C'est à se demander si José Maria Aznar n’habite pas une autre planète. Mercredi, l'ancien chef du gouvernement espagnol (1996-2004) a déclaré, devant un parterre d'hommes politiques et de journalistes, qu'il partait en guerre contre les "porte-drapeaux de l'apocalypse climatique […] qui veulent restreindre les libertés individuelles sous une apparence noble… Comme l'ont fait les communistes !" De là à traiter Nicolas Hulot de staliniste et Greenpeace de KGB des temps modernes, il n'y a qu'un pas que l’ex-président du Parti populaire espagnol (PP) ne s’est pas encore résolu à franchir.
A l’origine, Aznar était venu officiellement présenter le livre du président tchèque Vaclav Klaus "Planeta azul (no verde)" ("Pour une planète bleue (pas verte)") publié par la Fondation pour l'analyse et les études sociales (FAES), une organisation dirigée par Aznar lui-même.
L'ouvrage est une attaque en règle contre la "théorie" du changement climatique et balaie d'un revers de la main toutes les études scientifiques qui prouvent l'urgence de la situation. À noter que Vaclav Klaus sera, à partir du 1er janvier prochain, le successeur de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'Union européenne (UE).
Lors de cette cérémonie, étaient présents, assis au premier rang, plusieurs anciens dirigeants du PP - dont l'épouse de José Maria Aznar, actuelle adjointe au maire de Madrid… et déléguée à l'Environnement de la capitale - qui ont chaleureusement applaudi la diatribe anti-écologiste.
Depuis cet épisode, certains commentateurs espagnols restent sans voix. Le journaliste du quotidien El País, présent à la réunion, explique qu'Aznar "a refusé toutes les questions de la presse". Il faut dire qu'il y avait de quoi être gêné. En 1998, c'est bien le même José Maria Aznar qui a signé au nom de l'Espagne le protocole de Kyoto visant à lutter contre le réchauffement climatique. Et c'est bien à Valence, troisième ville d'Espagne, que 3 000 scientifiques se sont réunis l'an dernier, sous l'égide de l'ONU, pour déclarer que le réchauffement climatique est un phénomène "incontestable", conséquence à 90 % des activités de l'homme sur la planète.
















Commentaires (1)
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Vocabulaire
"on dit stalinien madame !" aurait pu vous répondre Verlaine.
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