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Chassés de chez eux par la "raison d'Etat" il y a une quarantaine d'années, les anciens habitants des îles Chagos, dans l'océan Indien, ne reverront pas leur archipel paradisiaque, a décidé mercredi à Londres la Chambre des Lords.
Entre 1968 et 1973, en pleine Guerre froide, les quelque 2.000 habitants de cette possession britannique avaient été déplacés de force aux Seychelles et à l'île Maurice afin de permettre l'installation d'une importante base militaire américaine sur l'île de Diego Garcia.
La plus haute juridiction de la Couronne a rejeté mercredi la demande de plusieurs centaines de ces "déplacés" qui exigeaient de pouvoir regagner leur terre natale. Les Lords ont en effet estimé que ce retour serait préjudiciable à la sécurité internationale.
En 2002, la Haute Cour avait pourtant reconnu le droit des habitants des Chagos à rentrer chez eux. Cette décision avait été confirmée l'an dernier par la Cour d'appel. Le gouvernement, opposé au projet, avait alors décidé de se tourner vers la Chambre des Lords.
"Pour le malheur des habitants des Chagos, les aléas de la politique internationale les empêchent depuis quarante ans de rentrer chez eux", a déploré l'avocat des îliens déracinés, Richard Gifford, après la décision.
"Le combat pour retrouver leur paradis perdu ne peut aboutir pour des raisons juridiques mais il reste des possibilités politiques, et le parlement, l'opinion publique, la communauté internationale peuvent encore les soutenir", a-t-il ajouté.
Olivier Bancoult, le président du Groupe des réfugiés des Chagos, n'a pas caché sa déception mais a promis de poursuivre la lutte.
Les Chagossiens d'origine seraient actuellement environ 5.000, dont un millier voudraient s'installer à nouveau sur deux des six atolls de l'archipel où ils pourraient vivre de l'exploitation de la noix de coco, de la pêche et de l'écotourisme.


























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