alexa.com. Parmi les facteurs de cet accueil mitigé : l’absence d’outils "blog" et "vidéo", ainsi que l’adhésion "par invitation uniquement" au lancement du site.

 

Des échecs visionnaires

 

Certains des échecs de Google étaient tout simplement en avance sur leur temps. Morts dans l’œuf, ils ont tracé la voie à de belles futures réussites.

 

Ainsi, la technologie développée derrière le très peu pratique Google Voice Search, démarré en 2003 et vite abandonné, proposait aux internautes d’énoncer leur requête sur un serveur vocal (payant) pour ensuite retrouver leurs résultats sur Internet. Cher et sans intérêt, mais précurseur des services de requête par téléphonie mobile qui existent actuellement, tels ChaCha et Google 411.

 

Autre exemple notable : Google avait perfectionné très tôt un logiciel baptisé Google Viewer qui permettait de visionner les pages résultats d’une requête dans une sorte de diaporama avant de cliquer dessus pour les ouvrir. Tel quel, le service ne représentait pas un véritable gain de temps et fut, lui aussi, abandonné en 2003. Mais l’idée a toutefois perduré : aujourd’hui plusieurs autres moteurs de recherche proposent le même type de service, sans logiciel préalable à télécharger.

 

Les fondateurs de Google sont conscients que leurs créations ne sont pas imperméables à l’échec et que les internautes peu satisfaits n’hésiteront pas à "voter avec leur souris" et opter pour les sites de la concurrence. Face à ce risque, le groupe reste fidèle à sa politique d’origine : d’abord mettre au point une technologie, ensuite trouver comment la rentabiliser. Jusqu’à présent, malgré quelques ratés, cette stratégie lui aura assez bien réussi !

Commentaires
Réagir à cet article
To prevent automated spam submissions leave this field empty.

Sur le même sujet
Fermer